SYNTHESE-L'économie de la zone euro résiste mais reste faible

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* Le PIB de la zone euro en hausse de 0,2% au T3 * L'Allemagne évite la récession * La France dépasse les prévisions * L'Italie toujours enlisée par Jan Strupczewski BRUXELLES, 14 novembre (Reuters) - L'économie de la zone euro a connu un troisième trimestre 2014 moins pénible que prévu, la France dépassant les prévisions et l'Allemagne évitant la récession, mais sa croissance reste si faible qu'elle pourrait nécessiter de nouvelles mesures de soutien. L'institut européen de la statistique Eurostat a annoncé vendredi que le produit intérieur brut (PIB) des 18 pays membres de la zone euro avait augmenté de 0,2% au troisième trimestre par rapport au précédent, là où les économistes s'attendaient à 0,1% comme en avril-juin. Sur un an, la croissance de la zone euro est de 0,8%, comme au deuxième trimestre. "L'économie de la zone euro continue de croître mais à un rythme d'escargot", commente Nick Kounis, économiste chez ABN AMRO. "Il semble que nous ayons devant nous un lent rétablissement plutôt qu'une troisième récession." Eurostat a confirmé sa précédente estimation d'inflation pour octobre, à seulement 0,4%, soit toujours loin de l'objectif que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE), à savoir un taux inférieur à mais proche de 2%. ID:nL6N0T428V Aux yeux des économistes, cette croissance de l'activité reste non seulement faible mais elle devrait encore ralentir vers la fin de l'année. La plupart d'entre eux s'attendent donc toujours à de nouvelles mesures de soutien à l'activité de la part de la BCE, y compris un programme d'assouplissement quantitatif passant par l'achat de dettes souveraines. "La reprise reste fragile et timide", écrit Barclays dans une note. "Dans ce contexte, nous continuons de croire que la BCE sera contrainte de mettre en oeuvre des mesures supplémentaires de soutien (...) d'ici la fin du premier trimestre 2015." Les dernières statistiques disponibles présagent en outre une croissance encore molle de 0,1% au dernier trimestre 2014 avant un lent redressement en 2015. "Ce serait cohérent avec la détérioration des indicateurs de confiance cet été, essentiellement en réaction aux tensions géopolitiques dans un contexte de croissance durablement timide du commerce mondial", juge Marco Valli, économiste chez UniCredit. DÉBAT POLITIQUE L'Allemagne, principale économie de la zone euro, a évité de peu de plonger en récession au troisième trimestre 2014, son économie ayant connu une modeste croissance de 0,1%. ID:nL6N0T41EK L'économie française a pour sa part surpris avec une croissance un peu plus robuste que prévu, de 0,3% au lieu des 0,2% attendus par les analystes. ID:nL6N0T41GQ "L'activité a légèrement repris mais reste trop faible pour assurer les créations d'emploi nécessaires à notre pays", a réagi le ministre français des Finances, Michel Sapin. Avec l'Italie, qui a connu pour sa part un 13e trimestre consécutif sans croissance ID:nL6N0T426G , la France exhorte l'Union européenne à concentrer ses efforts sur la relance de la croissance plutôt que sur une réduction à marche forcée des déficits et des dettes publics. Face à elles, l'Allemagne, dont les comptes publics sont en bien meilleur état que ceux de ses partenaires, résistent aux pressions visant à la voir développer ses investissements publics pour stimuler la demande. Ce débat sur les politiques à mettre en oeuvre dans la zone euro devrait surgir à nouveau lors du sommet du G20 ce week-end à Brisbane, en Australie. Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a appelé cette semaine la France et l'Italie à ralentir le rythme de réduction de leurs déficits et l'Allemagne et les Pays-Bas à desserrer les cordons de la bourse. Après de sévères cures d'austérité, l'Espagne et la Grèce semblent en revanche parvenues à un tournant. L'Espagne a déjà annoncé une croissance de 0,5% au troisième trimestre tandis que les nouvelles statistiques disponibles sur la Grèce montrent que ce pays, où s'est déclenchée la crise des dettes souveraines dans la zone euro, est officiellement sorti d'une récession de près de cinq ans au premier trimestre de cette année avant de connaître deux autres trimestres de croissance entre avril et septembre. ID:nL6N0T42RM "La comparaison entre l'Italie (...) et l'Espagne et la Grèce est éloquente", dit Nick Kounis, d'ABN AMRO. "L'Espagne et la Grèce ont fait davantage en termes de réformes structurelles et elles ont aussi vu des baisses marquées des salaires. Cette dévaluation interne a ramené la compétitivité près de ses niveaux du début de l'euro. "En Italie, les salaires sont restés extrêmement élevés." (Avec les bureaux de Reuters; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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