SYNTHESE-L'enquête s'étend après les attentats de Bruxelles

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    * Un suspect algérien arrêté en Italie 
    * Une nouvelle inculpation à Bruxelles 
    * Treize perquisitions et quatre gardes à vue 
    * La "marche contre la peur" annulée 
    * Incidents place de la Bourse 
 
    par Barbara Lewis 
    BRUXELLES, 27 mars (Reuters) - La police a poursuivi 
dimanche ses perquisitions dans l'agglomération bruxelloise à la 
recherche de suspects et d'informations sur les réseaux 
djihadistes, cinq jours après les attentats qui ont fait 31 
morts dans la capitale belge et à l'aéroport international de 
Bruxelles-Zaventem. 
    Le parquet fédéral a inculpé un suspect, Abderrahmane A., de 
participation à un groupe terroriste. 
    Cet homme -- Abderrahmane Ameroud, un Algérien, selon la 
presse -- a été blessé à la jambe lors de son interpellation 
vendredi à un arrêt de tram du quartier de Schaerbeek, dans le 
cadre de l'enquête qui avait conduit à l'arrestation jeudi soir 
près de Paris d'un autre suspect, Reda Kriket.   
    Dans le sud de l'Italie, près de Salerne, la Digos, la 
police antiterroriste italienne, a arrêté un Algérien de 40 ans 
soupçonné d'avoir fourni des faux papiers à des djihadistes liés 
aux attentats de Bruxelles et de Paris. Ce suspect va être 
expulsé vers la Belgique.   
    Alors que l'enquête s'étend sur plusieurs pays et s'oriente 
de plus en plus vers un lien entre les attentats de Bruxelles 
mardi et ceux du 13 novembre dernier à Paris, les autorités ont 
annulé pour des raisons de sécurité la "Marche contre la peur" 
qui était prévue ce dimanche dans la capitale belge. 
    Criant des slogans contre l'Etat islamique, environ 450 
manifestants, certains masqués et vêtus de noir, ont pourtant 
fait irruption dimanche après-midi place de la Bourse à 
Bruxelles, devenue depuis cinq jours un lieu de rassemblement en 
hommage aux victimes des attentats.  
    Les forces anti-émeutes, appuyées par des canons à eau, sont 
intervenues pour les disperser. "Tous unis contre l'Etat 
islamique !" proclamait une banderole des manifestants dont 
certains scandaient "On est chez nous!". 
     
    TREIZE NOUVELLES PERQUISITIONS  
    Cette manifestation a été jugée "déplacée" et condamnée par 
le Premier ministre Charles Michel. Le bourgmestre de Bruxelles, 
Yvan Mayeur, a déclaré que les manifestants, qu'il a présentés 
comme des voyous, venaient de plusieurs villes du pays, dont 
Anvers. 
    La police belge a mené treize nouvelles perquisitions à 
Bruxelles. Neuf personnes ont été interpellées au cours de ces 
opérations. Quatre ont été placées en garde à vue, les cinq 
autres relâchées. 
    Selon le journal allemand Die Welt am Sonntag, les polices 
européennes sont à la recherche d'au moins huit personnes 
soupçonnées d'être impliquées dans les attaques de Paris et de 
Bruxelles. La majorité de ces suspects sont des ressortissants 
français et belges qui seraient en fuite en Europe ou se 
trouveraient en Syrie. 
    D'après Die Welt am Sonntag, ils auraient été en contact 
avec Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel présumé des attaques 
du 13 novembre dernier à Paris, tué le 18 novembre à 
Saint-Denis, et avec Salah Abdeslam, dernier rescapé des 
commandos ayant commis ces attentats, arrêté le 18 mars à 
Bruxelles. 
    Parmi les trois personnes inculpées samedi par la justice 
belge figure un certain "Fayçal C." Les médias belges l'ont 
identifié comme étant Fayçal Cheffou. Il pourrait être "l'homme 
au chapeau" qui accompagnait mardi matin les deux kamikazes de 
l'aéroport de Zaventem.  
     
    INCULPATIONS  
    Il a été inculpé de participation aux activités d'un groupe 
terroriste, d'assassinats terroristes et de tentatives 
d'assassinats terroristes. 
    Les deux autres inculpés de samedi, Aboubakar A. et Rabah 
N., sont accusés d'activités terroristes et d'appartenance à un 
groupe terroriste. Rabah N. était recherché en lien avec une 
perquisition effectuée cette semaine en France et qui, selon les 
autorités, a permis de déjouer un attentat. 
    Dans une vidéo diffusée ce week-end sur internet, un membre 
belge de l'Etat islamique qui se trouve à Rakka, bastion du 
groupe en Syrie, s'adresse à la population belge. 
    "Vous n'avez pas tiré les leçons (des attentats) de Paris et 
vous continuez de combattre l'islam et les musulmans. Avec les 
attentats de Bruxelles, vous récoltez ce que vous avez semé", 
déclare en flamand Hicham Chaïb, dont le nom de guerre est Abou 
Hanifa al Beljiki. "Tout comme vous bombardez les musulmans avec 
vos F-16, nous vous combattrons." 
    Le pape François, lors de sa traditionnelle bénédiction 
pascale "Urbi et Orbi", a invité les fidèles réunis place 
Saint-Pierre à Rome à opposer "les armes de l'amour" au 
"terrorisme, forme aveugle et atroce de violence".   
    Revendiqués par l'EI, les attentats de mardi à l'aéroport 
Bruxelles-Zaventem et dans la station de métro de Maelbeek ont 
fait 31 morts, dont trois kamikazes, et plus de 270 blessés. 
    Jusqu'à présent, 24 victimes de neuf nationalités 
différentes ont été identifiées. Parmi les 24 corps identifiés, 
13 sont de nationalité belge, précise le Centre de crise, qui 
parle de 19 nationalités en ce qui concerne les blessés. 
    Un couple d'Américains figure parmi les morts, ainsi que 
deux frères néerlandais. Un Français a également été tué.  
 
 (Avec Hortense de Roffignac à Bruxelles et Caroline Copley à 
Berlin; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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