SYNTHESE-L'Eurogroupe donne un délai à la Grèce jusqu'à vendredi

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* Athènes rejette l'extension de six mois * La Grèce juge la proposition "déraisonnable" et "inacceptable" * Dijsselbloem donne jusqu'à vendredi à la Grèce pour changer d'avis (Actualisé avec les propos du ministre des Finances Varoufakis § 5-7) par Renee Maltezou et Jan Strupczewski BRUXELLES, 16 février (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont donné à la Grèce jusqu'à vendredi pour solliciter une prolongation de son programme d'aide international, prolongation qu'elle a rejetée ce lundi, hypothéquant d'autant les chances de succès des discussions sur sa dette. Ces discussions, dont on s'attendait à ce qu'elles se prolongent tard dans la nuit, ont été rompues en moins de quatre heures, Athènes refusant la proposition de l'Eurogroupe de prolonger de six mois son programme de renflouement actuel. Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a expliqué que les ministres des Finances de la zone euro pourraient accepter de la part de la Grèce une requête de prolongation cette semaine, avec une réunion supplémentaire de l'Eurogroupe prévue vendredi, mais pas au-delà. "Le sentiment général de l'Eurogroupe reste que la meilleure façon de procéder pour les autorités grecques est de solliciter une prolongation du programme", a dit Dijsselbloem, en conférence de presse. Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a réagi vite, affirmant que le président de l'Eurogroupe avait refusé de discuter d'une proposition soumise par la Commission européenne qui aurait donné un répit de quatre mois à la Grèce en échange de la suspension de certaines nouvelles dispositions budgétaires. Varoufakis a tenté de minimiser l'échec des discussions, y voyant une gêne momentanée plutôt qu'une réelle impasse. "Je ne doute pas que dans les prochaines 48 heures, l'Europe se rassemble et que nous trouvions la formulation adéquate de façon que nous puissions la soumettre et aller de l'avant pour entreprendre le véritable travail qui s'impose", a-t-il dit. Le ministre a dit qu'il avait écarté un projet de communiqué qui lui avait été soumis par Dijsselbloem lors de la réunion de l'Eurogroupe. Employant des propos semblant vouloir exploiter les divisions entre responsables européens, il a ajouté qu'il aurait signé un texte que lui avait présenté le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici avant la réunion. PRESSION SUR LES ACTIONS Un haut fonctionnaire grec avait déclaré auparavant que Varoufakis avait rejeté un projet de communiqué de l'Eurogroupe faisant référence à une prolongation de l'actuel programme d'aide de 240 milliards d'euros qui arrive à échéance à la fin du mois. "L'insistance de certaines personnes à voir le gouvernement grec mettre en oeuvre le programme est déraisonnable et ne peut être acceptée", avait-il dit. "Ceux qui en reviennent à cette question perdent leur temps; dans de telles circonstances, il ne peut y avoir d'accord aujourd'hui". Avant l'ouverture des discussions, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait dit que la Grèce avait vécu au-dessus de ses moyens depuis longtemps et que l'Europe ne se sentait pas l'envie de lui donner encore plus d'argent sans qu'elle garantisse de mettre ses finances publiques en ordre. Un banquier grec a estimé que la position d'Athènes était de mauvais augure pour les marchés et le secteur bancaire. La Banque centrale européenne (BCE) doit examiner mercredi pendant encore quelle durée elle peut autoriser la banque centrale grecque à continuer à fournir des liquidités d'urgence (ELA) pour maintenir les banques grecques à flot. "C'est une évolution très négative pour l'économie et les banques. Les retraits au guichet vont continuer. Nous perdons de 400 à 500 millions d'euros tous les jours, cela veut dire deux milliards à peu près chaque semaine. Il y aura de la pression sur les actions et les rendements obligataires demain", a estimé le banquier. Selon une source proche de la BCE, il est cependant peu probable que celle-ci ferme le robinet des liquidités aux banques grecques tant que les modalités d'un éventuel futur programme d'aide sont encore en discussion. La banque américaine JPMorgan estime que les dépôts des banques grecques fondent de deux milliards d'euros par semaine et qu'à ce rythme ces dernières se retrouveront à court de garanties pour de nouveaux prêts dans 14 semaines. ID:nL5N0VQ3SP PERENNITE BUDGETAIRE Le Premier ministre grec Alexis Tsipras réclame un programme-relais de quelques mois, le temps de se mettre d'accord sur un plan qui se substitue au programme d'aide en cours, synonyme pour les Grecs d'une austérité insupportable. La question est pour partie d'ordre sémantique: les Grecs ne veulent pas entendre parler de quoi que ce soit qui ressemble à une "prolongation" de l'ancien programme de renflouement ou qui conforte le rôle de la troïka. Membre de cette dernière, le FMI a fait savoir, par la voix de sa directrice générale Christine Lagarde, qu'il n'y aurait plus de versement de fonds à la Grèce tant qu'elle ne progresserait pas dans les réformes. "Nous nous attellerons à la procédure d'examen le moment voulu et établirons si oui ou non certains engagements pris, une bonne partie ou la totalité, ont été dans les faits respectés", a expliqué Christine Lagarde. "Si la conclusion est que ce n'est pas le cas, alors le versement par le FMI ne pourra avoir lieu". Dijsselbloem estime que, quoi qu'il en soit, si nouveau programme il y avait, il ne serait pas radicalement différent de l'ancien et il faudrait toujours respecter certains objectifs. "Les règles et réglementations font état de conditions strictes; il s'agirait toujours de pérennité budgétaire", a-t-il dit, plaidant encore pour la poursuite du plan en cours. "Il y a de la souplesse dans ce programme mais il faut aussi nous assurer qu'il est bien suivi; par exemple, on ne peut pas escamoter les objectifs budgétaires", a-t-il expliqué. "Il nous faut plus de temps, c'est la conclusion du week-end dernier. Les institutions ont besoin de plus de temps pour discuter avec le gouvernement grec, savoir exactement ce qu'il veut et à quoi ressemblent ces mesures". Un sondage montrait que 68% des Grecs souhaitaient un compromis "juste" avec les autres pays de la zone euro, tandis que 30% jugeaient que le gouvernement devait tenir bon même si cela impliquait de revenir à la drachme. Le même sondage donnait 81% de Grecs soucieux de rester dans la zone euro. (Avec Yann Le Guernigou, Michael Nienaber, Andrew Callus, Ingrid Melander, Alastair MacDonald, Adrian Croft, Foo Yun Chee, Robin Emmott, Tom Koerkemeier et Francesca Landini, Avec Jeremy Gaunt, Paul Taylor,; Patrick Vignal et Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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