SYNTHESE-Début de retrait russe en Syrie, espoirs à Genève

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    par Dmitry Solovyov, Tom Miles et Gabriela Baczynska 
    MOSCOU/GENEVE, 15 mars (Reuters) - Des avions de guerre 
russes ont commencé mardi à quitter la Syrie, conformément au 
plan de retrait annoncé la veille par Vladimir Poutine, un 
événement susceptible d'avoir un impact positif sur le 
déroulement des pourparlers de paix ouverts à Genève, selon 
l'émissaire des Nations unies. 
    L'atterrissage en Russie du premier avion en provenance de 
Syrie a été salué par Staffan de Mistura comme un "événement 
significatif" et il a dit espérer que la décision de Moscou 
serait un pas en direction d'une transition pacifique et 
politique en Syrie.   
    L'annonce du président russe incite l'opposition syrienne à 
espérer que Moscou fasse pression sur Damas pour que le régime 
syrien accepte le principe de la négociation politique.  
    Le gouvernement de Bachar al Assad a de son côté assuré 
qu'il n'y avait aucune divergence avec Moscou et que le retrait 
russe avait été coordonné. Bouthaina Chaabane, conseillère du 
président syrien, l'a qualifié mardi d'étape naturelle et a dit 
souhaiter que les Etats-Unis "exercent une pression plus forte 
sur ceux qui s'opposent au règlement de la situation en Syrie". 
    L'Union européenne a de son côté jugé que toutes les 
décisions susceptibles de réduire la violence avaient leur 
importance, à plus forte raison au moment où rouvrent les 
négociations de Genève. 
    Ce nouveau cycle de discussions, rouvertes sous l'impulsion 
de Washington et de Moscou, vise à trouver une solution 
politique au conflit, qui dure depuis cinq ans, a fait plus de 
250.000 morts et déplacé des millions de Syriens. 
    Toutes les parties acceptent le principe d'une transition 
politique mais les représentants du régime et de l'opposition 
sont en désaccord sur le sort de Bachar al Assad. Le 
gouvernement syrien a prévenu que le maintien de ce dernier à la 
tête du régime était une "ligne rouge".   
    L'opposition syrienne exige au contraire que le chef d'Etat 
syrien quitte le pouvoir dès le commencement du processus 
politique. 
     
    DOUTES 
    Commencée fin septembre, la campagne aérienne russe a 
surtout visé les insurgés qui combattent le régime dans l'ouest 
de la Syrie, permettant, avec le soutien du Hezbollah et de 
militaires iraniens, de desserrer l'emprise de la rébellion sur 
Damas. 
    Cette offensive a permis aux forces gouvernementales de 
reprendre des territoires, près des frontières turques et 
jordaniennes, notamment. 
    Le retrait des forces russes ne convainc toutefois pas tous 
les acteurs du conflit. Le porte-parole d'un groupe rebelle qui 
lutte contre l'armée syrienne à Lattaquié, où les combats se 
sont poursuivis malgré la trêve, a dit ne pas croire que le 
retrait russe aurait de répercussion sur leur position. 
    "Nous ne les croyons pas", a dit Fadi Ahmad, porte-parole 
des insurgés de la Première division côtière, une composante de 
l'Armée syrienne libre (ASL). 
    A Genève, également, l'opposition fait part de ses doutes. 
Salim al Muslat, porte-parole du Haut comité des négociations 
(HCN), principale représentation de l'opposition, a dit "avoir 
entendu" l'information tout en soulignant "qu'entendre était 
différent de ce que l'on pouvait percevoir sur le terrain". 
    Un retrait russe pourrait toutefois avoir de grandes 
conséquences car c'est selon lui la présence russe qui a permis 
de maintenir Assad au pouvoir. 
    Il a indiqué par ailleurs que le HCN n'était "pas contre" 
des discussions directes avec le gouvernement syrien. "Nous ne 
sommes pas contre des discussions directes, mais, vous savez, De 
Mistura a choisi de commencer avec des discussions indirectes." 
     
    OBJECTIFS ATTEINTS 
    L'armée russe reste présente sur le terrain, dans le secteur 
de Palmyre notamment où elle appuie une offensive de l'armée 
gouvernementale contre l'organisation Etat islamique (EI). 
    Vladimir Poutine et Barack Obama se sont entretenus lundi 
par téléphone pour évoquer le dossier syrien et le Kremlin a 
rapporté que les deux dirigeants sont convenus de réclamer "une 
intensification du processus visant au règlement pacifique" du 
conflit. 
    Le président russe a expliqué que Moscou avait largement 
atteint ses objectifs en Syrie mais n'a pas fixé de calendrier 
précis de retrait des troupes et a prévenu que la base navale 
russe de Tartous et la base aérienne de Hmeymime, dans la 
province de Lattaquié, continueront à de fonctionner 
normalement. 
    Il est également prévu que des systèmes de défense sol-air 
S-400 restent en Syrie. 
    Selon un diplomate occidental, le président russe devrait 
désormais se focaliser sur "les discussions de paix et cela 
devrait exercer une pression sur le gouvernement syrien pour 
qu'il accepte de négocier". 
    "Nous ne savons pas s'il abandonne Assad mais nous savons 
que les Russes adressent à Assad un message selon lequel ils ont 
la volonté de voir se poursuivre les discussions sur la 
transition", a dit le diplomate. 
 
 (Avec Jack Stubbs à Moscou, Dan Williams à Jérusalem, Gabriela 
Baczynska à Bruxelles et Stephanie Nebehay à Genève; Nicolas 
Delame pour le service français) 
 
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