SYNTHESE-Frappes aériennes près de la ville syrienne de Kobani

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* Ankara pourrait s'engager militairement * La France va renforcer son dispositif en Irak * Frappes de la RAF près de Bagdad par Ayla Jean Yackley et Oliver Holmes MURSITPINAR, Turquie/BEYROUTH, 1er octobre (Reuters) - La coalition conduite par les Etats-Unis a mené mercredi des raids aériens contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) qui assiègent depuis plus de deux semaines la ville syrienne de Kobani (Aïn al Arab), près de la frontière turque. La Turquie, qui s'est tenue jusqu'ici à l'écart des opérations militaires contre les islamistes en Syrie et en Irak, envisage désormais de s'engager dans la lutte mais tient toujours à ce que le président syrien Bachar al Assad quitte le pouvoir. La France, pour sa part, a décidé de renforcer son dispositif militaire contre l'EI en Irak. Près de Kobani, ville peuplée majoritairement de Kurdes, un journaliste de Reuters présent du côté turc de la frontière a entendu des avions survoler le secteur et vu une colonne de fumée noire s'élever dans le ciel au sud-est de la ville. "Les avions ont frappé un village à quatre ou cinq kilomètres au sud-est de Kobani et un char de combat de l'EI aurait été détruit", a déclaré un interprète du PYD, principal mouvement kurde de Syrie. Selon Esmat al Cheikh, le commandant des forces kurdes qui défendent Kobani, il y a eu cinq frappes, dont il ignore si elles ont atteint leurs objectifs. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ces frappes ont fait des victimes parmi les djihadistes qui contrôlent la plupart des villages autour de Kobani. L'ONG ajoute que les hommes de l'EI ont décapité mardi dix personnes, dont trois femmes, dans la région. ID:nL6N0RW2M6 INQUIÉTUDES TURQUES Face à la menace islamiste, la Turquie n'exclut pas d'envoyer des troupes en Syrie et en Irak et pourrait laisser utiliser ses bases par les pays de la coalition. Le gouvernement turc a transmis mardi soir au Parlement un texte qui autoriserait Ankara à ordonner une action militaire pour "déjouer les attaques dirigées contre notre pays par tous les groupes terroristes en Irak et en Syrie". Les parlementaires devraient se prononcer par un vote jeudi. La proposition devrait être approuvée compte tenu de la forte majorité dont dispose le Parti de la justice et du développement (AKP), le parti islamo-conservateur au pouvoir. Si les Turcs s'inquiètent des combats autour de Kobani, ils craignent aussi de voir l'EI se rapprocher de la tombe de Souleiman Shah, enclave turque située à une trentaine de kilomètres plus au sud, où repose, sous la garde de soldats turcs, le corps du grand-père du fondateur de l'Empire ottoman, Osman Ier. La Turquie, qui accueille une base aérienne américaine à Incirlik, dans le Sud, n'a pas été engagée militairement jusqu'ici contre l'EI. Elle a 1.200 km de frontières avec l'Irak et la Syrie et a accueilli depuis 2011 un million et demi de réfugiés syriens. Ouvrant mercredi la session parlementaire, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est engagé à ce que la Turquie combatte l'EI et les autres organisations "terroristes" de la région, soulignant toutefois qu'Ankara s'en tenait à son objectif de voir Bachar al Assad quitter le pouvoir à Damas. ID:nL6N0RW39I L'agence de presse officielle syrienne Sana rapporte mercredi que deux attentats à la voiture piégée ont fait 18 morts et 40 blessés à Homs, ville contrôlée par les gouvernementaux. AVANCÉES KURDES EN IRAK En Irak, les combattants kurdes, appuyés par des miliciens d'une puissante tribu sunnite et par des Kurdes syriens, ont repris mardi aux djihadistes le poste-frontière stratégique de Rabia, à la frontière avec la Syrie. Rabia est située sur la route entre la Syrie et Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak occupée depuis juin par les islamistes. Les peshmergas kurdes ont annoncé qu'ils accentuaient également la pression sur les islamistes près de Zoumar, au nord-ouest de Mossoul, près du gisement pétrolier d'Aïn Zalah. La Grande-Bretagne a annoncé avoir mené des frappes aériennes contre des véhicules de l'EI dans la nuit de mardi à mercredi à l'ouest de Bagdad. La capitale irakienne a connu mardi une de ses journées les plus meurtrières depuis le début des frappes aériennes de la coalition. Au moins 35 personnes ont été tuées et 80 autres blessées dans une série d'attentats à la voiture piégée et dans des tirs de mortier qui ont visé des quartiers à prédominance chiite de la ville. ID:nL6N0RV5ES A Paris, la présidence française a annoncé mercredi un renforcement du dispositif militaire engagé contre les djihadistes en Irak. Ce renforcement, a-t-on ajouté dans l'entourage de François Hollande, se fera "par tous les moyens et dans tous les domaines, afin d'être efficace et d'atteindre les objectifs fixés", mais aucun détail n'a été donné sur les éventuels moyens supplémentaires engagés. La France repousse pour l'instant toute idée d'engagement au sol en Irak et de frappes aériennes en Syrie. (Avec Alexander Dziadosz, Isabel Coles, Ned Parker, Yara Bayoumy, Costas Pitas et Elizabeth Pineau; Eric Faye, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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