SYNTHESE-L'affrontement avec les djihadistes se déplace au Mali

le , mis à jour à 20:21
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* Un groupe lié à Al Qaïda revendique la prise d'otages de Bamako * L'enquête continue à progresser en France (Actualisé avec nouveaux éléments de l'enquête) PARIS, 20 novembre (Reuters) - L'épicentre de l'affrontement entre les intérêts français et les groupes djihadistes s'est déplacé vendredi au Mali, où des hommes armés se réclamant d'un groupe lié à Al Qaïda ont pris une centaine de personnes en otages dans un hôtel de Bamako, une semaine jour pour jour après les attentats de Paris. Les forces maliennes de sécurité ont donné l'assaut contre le Radisson Blu, un hôtel luxueux fréquenté par de nombreux étrangers près du centre de la capitale malienne, libérant la plupart des 170 otages. ID:nL8N13F16X L'attaque, qui avait commencé à 7h00 GMT aux cris d'"Allahu Akbar" ("Allah est grand"), a pris fin vers 16h30 GMT et des casques bleus sur place disent avoir vu 27 corps répartis sur deux étages. Deux assaillants auraient été tués mais le porte-parole du ministère malien de la Sécurité intérieure a annoncé que deux autres djihadistes étaient toujours retranchés. Les djihadistes d'Al Mourabitoun, groupe lié à Al Qaïda, ont revendiqué sur Twitter la prise d'otages. L'authenticité de la revendication n'a pu être vérifiée. La prise d'otages, une semaine après les attentats revendiqués par l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) à Paris, vise un pays en première ligne dans les violences à caractère islamiste, où la France est intervenue en 2013. Quelque 3.500 soldats de l'opération Barkhane sont déployés dans cinq pays du Sahel pour contrer la menace djihadiste. Outre ce symbole de la lutte française contre l'islamisme armé, les djihadistes visaient vendredi à l'évidence des ressortissants français et, plus généralement, occidentaux qui descendent dans cet hôtel. D'après le Quai d'Orsay, 7.200 ressortissants français vivent au Mali, dont 6.200 à Bamako. L'ENQUÊTE PROGRESSE Al Mourabitoune, dirigé par l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, avait déjà revendiqué en mars dernier l'attaque d'un restaurant de Bamako prisé des ressortissants étrangers dans lequel cinq personnes, dont un Français, ont été tuées. ID:nL5N0W903K Le même groupe a revendiqué l'attaque sanglante menée en août contre un hôtel de Sévaré, à quelque 600 kilomètres au nord-est de la capitale, qui avait fait 17 morts. A Paris, l'enquête a encore progressé ces dernières heures. Le parquet a annoncé vendredi que la femme dont le corps avait été découvert dans les décombres de l'appartement de Saint-Denis contre lequel la police a donné l'assaut mercredi est bien Hasna Ait Boulahcen, 26 ans. Mais, selon une source proche du dossier, elle ne s'est pas fait exploser, comme on l'avait d'abord cru, et l'individu retrouvé déchiqueté est "très vraisemblablement un homme". Trois personnes ont été tuées lors de l'assaut de mercredi : Abdelhamid Abaaoud, Belge d'origine marocaine de 28 ans soupçonné d'être le chef opérationnel des attentats du 13 novembre, Hasna Ait Boulahcen, qui pourrait être sa "cousine", et un autre individu non identifié. Le Maroc, dont le roi Mohamed VI a été reçu vendredi par François Hollande, a fourni un élément crucial dans l'enquête sur les attaques de Paris en signalant la présence en France d'Abdelhamid Abaaoud. ID:nL8N13F3OF Deux des trois kamikazes du Stade de France ont été contrôlés ensemble en Grèce le 3 octobre dernier, a annoncé vendredi le procureur de Paris, après identification du second. Leur identité reste toutefois inconnue pour l'instant. PREMIERS VERSEMENTS AUX VICTIMES Au total, les forces de sécurité ont réalisé 793 perquisitions, 107 interpellations et placé 90 personnes en garde à vue depuis l'entrée en vigueur samedi de l'état d'urgence, dont les sénateurs devaient à leur tour approuver vendredi la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois. A Bruxelles, les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union européenne (UE) se sont mis d'accord vendredi pour adopter un fichier des passagers aériens, mieux contrôler la circulation des armes à feu et renforcer les contrôle aux frontières, a déclaré Bernard Cazeneuve. Le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI) a versé vendredi les premières avances aux victimes des attentats de Paris, a dit vendredi le ministre des Finances Michel Sapin. ID:nL8N13F2GQ Ces avances de quelques milliers d'euros visent à permettre aux victimes d'éviter de voir des problèmes matériels s'ajouter aux douleurs morales auxquelles elles sont confrontées, a expliqué François Werner, directeur général du FGTI. Enfin, la construction de la "grande coalition" prônée par François Hollande pour lutter contre l'Etat islamique en Syrie et en Irak commence à prendre forme. Le chef du conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev a rencontré le coordinateur du renseignement français Didier Le Bret vendredi à Moscou, rapporte l'agence de presse RIA. Le Kremlin estime que les visites que François Hollande doit effectuer la semaine prochaine à Washington et à Moscou après les attentats du 13 novembre constituent un pas vers la création de cette coalition antiterroriste. (Service France, édité par Yves Clarisse)

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