SYNTHESE-Ebola-Le Mali renforce les mesures, le Liberia lève l'état d'urgence

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par James Harding Giahyue et Tiemoko Diallo BAMAKO/MONROVIA, 14 novembre (Reuters) - Le Mali s'emploie à renforcer les mesures destinées à contenir la propagation de la fièvre Ebola mais n'a pas pour l'heure l'intention de fermer ses frontières, bien qu'au moins un malade soit décédé après être arrivé de Guinée, ont déclaré jeudi des responsables des services de santé. Signe d'espoir pour l'Afrique de l'Ouest, le Liberia, pays qui a été le plus touché par l'épidémie, mais où le nombre de nouveaux cas diminue, a annoncé jeudi qu'il ne prorogerait pas l'état d'urgence qui a été en vigueur du mois d'août jusqu'au début novembre. Le couvre-feu nocturne restera en vigueur mais l'état d'urgence lui-même, qui a permis de restreindre les déplacements dans les régions les plus touchées, est levé. La présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, a motivé cette décision par les "progrès que nous avons constatés, conjugués à diverses mesures et aux interventions en cours". Le Liberia déplore plus de 2.800 décès dus à Ebola, sur un total de 5.160 morts dans le monde (presque essentiellement en Afrique de l'Ouest) depuis le début de l'épidémie en mars. Mais les incidences diminuent en Guinée et au Liberia, alors même qu'elles sont en nette augmentation en Sierra Leone, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a fait état d'un total de 14.068 cas dans la région depuis mars. Dans la semaine du 2 au 9 novembre, 421 nouveaux cas ont été enregistrés en Sierra Leone, notamment dans l'ouest et le nord de ce pays, et la fièvre hémorragique s'étend vite dans la capitale Freetown, ainsi que dans le sud-ouest de la Guinée près de la frontière libérienne, note l'OMS. Un chirurgien contaminé par la maladie en Sierra Leone doit être rapatrié aux Etats-Unis et admis à l'hôpital universitaire du Nebraska, a rapporté jeudi la chaîne de télévision CBS. Ce chirurgien est originaire de Sierra Leone mais vit aux Etats-Unis. ECHANGE D'INFORMATIONS A Bamako au Mali, la fièvre Ebola a été diagnostiquée jeudi chez un médecin de la clinique Pasteur, où, mardi, un infirmier de 25 ans était décédé de cette maladie après avoir soigné un imam venu de Guinée. Une femme en traitement à l'hôpital Gabriel Touré de Bamako a elle aussi subi un test positif à la maladie d'Ebola, a-t-on appris jeudi. Le Mali déplore officiellement deux décès de la fièvre hémorragique depuis octobre, mais au total, quatre décès ont été attribués à la maladie. Plus de 90 personnes sont placés en quarantaine dans la capitale depuis la mort mardi de l'infirmier, et les professionnels de santé s'emploient à retrouver un nombre indéterminé de personnes qui ont été en contact avec les malades. "Le président de la République a demandé au Premier ministre de revoir sans complaisance l'ensemble du système mis en place dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la maladie à virus Ebola, et de renforcer les contrôles et le cordon sanitaire aux différents postes frontaliers", a fait savoir le gouvernement malien dans un communiqué. Le président Ibrahim Boubacar Keïta a par ailleurs demandé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), aux services de santé maliens et aux pays voisins du sien de mettre en place un mécanisme permanent d'échange d'informations sur la santé publique et l'hygiène. (avec Sandra Maler et Dan Whitcomb à Washington; Eric Faye pour le service français)

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