SYNTHESE-Kiev dénonce la présence de chars russes, l'UE se réunit

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* Kiev dénonce la destruction d'une localité frontalière * La Lituanie prône une aide militaire à l'Ukraine * Petro Porochenko veut encore croire à une solution de paix * L'UE va envisager de nouvelle sanctions par Richard Balmforth et Adrian Croft KIEV/BRUXELLES, 30 août (Reuters) - Des blindés russes ont détruit une petite ville dans l'est de l'Ukraine où les séparatistes ont repris du terrain aux forces gouvernementales, indiquent les autorités ukrainiennes qui attendent que les dirigeants européens réunis samedi après-midi à Bruxelles accentuent les sanctions contre Moscou. S'exprimant avant l'ouverture du sommet des Vingt-Huit, le président Petro Porochenko a estimé qu'un espoir de paix demeurait malgré la présence de milliers de soldats et de centaines de blindés russes sur le territoire ukrainien. La Russie continue de démentir l'envoi de forces militaires dans l'est de l'Ukraine ou un quelconque soutien aux séparatistes en rébellion contre le pouvoir de Kiev depuis cinq mois. Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne, a affirmé devant la presse que des chars russes ont pénétré dans la petite ville frontalière de Novosvitlivka et qu'ils faisaient feu sur toutes les habitations. "Quasiment toutes les maisons ont été détruites, selon les informations que nous avons", a-t-il ajouté sans préciser quand l'attaque s'était déroulée. "L'agression militaire menée par la Fédération de Russie dans l'est de l'Ukraine se poursuit. Les Russes continuent d'envoyer des équipements militaires et des 'mercenaires'", indique le Conseil ukrainien de défense et de sécurité dans un message sur Twitter. Les rebelles ont réussi à desserrer l'étau des forces gouvernementales puis à reprendre du terrain à l'est de la ville de Louhansk, l'un des principaux bastions séparatistes, a reconnu Andriy Lissenko. AIDE MILITAIRE La semaine dernière, les pro-Russes avaient également ouvert un deuxième front sur le territoire côtier bordant la mer d'Azov chassant les troupes ukrainiennes de Novoazovsk et menaçant le port stratégique de Marioupol. Pour Kiev et les Occidentaux, cette inversion de la tendance sur le terrain est la conséquence de l'arrivée d'une colonne de blindés russes envoyés par Vladimir Poutine pour renforcer la rébellion qui menaçait d'être vaincue. Moscou n'a pas fait de commentaires sur la situation en cours, samedi. La veille Vladimir Poutine avait comparé l'offensive menée par les troupes de Kiev contre les bastions séparatistes à l'invasion nazie en Union soviétique pendant la Seconde guerre mondiale. "Il est établi que la Russie est en guerre contre l'Ukraine", a estimé la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, appelant l'Europe à soutenir le gouvernement de Kiev avec des équipements militaires. "Cela signifie que la Russie est en état de guerre contre un Etat qui souhaite être étroitement associé à l'Union européenne. Concrètement, la Russie est en état de guerre contre l'Europe", a-t-elle ajouté. "Cela signifie que nous devons aider l'Ukraine à défendre son territoire et son peuple et l'aider militairement (...) car aujourd'hui l'Ukraine mène une guerre au nom de toute l'Europe", a-t-elle encore dit. NOUVELLE GUERRE FROIDE Face à cette dégradation de la situation, le président français François Hollande a estimé que "l'Europe devait agir". "Il y a face à cette aggravation de la tension de nouvelles décisions à prendre (...) Les sanctions seront sans doute augmentées et la Commission (européenne) aura à travailler sur l'élévation de leur niveau", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Paris où étaient réunis les sociaux-démocrates à quelques heures d'un sommet européen à Bruxelles. De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a affirmé que "la Russie ne devait pas sous-estimer la volonté et la détermination de l'UE à défendre ses principes et ses valeurs". "Nous sommes prêts à prendre des mesures très fermes et claires, mais nous maintenons la porte ouverte à une solution politique", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Tout durcissement des sanctions ne viserait pas à aggraver la crise mais à amener Moscou à négocier, a-t-il ajouté en soulignant que l'UE ne recherchait pas la confrontation. "Il serait absurde d'avoir une nouvelle guerre froide", laquelle serait "nuisible à l'ensemble de l'Europe", a-t-il estimé. Petro Porochenko a émis l'espoir d'assister à des progrès dans les négociations de paix dans les prochains jours, sans doute à partir de lundi. "Pourquoi ?", s'est-il interrogé, "parce que nous sommes tout près du point où il n'y aura pas de retour possible à un plan de paix". Sur le terrain, un groupe de combattants pro-ukrainiens encerclés par des pro-russes près de Donetsk aurait réussi à s'échapper, mais d'autres informations indiquent qu'un certain nombre d'entre eux sont toujours pris au piège. (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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