SYNTHESE-Grèce-Eurogroupe prorogé à dimanche faute de garanties

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* Reprise des négociations dimanche à 11h00 (09h00 GMT) * La Grèce veut négocier un nouveau plan d'aide * L'Allemagne reste méfiante vis-a-vis de Tsipras * L'Eurogroupe demande à la Grèce plus de garanties * Il planche sur de nouvelles mesures à demander à Athènes (Actualisé avec la suspension de l'Eurogroupe pour la nuit) par Julien Ponthus et Francesco Guarascio BRUXELLES, 11 juillet (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé samedi soir, faute d'accord, de suspendre les négociations engagées pour obtenir de la Grèce des garanties sur les réformes qu'elle promet de mettre en oeuvre en échange de son maintien dans la zone euro. Les discussions de l'Eurogroupe, entamées à 15h00 (13h00 GMT) dans un climat d'incertitude totale quant à leur issue, se sont poursuivies jusqu'à environ minuit sans déboucher sur un feu vert au lancement d'un troisième plan de sauvetage pour Athènes. Les discussions ont été "très difficiles", a admis à sa sortie de la réunion le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, qui avait prévenu qu'il ne serait pas simple de concilier les positions des ministres favorables à un accord avec la Grèce et ceux qui demandent des garanties supplémentaires. L'Eurogroupe reprendra ses travaux dimanche à 09h00 GMT. Selon une source au fait des négociations, les grands argentiers de la zone euro ont travaillé à la rédaction d'un communiqué détaillant de nouvelles mesures, notamment de libéralisation de l'économie, qui s'ajouteraient au plan de réformes présenté par le gouvernement d'Alexis Tsipras jeudi et entériné par le Parlement grec aux premières heures de samedi. Si un accord est trouvé par l'Eurogroupe dimanche matin, un sommet des chefs d'Etat et de gouvernements de la zone euro est prévu en milieu d'après-midi, suivi par un sommet des dirigeants des 28 Etats de l'Union européenne. De nombreux pays disent ne pas avoir confiance en Alexis Tsipras. Ils craignent notamment qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité. La Grèce aura par ailleurs besoin d'une aide à court terme pour faire la jonction entre ses besoins financiers immédiats et l'adoption du nouveau plan qui prendra au moins quelques semaines. La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son produit intérieur brut (PIB), est aussi posée. L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité. L'optimisme et le volontarisme affichés par la France sur ce dossier contrastent avec le scepticisme de nombreux dirigeants européens aux yeux desquels la crédibilité du gouvernement d'Alexis Tsipras a été compromise pendant les négociations. "LA CONFIANCE A ÉTÉ DÉTRUITE" "La confiance a été détruite d'une manière incroyable au cours des derniers mois", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à l'Eurogroupe. Les dernières propositions du gouvernement grec sont loin d'être suffisantes pour l'octroi d'un troisième plan d'aide à Athènes, a-t-il encore estimé alors que les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international leur ont pourtant donné un premier avis favorable vendredi. Ces derniers ont chiffré à 82 milliards d'euros les besoins financiers supplémentaires totaux de la Grèce pour faire face à ses obligations. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a obtenu aux premières heures de samedi le soutien du Parlement au programme de réformes qu'il se propose de mettre en oeuvre en échange d'un prêt de 53,5 milliards d'euros sur les trois prochaines années du Mécanisme européen de stabilité (MES). Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, le plan Tsipras est considéré comme la dernière chance d'éviter l'effondrement financier et économique du pays. François Hollande, qui s'est investi personnellement pour faire aboutir les négociations, a salué vendredi le paquet de réformes déposé par la Grèce, à laquelle Paris a prêté une assistance technique et politique pour leur élaboration. "La France (...) est un trait d'union et nous jouerons ce rôle de trait d'union jusqu'au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous", a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, juste avant le début des travaux de l'Eurogroupe. (Avec Robert-Jan Bartunek, Chine Labbé et Andreas Rinke, édité par Tangi Salaün, Guy Kerivel et Danielle Rouquié)

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