SYNTHESE-Frappes aériennes turques sur l'Irak après l'attentat d'Ankara

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    * Le bilan de l'attentat de dimanche se monte à 37 morts 
    * Second attentat à la voiture piégée à Ankara en deux mois 
    * Frappes turques contre des positions du PKK en Irak 
 
    par Orhan Coskun 
    ANKARA, 14 mars (Reuters) - L'aviation militaire turque a 
bombardé des camps du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) 
lundi dans le nord de l'Irak, au lendemain de l'attentat 
meurtrier survenu à Ankara, commis, selon des responsables 
turcs, par deux combattants du PKK, un homme et une femme. 
    L'attentat, qui a frappé dimanche un carrefour très 
fréquenté du centre de la capitale, a fait 37 morts, selon un 
nouveau bilan communiqué lundi matin par le ministre de la 
Santé, Mehmet Muezzinoglu.  
    Il s'agit du deuxième attentat à la voiture piégée dans la 
capitale turque en deux mois. Le précédent, le 17 février, avait 
été revendiquée par les Faucons de la liberté du Kurdistan 
(TAK), qui se présente comme une organisation dissidente du PKK. 
  
    L'attentat de dimanche, qui s'est produit à quelques 
centaines de mètres des ministères de la Justice et de 
l'Intérieur, n'a pas été officiellement revendiqué. Mais des 
responsables de la sécurité ont dit à Reuters qu'un des auteurs 
était une femme membre du PKK, parti autonomiste kurde qui 
combat depuis plus de 30 ans dans le sud-est de la Turquie pour 
l'autonomie du Kurdistan. La main tranchée de la jeune femme a 
été retrouvée à 300 mètres environ du site de l'explosion, 
a-t-on appris auprès de la police. 
    D'après les services de sécurité, qui s'appuient sur les 
éléments recueillis sur les lieux du crime, elle serait née en 
1992 et originaire de Kars, ville de l'est de la Turquie située 
près de la frontière arménienne. Elle avait rejoint les rangs du 
PKK en 2013. 
    Le corps du second suspect a été identifié comme celui d'un 
ressortissant turc également lié au PKK, a-t-on ajouté. 
    Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a déclaré qu'une 
femme était "incontestablement" un des auteurs de l'attentat 
suicide et que le second était un homme, mais que son identité 
n'avait pas encore été établie. 
    Onze personnes ont été arrêtées et dix autres sont 
recherchées en rapport avec l'attentat, a-t-il précisé. 
     
    COUVRE-FEU TOTAL 
    Les attentats commis ces derniers mois à Ankara mais aussi à 
Istanbul, où le quartier touristique de Sultanahmet a été pris 
pour cible le 12 janvier, contribuent à déstabiliser la Turquie, 
membre de l'Otan, dont elle occupe le flanc sud-est, et 
frontalière de la Syrie. 
    Les autorités sont à la fois confrontées aux opérations des 
islamistes de l'organisation Etat islamique (EI) et à la reprise 
des violences contre les séparatistes kurdes, ces derniers 
concentrant leurs attaques sur les forces de sécurité. Le 
cessez-le-feu qui était observé depuis deux ans et demi dans le 
sud-est kurde du pays a volé en éclats l'été dernier. 
    Selon l'armée turque, 11 avions de guerre ont bombardé 18 
objectifs dans le nord de l'Irak lundi à l'aube, dont des dépôts 
de munition et des abris. Les bases arrières du PKK sont 
établies dans les montagnes du nord de l'Irak d'où il contrôle 
ses opérations en Turquie voisine.  
    Les frappes ont été menées après détermination des auteurs 
de l'attaque, a déclaré le Premier ministre Ahmet Davutoglu, 
soulignant que le gouvernement avait pu obtenir des 
constatations "pratiquement certaines" désignant le PKK. 
    Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé qu'il 
fait élargir la définition du mot "terroriste" pour y inclure 
les soutiens potentiels. Il a évoqué notamment les journalistes, 
les parlementaires et les universitaires.   
    Un couvre-feu total a par ailleurs été décrété dans trois 
localités du sud-est de la Turquie afin d'y mener des opérations 
contre les séparatistes kurdes qui y sont implantés, ont annoncé 
les services du gouverneur de la province. De nombreuses 
personnes ont fui les lieux en anticipation des opérations. 
    Les opérations contre le PKK se sont soldées par 
l'arrestation de 15 personnes à Istanbul et de 50 autres dans 
tout le pays, selon la chaîne de télévision CNN-Turk. 
    L'attentat de dimanche à Ankara est le troisième en cinq 
mois à toucher Ankara. En octobre, un double attentat suicide 
dans le secteur de la gare, attribué à l'Etat islamique, avait 
fait plus de 100 morts. 
    Les explosifs utilisés dimanche soir sont du même type que 
ceux employés le mois dernier et des clous et des billes ont été 
ajoutés pour provoquer le maximum de dégâts, a indiqué une 
source policière.  
    Parmi les victimes de attentats de dimanche figurait le père 
d'Umut Bulut, un footballeur qui joue au Galatasaray, annonce le 
club stambouliote sur son site internet. 
 
 (Avec Asli Kandemir et Ayla Jean Yackley à Istanbul et Ece 
Toksabay et Ercan Gurses à Ankara; Jean-Stéphane Brosse, 
Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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