SYNTHESE-Face à l'Iran, les pays sunnites serrent les rangs

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    * Après Ryad, Bahreïn et le Soudan rompent avec l'Iran 
    * Colère dans le monde chiite 
    * Manifestations en Irak, deux mosquées sunnites attaquées 
    * Téhéran accuse les Saoudiens d'attiser les tensions 
    * Les prix du pétrole en hausse de 2% 
 
    par Sam Wilkin 
    DUBAI, 4 janvier (Reuters) - La crise diplomatique entre 
pays sunnites, alliés de la monarchie saoudienne, et l'Iran 
s'est aggravée lundi, Bahreïn et le Soudan ayant annoncé la 
rupture de leurs relations diplomatiques avec Téhéran. 
    L'Arabie saoudite a rompu dès dimanche avec la République 
islamique pour dénoncer l'attaque la nuit précédente de son 
ambassade à Téhéran par des manifestants qui protestaient contre 
l'exécution du cheikh Nimr al Nimr, figure de la contestation 
chiite dans le royaume wahhabite. 
    Egalement alliés de Ryad, les Emirats arabes unis (EAU) ont 
annoncé pour leur part qu'ils abaissaient le niveau de leur 
représentation diplomatique en Iran, où va seulement demeurer un 
chargé d'affaires, et qu'ils réduisaient le nombre de diplomates 
iraniens dans les Emirats. 
    Cette crise ravive la rivalité dans la région entre l'Iran 
et l'Arabie saoudite, alors que la guerre fait rage en Irak, en 
Syrie et au Yémen sur fond de lutte d'intérêts entre chiites et 
sunnites. 
    En Arabie saoudite, dans la Province orientale où vivent de 
nombreux chiites et d'où était originaire le cheikh Nimr, des 
tirs ont fait un mort dimanche soir. Le chef de la diplomatie 
saoudienne Adel al Djoubeir a accusé l'Iran de mettre en place 
des "cellules terroristes" dans le royaume.   
    En Irak, dans la province de Hilla, au sud de Bagdad, deux 
mosquées sunnites ont été partiellement détruites par des 
explosions.   
    Des milliers de manifestants ont défilé lundi à Bagdad et 
dans les villes du sud du pays, peuplé de chiites. Dans la 
capitale, la foule s'est rassemblée près de la "zone verte" 
fortifiée où se trouve l'ambassade saoudienne en brandissant des 
portraits du cheikh Nimr.  
     
    MANIFESTATIONS CHIITES EN IRAK 
    Un groupe qui tentait de forcer le passage a été repoussé 
par les forces de sécurité. 
    D'autres manifestations ont été organisées à Bassorah et 
dans les villes saintes chiites de Nadjaf et Kerbala. 
    "Vous avez tué le cheikh Nimr et c'est pour vous le début de 
la fin", scandaient les manifestants à l'adresse de la famille 
royale saoudienne.   
    Au Yémen, où les insurgés chiites houthis affrontent depuis 
plusieurs mois les loyalistes qui sont appuyés par une coalition 
conduite par les Saoudiens, les forces gouvernementales ont 
annoncé l'instauration d'un couvre-feu nocturne à Aden, le grand 
port du sud du pays, au lendemain de combats dans un quartier de 
la ville.  ID:nL8N14O1HG  
    L'Iran a quant à lui affirmé que les Saoudiens prenaient 
prétexte de l'attaque de leur ambassade à Téhéran pour faire 
monter la tension.   
    Conséquence de cette crise, les prix du pétrole ont grimpé 
de près de deux pour cent et les bourses du Golfe étaient en 
baisse, celle du Qatar perdant notamment plus de 2,5%. 
    La Chine s'est inquiétée de la rupture des relations entre 
l'Arabie saoudite et l'Iran, qui pourrait conduire à une 
intensification des conflits au Moyen-Orient.   
    La France a appelé les deux pays rivaux à la désescalade. 
  
    La Russie a fait part de ses "profondes inquiétudes" face à 
l'aggravation de la situation et a également appelé Ryad et 
Téhéran à la retenue, tout en rappelant que rien ne pouvait 
justifier l'attaque d'une représentation diplomatique dans un 
pays étranger. 
 
 (Avec Katie Paul, Noah Browning, Tom Perry à Beyrouth, Maher 
Chmaytelli et Saif Hameed à Bagdad; Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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