SYNTHESE-Damas refuse de parler du sort d'Assad à Genève

le , mis à jour à 20:56
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    * Le gouvernement syrien confirme sa présence à Genève 
    * Il refuse de parler du sort d'Assad et d'un scrutin 
présidentiel 
    * L'opposition accuse Damas de torpiller ainsi les 
discussions 
    * Critiques contre l'émissaire de l'Onu 
 
    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 12 mars (Reuters) - Le gouvernement syrien a 
confirmé samedi sa participation aux négociations de paix qui 
doivent s'ouvrir lundi à Genève mais a exclu toute discussion 
sur le sort de Bachar al Assad et l'organisation d'un scrutin 
présidentiel. 
    Le Haut Conseil des négociations (HCN), principale coalition 
de l'opposition, a accusé Damas de torpiller ainsi les 
discussions avant même qu'elles ne commencent. 
    Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al 
Moualem, a souligné lors d'une conférence de presse à Damas que 
l'opposition se faisait des "illusions" si elle pensait pouvoir 
mettre sur la table à Genève l'avenir du président Assad. 
    Les rebelles, a-t-il ajouté, se trompent lourdement s'ils 
pensent "prendre à Genève le pouvoir qu'ils n'ont pas pu gagner 
par les armes sur le terrain". 
    Le chef de la diplomatie syrienne a critiqué l'émissaire des 
Nations unies, Staffan de Mistura, qui a déjà présenté un ordre 
du jour des négociations et annoncé une élection présidentielle 
en Syrie dans dix-huit mois. 
    Walid al Moualem a demandé au représentant des Nations unies 
de conserver "neutralité et objectivité".   
    "La délégation gouvernementale repoussera toute tentative de 
mettre cette question (de l'élection  présidentielle) à l'ordre 
du jour", a-t-il averti. "Nous ne discuterons pas avec des gens 
qui parlent de la présidence (...) S'ils (les opposants) ont 
cela en tête, je leur conseille de ne pas venir à ces 
négociations." 
     
    FORTES DIVERGENCES 
    Les délégués de Damas, a poursuivi Moualem, seront dès 
dimanche à Genève mais n'attendront pas plus de vingt-quatre 
heures que les discussions débutent. Passé ce délai, ils 
repartiront si l'opposition ne se présente pas. 
    Ce que le gouvernement syrien entend par "transition 
politique", a-t-il précisé, c'est une période qui doit permettre 
l'élaboration d'une nouvelle Constitution et la formation d'un 
nouveau gouvernement, avec la participation de l'opposition. 
    L'opposition syrienne veut que les discussions soient 
centrées sur l'établissement d'un organe gouvernemental de 
transition qui disposerait des pleins pouvoirs exécutifs. Elle 
rejette l'idée de se joindre à un gouvernement syrien élargi. 
    "Nous sommes venus pour avoir un organisme de transition 
sans Assad au pouvoir", a déclaré à Genève à l'agence de presse 
russe RIA Mohamed Allouche, qui dirige le bureau politique du 
groupe rebelle Djaïch al Islam (Armée de l'islam). 
    En réponse aux propos de Walid al Moualem, le HCN a accusé 
Damas de mettre fin aux discussions avant même qu'elles aient 
commencé. 
     
    LES KURDES EXCLUS DES DISCUSSIONS 
    "Je crois qu'il (Moualem) porte un coup fatal à Genève, 
c'est clair", a déclaré Monzer Makhous, membre du HCN, à la 
chaîne de télévision Al Arabiya al Hadass. "Moualem arrête les 
pourparlers avant même qu'ils ne commencent." 
    Le ministre syrien des Affaires étrangères a souligné 
l'engagement du gouvernement syrien à respecter l'accord de 
"cessation des hostilités" mis au point par Washington et 
Moscou, qui a permis de réduire le niveau de violence dans 
l'ouest de la Syrie depuis son entrée en vigueur il y a deux 
semaines. 
    Les Kurdes syriens du PYD (Parti de l'Union démocratique) 
sont exclus des négociations de Genève, comme le voulait la 
Turquie. 
    Walid al Moualem, lors de sa conférence de presse, a 
pourtant affirmé que l'armée syrienne et les Kurdes étaient 
"dans la même tranchée" face aux djihadistes de l'Etat islamique 
(EI). 
    Il a néanmoins repoussé l'idée d'une solution "fédérale" 
pour mettre fin au conflit, avancée par le PYD et par un 
ministre russe. 
    La guerre en Syrie a fait plus de 250.000 morts depuis cinq 
ans.  
    Le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 février, à 
l'initiative des Etats-Unis et de la Russie, est globalement 
respecté. Le ministère russe de la Défense a cependant fait état 
samedi de dix violations de la trêve durant les dernières 
vingt-quatre heures et l'opposition syrienne a annoncé avoir 
abattu un avion de combat dans la province de Hama, dans l'ouest 
du pays. 
 
 (Avec Omar Fahmy au Caire; Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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