SYNTHESE-France 2017-A droite, les couteaux sont tirés

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    * Fillon met en cause la légitimité de Sarkozy 
    * Sarkozy multiplie les attaques contre Juppé 
    * Juppé et Le Maire jouent la carte de la modération 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 28 août (Reuters) - Les principaux candidats à 
l'investiture de la droite pour l'élection présidentielle de 
2017 ont sorti les couteaux ce week-end, dans une pré-rentrée 
déclenchée par l'officialisation de la candidature de Nicolas 
Sarkozy. 
    François Fillon s'est livré dimanche à la charge la plus 
violente contre celui dont il a été le Premier ministre cinq ans 
durant, une violence inversement proportionnelle aux intentions 
de votes dont il est crédité par les sondages pour la primaire 
de la droite et du centre, prévue les 20 et 27 novembre. 
    Dans un discours prononcé dans son fief de Sablé-sur-Sarthe, 
il a accusé sans le nommer l'ex-chef de l'Etat de démagogie et 
mis en doute la légitimité de sa candidature.   
    "Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne 
devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs", a-t-il 
dit dans une allusion aux affaire impliquant Nicolas Sarkozy. 
"Qui imagine un instant le général de Gaulle mis en examen ?" 
    Les derniers sondages créditent François Fillon de 9% à 10% 
des intentions de vote au premier tour de la primaire, loin 
derrière Alain Juppé (34%), Nicolas Sarkozy (24% à 34%) et Bruno 
Le Maire (15% à 17%). 
    Depuis lundi dernier et l'officialisation de sa candidature, 
fidèle à sa stratégie d'occupation du terrain médiatique, 
l'ancien chef de l'Etat multiplie les interventions pour tenter 
de combler son retard sur le maire de Bordeaux. 
    Il s'appuie notamment sur le climat créé par les attentats 
djihadistes de l'été, en particulier celui de Nice qui a fait 86 
morts le 14 Juillet, et sur la polémique créée par les arrêtés 
d'une trentaine de maires interdisant de plage les musulmanes 
revêtues d'un maillot de bain intégral, le "burkini".  
    "Je ne serai pas le candidat des compromis bancals, des 
demi-solutions et des dénis de réalité, sur l'immigration comme 
sur le reste !" a lancé samedi Nicolas Sarkozy à la tribune du 
Campus des Jeunes Républicains, au Touquet (Pas-de-Calais). 
    Il s'est présenté en défenseur de l'identité nationale. 
"Certains la voient heureuse", a-t-il dit en faisant allusion à 
un thème de campagne d'Alain Juppé ; "d'autres, comme moi, la 
voient avec un regard malheureusement plus réaliste." 
     
    "L'AUTORITÉ N'EST PAS L'AGITATION"  
    Et d'entonner ce qui s'annonce comme un leitmotiv de sa 
campagne : "Il n'y a pas de compromis raisonnable avec l'islam 
politique et avec l'islam radical." 
    Autant d'attaques à peine voilée contre son principal rival, 
qui refuse pour sa part de "jeter de l'huile sur le feu". 
    "Je refuserai toujours d'instrumentalisme les peurs, de 
flatter les bas instincts", a répliqué samedi le maire de 
Bordeaux devant environ 1.500 militants rassemblés sur l'île des 
Impressionnistes, à Chat, dans les Yvelines.   
    Invité dimanche du Grand Rendez-vous Europe 1-iTELE-Les 
Echos, il s'est efforcé de peaufiner une image en contrepoint de 
celle de Nicolas Sarkozy.   
    Il a ainsi fait valoir que l'"autorité (n'était) pas 
l'agitation" et défendu le principe d'une "modération" qui n'est 
pas pour autant "le compromis". 
    "La modération, ce n'est pas facile. C'est extrêmement 
difficile de garder son sang froid, de garder son équilibre et 
de proposer des solutions équilibrées", a-t-il insisté. "La 
société française est sous tension ; eh bien ce dont elle a 
besoin c'est d'un homme qui la rassure et qui la rassemble." 
    En troisième position dans les sondages pour la primaire de 
la droite et du centre, l'ancien ministre Bruno Le Maire s'est 
efforcé de renvoyer dos à dos Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, 
lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.   
   "Je vois d'un côté des discours toujours plus durs, toujours 
plus violents, toujours plus brutaux, qui se solderont 
inéluctablement par toujours plus de déceptions, et de l'autre 
côté, l'immobilité heureuse", a-t-il dit. "Eh bien je pense 
qu'entre ces deux options, il y a de la place pour un espoir." 
    Interrogé par BFM TV, Laurent Wauquiez, proche de Nicolas 
Sarkozy qui lui a confié la présidence par intérim du parti Les 
Républicains (LR) a souhaité que les candidats à la primaire 
évite les "coups bas". 
    "Ça ne peut pas être un pugilat de petites phrases", a-t-il 
dit. Reste à savoir s'il sera entendu.  
 
 
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