SYNTHESE-France 2017-Aubry tente l'union d'une gauche toujours plus divisée

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    * Martine Aubry tente de rassembler la gauche du PS 
    * Bartolone appelle à un duel Hollande-Valls à la primaire 
    * Le PCF soutient Jean-Luc Mélenchon 
    * Le PRG tente un cavalier seul avec Sylvia Pinel 
 
    PARIS, 26 novembre (Reuters) - Les ténors de la gauche du PS 
se sont retrouvés samedi autour de la maire de Lille Martine 
Aubry, pour tenter de faire dialoguer des gauches - écologistes 
et communistes compris - qui abordent les échéances 
présidentielle et législatives de 2017 en fort mauvais posture.  
    Ce "Carrefour citoyen des gauches et de l'écologie" avait 
été organisé à l'initiative de l'ex-première secrétaire du PS 
pour promouvoir le rassemblement et démentir l'hypothèse des 
"gauches irréconciliables" décrites par Manuel Valls mais la 
rivalité latente au sein du couple exécutif a été ramenée au 
premier plan avant même son coup d'envoi par le président de 
l'Assemblée nationale Claude Bartolone.   
    "Puisque depuis maintenant quinze jours il semble y avoir un 
débat entre le président de la République et le Premier 
ministre, qu'ils aillent devant les militants de gauche et 
soient tous les deux aussi candidats à la primaire", a-t-il 
déclaré à la presse à son arrivée à ce rassemblement.  
    Les dernières semaines ont été marquées par une 
multiplication des tensions larvées entre le chef de l'Etat et 
le Premier ministre, alors que le premier entretient toujours le 
mystère sur ses intentions pour 2017 et que le second semble se 
préparer à constituer un recours pour une gauche divisée. 
    "Claude Bartolone pose le cadre d'une décision collective", 
dans le but de rassembler et de lancer "la dynamique pour faire 
face à la droite et à l'extrême droite", dit un proche de Manuel 
Valls.      
    Epinglé dans le livre de confidences de François Hollande à 
des journalistes "Un président ne devrait pas dire ça...", dans 
lequel le chef de l'Etat juge qu'il n'a "pas l'envergure" d'un 
Premier ministre et "pas un charisme considérable", Claude 
Bartolone a pris ses distances avec François Hollande depuis la 
parution de cet ouvrage.    
     
    "ÉLECTROCHOC À GAUCHE" 
    "Je crois maintenant que c'est un électrochoc à gauche qui 
est nécessaire", a dit à la presse le député de 
Seine-Saint-Denis en appelant également de ses voeux une 
participation de Jean-Luc Mélenchon et d'Emmanuel Macron à la 
primaire de la gauche, prévue les 22 et 29 janvier 2017. 
    Ni le député européen - qui a reçu samedi le soutien du 
Parti communiste   - ni l'ancien ministre de 
l'Economie n'ont souhaité se soumettre à cette consultation par 
le PS. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, deux autres anciens 
ministres de François Hollande comptent en revanche y 
participer.  
    "Nous savons les uns et les autres que s'il y a trois, 
quatre candidats qui se réclament de la gauche au premier tour, 
notre élimination est inéluctable", a prévenu Claude Bartolone. 
    Tout en appelant au rassemblement, car "la désunion, c'est 
la défaite dans le déshonneur assurée", le président de 
l'Assemblée nationale a appelé à dresser le bilan du 
quinquennat, à "discuter des réussites et des échecs". 
    Alors qu'un proche du chef de l'Etat avait voulu voir dans 
cette réunion une façon de "soutenir, même du bout des lèvres" 
une éventuelle candidature présidentielle qui reste à confirmer 
par l'intéressé, le rassemblement de Bondy n'a donc pas 
simplifié le paysage à gauche.  
   Organisatrice du rassemblement, Martine Aubry n'a pas évoqué 
le bilan du quinquennat, préférant parler d'avenir et d'unité et 
concentrer les attaques sur François Fillon, favori du second 
tour de la primaire de la droite dimanche.    
    "La candidature que nous déclarons ici à Bondy, c'est la 
candidature des idées et des valeurs", a lancé l'ex-première 
secrétaire du PS en précisant avoir "toujours préféré le un pour 
tous au tous pour un".     
    "C'est comme ça que j'aime la gauche, réunie, en rose, rouge 
et vert", a dit la maire de Lille, lors de ce rassemblement 
auquel ont également participé l'ex-ministre de la Justice 
Christiane Taubira, la maire de Paris Anne Hidalgo, le député 
Christian Paul, chef de file des frondeurs, mais aussi des 
écologistes et le porte-parole du Parti communiste Olivier 
Dartigolles.  
    Mais le message "pour une candidature collective" afin 
d'éviter que la gauche soit absente du second tour de l'élection 
présidentielle a encore davantage été brouillé dans la soirée, 
avec l'annonce que la présidente du Parti radical de gauche 
(PRG) Sylvia Pinel serait candidate à l'élection présidentielle 
de 2017 sans passer par la primaire de la gauche.     
   
    Dans une semaine, le 3 décembre, ce sera au tour d'un Parti 
socialiste bien isolé de se rassembler à Paris au sein de la 
"Belle alliance populaire" imaginée pour préparer 2017. 
 
 (Myriam Rivet, Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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  • janaliz il y a une semaine

    C'est une pétaudière à l'image du pitre ! Que pouvons-nous attendre de saltimbanques pareils !