SYNTHESE-En crise politique, la GB s'avance vers l'inconnue du Brexit

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    * Les négociations débutent lundi à Bruxelles 
    * May est fragilisée par son pari électoral perdu 
    * Sa stratégie de "Brexit dur" est contestée 
    * Davis assure que la GB quittera sans aucun doute l'UE 
 
    par Guy Faulconbridge 
    LONDRES, 18 juin (Reuters) - Sans stratégie claire et sans 
même être sûre de conserver son poste, la Première ministre 
britannique Theresa May va entamer lundi les difficiles 
négociations en vue du divorce avec l'Union européenne, 
déterminantes pour l'avenir du Royaume-Uni. 
    Il y a encore quelques semaines, personne n'imaginait que 
Theresa May puisse se présenter aussi affaiblie devant ses 
homologues européens. C'était compter sans une crise politique 
majeure qu'elle a elle-même provoquée en convoquant des 
élections législatives anticipées. 
    Loin de lui apporter le mandat populaire clair que lui 
promettaient les sondages initiaux, ce scrutin a vu le Parti 
conservateur perdre sa majorité absolue, le plaçant à la merci 
d'une alliance avec les extrémistes du Parti unioniste d'Irlande 
du Nord pour se maintenir au pouvoir. 
    Au terme d'une campagne unanimement jugée désastreuse, la 
déconvenue électorale a été telle que la stratégie du "Brexit 
dur" de Theresa May est publiquement critiquée par certains de 
ses ministres, parlementaires et alliés au moment d'entamer les 
négociations. 
    Leur coup d'envoi sera formellement donné lundi à Bruxelles 
à 09h00 GMT.   
    Malgré la porte entrouverte cette semaine par la France et 
l'Allemagne à un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne 
(UE), le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, a 
assuré dimanche que Londres n'avait aucune intention de remettre 
en cause le vote des Britanniques lors du référendum du 23 juin 
2016. 
    "Au moment où je me dirige vers Bruxelles pour ouvrir les 
discussions officielles sur la sortie de l'UE, il ne doit pas y 
avoir le moindre doute: nous allons quitter l'Union européenne 
et mettre en oeuvre le résultat du référendum historique", a 
indiqué David Davis dans un communiqué. 
    "Partir nous donne l'occasion de doter le Royaume-Uni d'un 
nouvel avenir brillant, un avenir dans lequel nous serons libres 
de contrôler nos frontières, d'adopter nos propres lois et de 
faire ce que font les pays souverains", a ajouté ce fervent 
partisan du Brexit.   
     
    HAMMOND VEUT UNE TRANSITION EN DOUCEUR 
    Le Royaume-Uni a moins de deux ans, jusqu'en mars 2019, pour 
négocier les termes de son divorce avec l'UE et élaborer les 
grandes lignes de leur futur partenariat. 
    David Davis a reconnu dimanche que les discussions seraient 
"difficiles" tout en disant aborder de "manière constructive" 
son premier entretien avec Michel Barnier, le négociateur en 
chef de l'UE. 
    Mais c'est surtout dans le flou le plus total que Londres va 
entamer ces négociations cruciales pour son avenir, l'autorité 
de Theresa May, déjà ébranlée par son pari électoral perdu, 
l'ayant été un peu plus par sa gestion calamiteuse de l'incendie 
qui a fait au moins 58 morts dans une tour HLM de Londres cette 
semaine. 
    Le ministre des Finances, Philip Hammond, a apporté sa 
pierre à l'édifice chancelant dimanche en plaidant pour une 
transition en douceur pour éviter que la sortie du marché unique 
et de l'Union douanière ne s'apparente à un "saut du haut de la 
falaise". 
    "Quand je parle d'un Brexit qui soutienne les emplois, les 
investissements et l'économie britanniques, je parle d'un Brexit 
qui évite ce 'saut de la falaise'", a insisté Philip Hammond, 
qui avait milité pour le maintien dans l'UE pendant la campagne 
référendaire, au micro de la BBC.   
    Si l'économie britannique a jusqu'à présent résisté bien 
mieux que prévu, elle commence à montrer des signes de faiblesse 
et les investisseurs soulignent que les incertitudes actuelles 
les obligent à se préparer à toutes les éventualités, y compris 
celle de négociations se terminant sans accord. 
    "Tout est sans dessus dessous", soupire un responsable d'une 
société cotée au FTSE 100 chargé de la préparer aux conséquences 
du Brexit. "C'est un peu le bazar en ce moment car il y a 
beaucoup de manoeuvres et de positions changeantes." 
         
 
 (Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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  • opelin il y a 6 mois

    Ça rappelle la dissolution de Chira.c et le merdi.er qui s'en est suivi ...