SYNTHESE Europe-L'industrie en panne, de mauvais augure pour le PIB

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    * Baisse inquiétante de la production industrielle 
française, britannique et italienne 
    * Plus forte baisse depuis août 2014 pour la production 
allemande 
    * Inquiétudes avant le PIB trimestriel de la zone euro 
vendredi 
 
    par Andy Bruce et Gavin Jones 
    LONDRES/ROME, 10 février (Reuters) - Les quatre premières 
économies européennes ont subi en décembre une baisse bien plus 
sévère que prévu de leur production industrielle, un nouveau 
signe d'inquiétude pour l'économie mondiale qui peine à 
maintenir son rythme de croissance. 
    Après la baisse inattendue annoncée en Allemagne mardi, la 
France, le Royaume-Uni et l'Italie ont à leur tour fait état 
mardi d'une production industrielle en berne, suscitant des 
interrogations sur l'ampleur de la reprise sur le Vieux 
Continent en 2016. 
    Les chiffres font monter la pression sur la Banque centrale 
européenne (BCE) pour qu'elle adopte de nouvelles mesures de 
relance monétaire lors de sa réunion le mois prochain.  
    La semaine dernière, la Banque d'Angleterre a revu à la 
baisse ses prévisions de croissance mais a dit qu'elle 
s'attendait toujours à ce que la prochaine modification de ses 
taux d'intérêt soit à la hausse plutôt qu'à la baisse. 
    La production industrielle du Royaume-Uni a subi en décembre 
sa plus forte contraction mensuelle depuis septembre 2012, en 
raison notamment du recul de l'extraction minière, pétrolière et 
gazière et de la production manufacturière.   
    La production industrielle de la France s'est elle 
contractée de 1,6%, bien plus que prévu, sous l'impact d'une 
nouvelle baisse de la production d'énergie mais aussi de reculs 
importants dans l'automobile ou les équipements électriques et 
électroniques.   
    L'activité manufacturière est à la peine dans toute l'Europe 
face à une demande des pays émergents qui s'affaisse, en Chine 
notamment. 
    "J'aimerais étendre ce cas et dire que les mauvais chiffres 
de la production industrielle se voient dans le monde entier. Si 
on regarde les Etats-Unis, c'est aussi une certaine tendance qui 
se dégage depuis quelques trimestres", observe Rob Carnell, 
économiste en chef à ING. 
    "Il faut bien constater que les pays auxquels nous vendons 
ne se portent pas si bien, et ces pays sont les marchés 
émergents." 
    Les mauvais chiffres de l'industrie font craindre que le 
produit intérieur brut de la zone euro au quatrième trimestre, 
attendu vendredi, soint inférieur aux attentes. Les économistes 
attendent en moyenne une croissance de 0,3%. 
    Le gouverneur de la Banque de France Francois Villeroy de 
Galhau a souligné mercredi la solidité de la demande intérieure 
française, qui n'est pas affectée par les turbulences du marché, 
a-t-il dit.   
    En dépit de ces chiffres peu encourageants, les marchés 
boursiers européens ont rebondi mercredi après sept séances de 
baisse, en lien avec de moindres inquiétudes quant à la santé 
des banques et une remontée du prix du pétrole. 
     
    INQUIÉTUDES POUR LE PIB 
    Si la Grande-Bretagne bénéficie depuis quelques années d'un 
taux de croissance parmi les plus élévés au sein des économies 
avancées, elle dépend lourdement de son secteur des services, ce 
qui compromet une reprise équilibrée. 
    Le secteur manufacturier n'a pas contribué à la croissance 
britannique en 2015, et les derniers chiffres n'augurent pas 
mieux pour 2016. 
    La production industrielle britannique a subi en décembre 
une contraction de 1,1%, bien plus forte que le repli de 0,1% 
qu'attendaient en moyenne les économistes, après déjà un recul 
de 0,8% en novembre. 
    La production française a quant à elle baissé de 1,6%, alors 
que les estimations des économistes s'échelonnaient entre -1,0% 
et +0,6%, tandis que celle de l'Italie a connu deux mois 
consécutifs de baisse pour la première fois depuis 2014. 
    "L'un dans l'autre, les chiffres d'aujourd'hui dénotent un 
trimestre décevant pour l'industrie de la zone euro. En 
conséquence, nous avons révisé à la baisse notre prévision de 
croissance pour la zone euro, à +0,2%", a dit Jack Allen, 
économiste pour Capital Economics. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 
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