SYNTHESE-Des soldats irakiens à deux km de Mossoul, réunion à Paris

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    * Autour de 90 localités reprises à l'EI autour de Mossoul 
    * Les djihadistes contrôlent la moitié de Routba 
    * L'EI a commis des exactions dans les environs de Mossoul 
    * Réunion de 13 ministres de la Défense à Paris 
 
    par Stephen Kalin et Maher Chmaytelli 
    A L'EST DE MOSSOUL/BAGDAD, 25 octobre (Reuters) - Au 
neuvième jour de la "bataille de Mossoul", une unité d'élite 
irakienne est parvenue mardi à seulement deux kilomètres de la 
grande ville tenue par les djihadistes de l'Etat islamique, mais 
a cessé sa progression afin d'attendre l'arrivée de renforts et 
de consolider les positions conquises. 
    Depuis le déclenchement de l'offensive, autour de 90 
localités ont été reprises à l'EI, selon l'armée irakienne. La 
ligne de front ne se trouve qu'à quelques kilomètres à l'est de 
Mossoul, mais, côté sud, elle n'est encore à 30 km de cette 
ville, aux mains de l'EI depuis la mi-2014. 
    Dans l'espoir de desserrer le noeud coulant passé autour de 
Mossoul, les djihadistes font diversion, menant des 
contre-attaques en plusieurs endroits, comme à Kirkouk ou à 
Routba, à 450 km au sud-ouest. L'EI s'est emparé d'une moitié de 
cette ville en plein désert, sur la route qui mène à la 
Jordanie.   
    L'opération de diversion lancée en fin de semaine dernière 
par l'EI à Kirkouk, ville tenue par les peshmergas (combattants 
kurdes) au coeur d'une région pétrolifère, a montré par sa 
férocité et son organisation à quel point la bataille de Mossoul 
risquait de s'avérer féroce et longue.   
    Les forces de sécurité pensent que des "cellules dormantes" 
ont soutenu, de l'intérieur de Kirkouk, l'opération menée par 
l'EI. Aussi les autorités locales ont-elles entrepris d'expulser 
des sunnites de crainte qu'ils ne puissent servir de complices 
aux djihadistes.  
    Plusieurs centaines de familles arabes sunnites qui 
s'étaient réfugiées dans la province de Kirkouk pour fuir le 
conflit ont commencé à partir après avoir été sommées dimanche 
de le faire, ont rapporté mardi des coopérants humanitaires et 
des habitants. 
     
    L'EI ACCUSÉ D'EXACTIONS 
    Si une unité d'élite irakienne (CTS) est parvenue à deux 
kilomètres de Mossoul, les combats à venir risquent d'être 
considérablement plus difficiles et meurtriers, étant donné la 
présence de civils. On estime à 1,5 million le nombre de civils 
toujours dans la ville et dans le pire des scénarios, l'Onu 
craint un exode d'un million d'habitants. 
    Les affrontements, à en croire des agences humanitaires de 
l'Onu, ont contraint d'ores et déjà 9.000 personnes à fuir leurs 
habitations. Le porte-parole du Haut commissaire aux droits de 
l'homme de l'Onu a fait état d'exactions de l'EI autour de 
Mossoul, parlant de dizaines de tués au cours de la semaine 
dernière.  
    Les forces de sécurité irakiennes ont, selon lui, découvert 
jeudi dernier les corps de 70 civils dans des habitations du 
village de Touloul Nasser, au sud de Mossoul. Les djihadistes 
auraient en outre tué 50 ex-policiers dimanche dans les environs 
de la deuxième ville d'Irak.   
    Face à la complexité de la situation, 13 ministres de la 
Défense occidentaux se sont réunis mardi à Paris pour faire le 
point sur l'opération de reconquête de Mossoul et envisager les 
scénarios possibles, y compris à Rakka, la capitale 
autoproclamée de l'EI en Syrie.  
    La réunion des ministres de 13 pays (France, Etats-Unis, 
Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Espagne, 
Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark et Norvège), les 
plus engagés militairement dans la coalition anti-EI, est la 
cinquième depuis le mois de janvier.  
    La reconquête de Mossoul "n'est pas une fin en soi car nous 
devons d'ores et déjà anticiper les conséquences de la chute" de 
la ville, a dit François Hollande à l'ouverture de la 
réunion  
 
 (Avec Saïf Hamid et avec Marine Pennetier à Paris; Eric Faye 
pour le service français) 
 
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