SYNTHESE-Irak-Des milices chiites vont attaquer l'EI à l'ouest de Mossoul

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    * La prise de Tal Afar permettrait d'encercler Mossoul 
    * L'accès vers la Syrie serait coupé 
    * La Turquie a dit qu'elle répondrait à un déploiement 
chiite 
    * L'Onu accuse l'EI d'avoir enlevé 8.000 familles 
    * Et de s'en servir comme boucliers humains 
 
    par Saïf Hamid et Maher Chmaytelli 
    BAGDAD, 28 octobre (Reuters) - Des milices chiites soutenues 
par l'Iran ont annoncé vendredi s'apprêter à lancer une 
offensive pour chasser l'Etat islamique (EI) de l'ouest de 
Mossoul dans le but de bloquer la retraite des djihadistes 
sunnites vers la Syrie, ce qui risque de contrarier la Turquie 
voisine et les Etats-Unis. 
    L'arrivée de ces milices chiites, qui regroupent des 
milliers de combattants rompus au combat, fait craindre aux pays 
occidentaux qui appuient l'offensive du gouvernement irakien 
pour reprendre Mossoul à l'EI, que ces combattants se mettent à 
dos les habitants des zones sunnites. 
    L'opération semble pourtant devoir se faire. Un porte-parole 
de ces milices paramilitaires soutenues par l'Iran chiite a 
précisé que le début de l'offensive vers la ville de Tal Afar, 
qui est à environ 55 km à l'ouest de Mossoul, était une question 
"de jours ou d'heures". 
    Si elle réussit, cette offensive laisserait les combattants 
de l'EI - et les un million et demi de civils qui vivent encore 
à Mossoul - cernés de toutes parts par la coalition en marche. 
    Environ 50.000 soldats irakiens, policiers et combattants 
kurdes peshmergas, soutenus par les frappes aériennes et le 
soutien au sol de la coalition internationale menée par les 
Etats-Unis, avancent sur Mossoul depuis bientôt deux semaines, 
par le sud, le nord et l'est. 
    Ils ont déjà repris plusieurs dizaines de villages dans la 
plaine à l'est de Mossoul et le long du Tigre au sud de la 
ville. 
    Les groupes de défense des droits de l'homme ont demandé à 
Bagdad de maintenir les milices chiites hors du champ de 
bataille. Ils les accusent de mener des opérations de 
représailles (meurtres et enlèvements) dans les secteurs dont 
l'EI a été chassé. Le gouvernement de Bagdad et les milices 
disent que de tels abus sont des incidents isolés. 
     
    VOITURE PIÉGÉE 
    Face à l'avancée des forces irakiennes, les combattants de 
l'EI en retraite ont forcé des femmes et des enfants des 
villages alentour à marcher à leurs côtés pour leur servir de 
boucliers humains, selon des villageois joints par téléphone de 
Mossoul. Les garçons plus âgés et les hommes en âge de combattre 
sont emmenés vers une destination inconnue, ajoutent-ils. 
    Les Nations unies ont annoncé vendredi que l'EI avait enlevé 
8.000 familles autour de Mossoul pour les utiliser comme 
boucliers humains. L'Onu accuse aussi l'EI d'avoir assassiné 
mercredi près de la ville 232 personnes qui refusaient d'obéir 
aux ordres.   
    L'offensive sur Tal Afar sera lancée de la base militaire de 
Kayyara, à environ 90 km au sud-est. 
    Ahmed al Assadi, porte-parole des milices chiites, les 
Hachid Chaabi, ou Forces de mobilisation populaire, a expliqué 
que Tal Afar était la destination finale, mais qu'avant, il y 
avait des villages qui devaient être libérés. 
    Plusieurs heures après l'annonce d'Ahmed al Assadi, l'EI a 
indiqué qu'un de ses combattants avait précipité une voiture 
piégée contre un groupe de Hachid Chaabi, tuant 20 d'entre eux. 
Cette attaque suicide a eu lieu à l'ouest de Chirkat, où les 
forces chiites sont en train de se rassembler avant l'offensive 
sur Tal Afar. 
    L'offensive chiite sur Tal Afar visera une zone proche de la 
Turquie et où vit une population assez importante de Turkmènes 
qui ont des liens historiques et culturels avec la Turquie. 
    Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a 
déclaré cette semaine que son pays, qui a des troupes déployées 
au nord de Mossoul en territoire irakien, prendrait des mesures 
en cas d'attaque sur Tal Afar.  
    La population de cette ville comptait un mélange de 
Turkmènes sunnites et chiites jusqu'à ce que les chiites 
s'enfuient après la prise de cette localité par l'EI il y a deux 
ans.    
 
 (Tangi Salaün et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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