SYNTHESE-Gauche et droite tentent d'empêcher le FN de gagner des régions

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    * Le Front national pourrait remporter plusieurs régions 
    * Le Parti socialiste se désiste pour faire barrage au FN 
    * La gauche n'est pas mal placée en vue du second tour 
    * La droite pourrait subir une lourde défaite dimanche 
prochain 
 
    PARIS, 7 décembre (Reuters) - La nouvelle percée électorale 
du Front national a obligé lundi gauche et droite à mettre les 
bouchées doubles pour empêcher la formation d'extrême droite de 
prendre le pouvoir dans plusieurs régions dimanche prochain, 
avec peu de chances d'y parvenir. 
    La formation de Marine Le Pen a conforté dimanche son statut 
de premier parti de France au premier tour des élections 
régionales en remportant 27,73% des voix et en virant en tête 
dans six régions métropolitaines, devant le bloc formé par Les 
Républicains, le Modem et l'UDI (26,65%) ainsi que le Parti 
socialiste et ses alliés (23,12%). (pour le tableau des  
résultats définitifs :  ) 
    Au second tour, le FN paraît en mesure de l'emporter dans le 
Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où 
Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, avec leur 
score supérieur à 40% des voix, ont respectivement l'avantage. 
    Dans ces deux régions, la situation leur est tellement 
favorable que le Parti socialiste a décidé de retirer ses 
candidats dans l'espoir de faire élire un représentant des 
Républicains, les anciens ministres Xavier Bertrand dans le Nord 
et Christian Estrosi dans le Sud-Est. 
    "Ce retrait peut être le début de la disparition du Parti 
socialiste", a déclaré lundi Marine Le Pen lors d'une conférence 
de presse, parlant de "suicide collectif" pour une formation qui 
disparaîtra effectivement du conseil régional. "Toutes les 
compromissions sont bonnes pour se maintenir en place." 
    Mais la manoeuvre a pour l'instant échoué en 
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, où le socialiste Jean-Pierre 
Masseret refuse d'obéir aux instances nationales du PS qui le 
pressent de se retirer pour faire barrage au bras droit de 
Marine Le Pen, Florian Philippot, largement en tête. 
    Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a 
estimé lundi qu'il pourrait le "convaincre".   
    "Un socialiste ne peut pas être mêlé de près ou de loin à 
l'élection d'un responsable du Front national", a-t-il prévenu. 
     
    LA DROITE RÉPUBLICAINE MAL EN POINT 
    La droite républicaine est, elle, mal en point en vue du 
second tour de dimanche prochain. 
    La victoire ne lui semble véritablement promise que dans les 
Pays de la Loire si elle ne parvient pas à battre le Front 
national dans le Nord, en Paca et dans le Grand Est.  
    La gauche, elle, devrait l'emporter facilement en Bretagne, 
en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, et pourrait bénéficier 
d'un report de voix suffisant au second tour pour gagner en  
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Centre-Val de Loire, 
Bourgogne-Franche-Comté et Ile-de-France.  
    Les nouvelles régions Auvergne-Rhône-Alpes et Normandie  
pourraient basculer à droite comme à gauche mais le total des 
voix de gauche est potentiellement supérieur et la Corse se 
jouera entre la gauche et les autonomistes. 
    L'exécutif pourrait donc sortir du piège des régionales par 
le haut avec, dans l'hypothèse la plus favorable, une petite 
dizaine de régions gouvernées par la gauche sur 13.  
    En retirant ses candidats pour faire barrage au Front 
national, le camp de François Hollande et Manuel Valls parle en 
outre à sa gauche en érigeant un "rempart" contre l'extrême 
droite, comme en 2002.  L8N13W1NC  
    Quant à Nicolas Sarkozy, déstabilisé par la 
contre-performance de la droite, il voit sa stratégie pour la 
primaire de 2016 fragilisée par la percée du Front national, qui 
repose avec acuité la question de la ligne des Républicains. 
     
    LE FN PREMIÈRE FORCE D'OPPOSITION 
    Lors d'un bureau politique de LR "tendu" lundi matin, 
certains participants ont estimé que ce n'était pas la gauche 
qui était seule responsable de la performance du FN, désormais 
première force d'opposition devant Les Républicains, une 
critique implicite du chef du parti.   
    Mais quoi qu'il arrive dimanche prochain, le Front national 
est sorti grand gagnant et a amplifié son statut de première 
force politique et son enracinement, une dynamique dont Marine 
Le Pen veut faire un tremplin pour la présidentielle de 2017. 
    Le parti d'extrême droite a certes profité du climat 
sécuritaire provoqué par les attentats, 16% des ses électeurs 
disant s'être tourné vers le FN après le 13 novembre, selon une 
étude Ifop pour iTELE, Paris Match et Sud Radio.   
    Mais 68% des sympathisants frontistes ont également voulu 
sanctionner la politique du gouvernement et de François 
Hollande, précise cette enquête. 
    Des politologues insistent surtout sur la progression du FN 
scrutin après scrutin et sur le "siphonnage" de l'électorat de 
Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, dans la 
continuité des élections européennes et départementales.  
 
 (Service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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