SYNTHESE-Fronts multiples contre l'Etat islamique en Syrie et en Irak

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    * Une milice appuyée par les USA encercle Manbij en Syrie 
    * L'armée syrienne prend un carrefour dans la province de 
Rakka 
    * L'armée irakienne poursuit son offensive sur Falloudja 
    * Bataille en cours à Syrte en Libye 
    * Abou Bakr al Bagdadi aurait été blessé : pas de 
confirmation 
 
    par John Davison et Maher Chmaytelli 
    BEYROUTH/BAGDAD, 10 juin (Reuters) - Deux ans après la 
proclamation par l'Etat islamique d'un califat sur un territoire 
à cheval entre la Syrie et l'Irak, ceux qui le combattent ont 
lancé des offensives sur plusieurs fronts dans les deux pays, 
avec, en ligne de mire, les deux "capitales" de l'EI, Rakka et 
Mossoul. 
    Vendredi, les troupes du gouvernement syrien soutenues par 
la Russie d'une part, et des combattants soutenus par les 
Etats-Unis d'autre part, avançaient chacun de leur côté en 
Syrie, tandis qu'en Irak voisin, l'armée irakienne cherchait 
toujours à reprendre Falloudja, à l'ouest de Bagdad. 
    En parallèle, des rumeurs non confirmées ont circulé selon 
lesquelles le chef de l'EI, Abou Bakr al Baghdadi, aurait été 
blessé dans une frappe aérienne de la coalition internationale 
dirigée par les Etats-Unis. 
    Enfin, en Libye, où l'EI s'est implanté l'an dernier à la 
faveur du chaos qui régnait dans le pays, des combats sont en 
cours à Syrte, pour tenter de l'en déloger. 
    En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance 
arabo-kurde d'insurgés, ont lancé à la toute fin du mois dernier 
une offensive pour reprendre la dernière portion de la zone 
frontalière turco-syrienne encore dans les mains de l'EI et 
encerclent la principale ville du secteur, Manbij. 
    Les FDS, soutenues par les frappes aériennes de la coalition 
anti-EI menée par les Etats-Unis, et par des éléments des forces 
spéciales américaines et françaises, ont coupé vendredi la 
dernière voie d'accès à Manbij, a annoncé l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme. La zone est cruciale pour les 
approvisionnements de l'EI.   
     
    "LA COURSE À RAKKA" 
    u sud, l'armée syrienne et ses alliés chiites, soutenus par 
la Russie, ont pris le contrôle d'un carrefour stratégique dans 
la province de Rakka. Ce carrefour contrôle une grand voie 
routière qui mène à la fois à Tabka, ville tenue par l'EI sur 
l'Euphrate, puis à Rakka, la capitale de la province. 
    Cette offensive a également été lancée la semaine dernière. 
Les médias favorables au régime du président syrien Bachar al 
Assad ont appelé les offensives en cours "la course à Rakka". Il 
s'agit pour les forces gouvernementales de prendre pied dans le 
fief de l'EI avant les milices soutenues par les Etats-Unis. 
    L'avancée des FDS est la percée la plus ambitieuse menée 
jusqu'ici en Syrie par un groupe allié aux Etats-Unis, lesquels 
avaient eu auparavant des difficultés à trouver des alliés 
fiables sur le terrain en Syrie. 
    Cette offensive semble avoir incité la Russie et le 
président syrien à tourner à leur tour leurs armes contre l'EI. 
L'Occident a longtemps accusé Moscou et Damas de frapper en 
priorité les autres ennemis du président syrien. 
    Parallèlement, de l'aide humanitaire a pu être acheminée par 
l'Onu et le Croissant-Rouge syrien dans deux banlieues de Damas 
aux mains des rebelles, Daraya, à 12 km de la capitale, et 
Douma, dans la Ghouta orientale.   
    Daraya n'avait pas reçu d'aide alimentaire depuis 2012. 
    En Irak, l'état-major de la coalition contre l'EI n'a pu 
confirmer des informations d'une chaîne de télévision selon 
lesquelles Abou Bakr al Baghdadi a été blessé. 
     
    UNITÉ D'ÉLITE 
    Des responsables des services irakiens de sécurité dans le 
nord de l'Irak ont également dit être dans l'incapacité de 
confirmer l'information de la chaîne Al Soumaria. 
    Citant des sources locales dans la province de Ninive, la 
chaîne, qui a de solides connexions avec les dirigeants chiites 
et les forces irakiennes engagées dans la lutte contre 
l'organisation djihadiste, rapporte que le "calife" autoproclamé 
de l'Etat islamique a été blessé jeudi dans une frappe de la 
coalition contre un bâtiment du groupe près de la frontière 
syrienne.   
    Par ailleurs, les peshmergas kurdes sont déployés sur un arc 
au nord et à l'est de Mossoul tandis que l'armée irakienne tente 
de reprendre Falloudja, située à 50 kilomètres de Bagdad. 
    Le Service anti-terroriste, une unité d'élite de l'armée 
irakienne, se battait vendredi dans al Chouhada, un quartier du 
sud de Falloudja, a constaté un photographe de Reuters sur les 
lieux. On entendait de fortes explosions et des tirs dans le 
quartier, tandis que des avions, apparemment de la coalition 
internationale menée par les Etats-Unis, survolaient la zone. 
    L'assaut sur Falloudja, décidé par le Premier ministre 
Haïdar al Abadi après une série d'attentats suicide à Bagdad, 
n'était pas au programme des Etats-Unis qui souhaitaient que 
l'armée irakienne se concentre sur la reconquête de Mossoul. 
    Selon les Nations unies, 90.000 personnes se retrouvent 
piégées à Falloudja. Les insurgés ont construit un réseau de 
tunnels pour se déplacer sans être repérés. Ils ont planté 
plusieurs milliers de mines et d'engins explosifs divers pour 
retarder l'avancée de l'armée. 
    La prochaine étape est la prise de Mossoul. L'offensive est 
prévue pour cette année. En prévision, l'armée irakienne a 
commencé à masser des chars et des troupes au sud de la grande 
ville du nord de l'Irak, chef lieu de la province de Ninive.  
 
 (Henri-Pierre André, Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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