SYNTHESE-L'Allemagne réclame un sommet extraordinaire sur les migrants

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* La Hongrie ferme sa frontière et interpelle les migrants * Le HCR dénonce la politique de Budapest * Des centaines de réfugiés bloqués à la frontière gréco-turque * Echec de la réunion des ministres de l'Intérieur sur les quotas par Krisztina Than et Ivana Sekularac BERLIN/FRONTIERE SERBO-HONGROISE, 15 septembre (Reuters) - L 'Allemagne et l'Autriche ont réclamé mardi la tenue rapide d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne pour résoudre la crise migratoire en Europe qui s'amplifie en même temps que perdurent les divisions au sein des Vingt-Huit. Au lendemain de l'échec d'une réunion des ministres européens de l'Intérieur, les migrants fuyant la guerre ou la pauvreté au Moyen-Orient ou en Afrique, dont de nombreux réfugiés syriens, continuent de se presser aux portes de l'UE. Des centaines de personnes se sont retrouvées bloquées mardi matin face aux barbelés séparant la Serbie du territoire hongrois, que le gouvernement de Budapest s'est juré de rendre inaccessible aux migrants. ID:nL5N11L155 Plusieurs centaines d'autres ont été stoppés par les forces de sécurité turques près de la ville d'Erdine, 230 km à l'ouest d'Istanbul, alors qu'ils tentaient de rejoindre la Grèce par la route. ID:nL5N11L2NX Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés syriens a grimpé en Turquie de plus de 200.000 depuis juin, alors qu'il n'avait augmenté que de 14.000 au cours des trois mois précédents. Il a en revanche diminué en Irak et au Liban. Quelque 156.000 migrants ont été enregistrés en août aux frontières extérieures de l'Union européenne, a annoncé l'agence Frontex chargée du contrôle des frontières de l'UE. Depuis le début de l'année, plus de 500.000 migrants ont été détectés, même si un grand nombre d'entre eux ont été comptabilisés deux fois, à leur arrivée en Grèce de la Turquie puis à leur entrée en Hongrie, via la Serbie, précise Frontex. Face à cet afflux, du jamais vu depuis les migrations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Union européenne se montre incapable de présenter un front uni, certains pays membres accueillant généreusement les réfugiés, d'autres comme la Hongrie tentant de leur fermer leurs frontières. MERKEL SE REFUSE À MENACER LES PAYS DE L'EST Lors d'une conférence de presse commune à Berlin, la chancelière Angela Merkel et son homologue autrichien Werner Faymann ont souligné que l'Allemagne, l'Autriche et la Suède, qui ont reçu le plus grand nombre des réfugiés affluant vers l'Europe depuis des semaines, ne pouvaient gérer cette situation à elles seules. En demandant la tenue d'un Conseil européen extraordinaire dès la semaine prochaine, Angela Merkel et Werner Faymann prennent acte de l'échec de la réunion des ministres de l'Intérieur lundi à Bruxelles. A l'issue de six heures de discussions, les ministres ont trouvé un accord de principe à minima et à la majorité simple pour se répartir 120.000 demandeurs d'asile supplémentaires arrivés ces derniers mois en Italie, en Grèce et en Hongrie, principaux pays d'entrée dans l'UE, comme l'a demandé mercredi dernier la Commission européenne, en plus des 40.000 acceptés en mai sur la base d'une répartition volontaire. ID:nL5N11K25F Mais l'adoption du détail de la répartition pays par pays a été renvoyé à la prochaine réunion des ministres de l'Intérieur, le 8 octobre. "L'Europe s'est une nouvelle fois déshonorée", a estimé le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel. Son collègue de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a estimé que l'UE devrait réfléchir à des mesures de rétorsion financière pour faire pression sur les Etats membres, essentiellement les pays d'Europe centrale, qui s'opposent à des quotas nationaux de prise en charge des migrants et réfugiés. ID:nL5N11L1LZ A Bratislava, le Premier ministre slovaque Robert Fico s'est élevé contre les mises en garde de Berlin, soulignant que jamais aucun pays de l'UE n'avait été sanctionné pour divergence d'opinion. Il a également réclamé la tenue d'un sommet extraordinaire des Vingt-Huit. Le secrétaire d'Etat tchèque chargé des Affaires européennes, Tomas Prouza, a dénoncé sur Twitter des menaces "vides" qui n'ont aucune base juridique mais sont dommageables pour tous. Angela Merkel a toutefois recadré son ministre de l'Intérieur en déclarant que "les menaces n'étaient pas une bonne manière de parvenir à un accord". La chancelière allemande a défendu la décision, prise il y a deux jours par son gouvernement, de rétablir des contrôles frontaliers après l'entrée de dizaines de milliers de migrants en Allemagne, expliquant qu'elle avait pour but de faciliter l'enregistrement des réfugiés. La décision de Berlin a été imitée par d'autres pays en contravention du principe de libre circulation à l'intérieur de l'espace Schengen. LE HCR ALARMÉ PAR LES MESURES HONGROISES La Hongrie est allée plus loin en annonçant qu'elle renverrait automatiquement tous les réfugiés arrivant à sa frontière avec la Serbie en vertu d'une nouvelle législation votée début septembre, la Serbie étant considérée par Budapest comme un "pays sûr". Les demandes d'asile seront traitées dans un délai maximum de huit jours, mais celles déposées par les réfugiés venant de Serbie en quelques heures. Ceux qui franchiront illégalement la frontière seront interpellés et passibles de trois ans de prison, ont prévenu les autorités, qui ont annoncé 174 arrestations pour la journée de mardi. Le HCR a qualifié ces nouvelles mesures de "vraiment alarmantes" et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déclaré qu'elles "semblaient" contrevenir aux obligations internationales et européennes de Budapest. Les réfugiés risquent de se retrouver dans une impasse puisqu'Aleksandar Vulin, le ministre serbe chargé des migrations, a annoncé que le gouvernement serbe n'accepterait aucun migrant renvoyé en Serbie après être entré en Hongrie. Le HCR a dit être en contact avec d'autres pays de l'UE afin d'ouvrir de nouvelles routes pour les réfugiés. Le gouvernement nationaliste de Viktor Orban a annoncé qu'il envisagerait de prolonger sa clôture frontalière avec la Serbie vers la Roumanie au cas où les migrants tenteraient de prendre une autre route pour gagner son territoire, ce qui a suscité les protestations de Bucarest. ID:nL5N11L2VR (Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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