SYNTHESE-Couac à gauche dans l'Est, la ligne Sarkozy contestée

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    * La liste dans le Grand Est désobéit au Parti socialiste 
    * Valls accuse Sarkozy de courir après l'extrême droite 
    * L'ancien président promet une clarification après le 
second tour 
 
    PARIS, 8 décembre (Reuters) - La liste socialiste dans le 
Grand Est de la France a désobéi mardi aux instances nationales 
du parti en refusant de se retirer dans une troisième région 
pour faire barrage au Front national au second tour des 
régionales de dimanche prochain. 
    La majorité des membres de la liste PS en 
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine ont refusé de subir le même 
sort que leurs homologues en Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans 
le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui disparaîtront de la scène 
politique régionale pendant les six prochaines années. 
    Les règles permettent de confirmer la liste puisque seuls 71 
colistiers sur 189 se sont désistés auprès de la préfecture 
jusqu'à 18h00 -- il en fallait 95 pour que l'invalidation 
devienne automatique.  L8N13X3T7  
    Les pressions du Premier ministre Manuel Valls et du premier 
secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis n'ont donc pas payé, 
pas plus que les appels des colistiers de Jean-Pierre Masseret. 
    "Je demande que Jean-Pierre Masseret, en son âme et 
conscience, entende l'appel des militants socialistes et retire 
sa liste", a dit à la presse Pernelle Richardot, tête de liste 
départementale dans le Bas-Rhin. 
    La liste est arrivée en troisième position du premier tour, 
dimanche, avec 16,11% des suffrages, loin derrière celles des 
Républicains (25,83%) et du Front national (36,06%). 
    Avant de connaître le résultat de ses appels dans le Grand 
Est, Manuel Valls avait de nouveau attaqué Nicolas Sarkozy. 
    Il a accusé l'ancien chef de l'Etat de "courir derrière 
l'extrême droite" après le refus des Républicains de créer un 
front pour le second tour des élections régionales. 
    "Quand on a été président de la République, quand on est 
chef d'un parti, on prend ses responsabilités", a-t-il souligné. 
"On fait des choix, on ne court pas derrière l'extrême droite et 
le Front national, on est au clair, on ne met pas au même niveau 
la gauche et l'extrême droite", a-t-il déclaré. 
     
    "SANG-FROID", DIT SARKOZY 
    Nicolas Sarkozy n'est pas seulement la cible des socialistes 
et a dû s'employer mardi à calmer ses troupes inquiètes. 
    Il a exhorté le groupe LR à l'Assemblée au "sang-froid" et à 
l'unité afin de gommer la "déception" du premier tour des 
régionales le 13 décembre prochain, tout en concédant qu'un 
débat sur la ligne des Républicains, réclamé par ses rivaux, 
s'imposerait après le scrutin.   
    Si les listes de droite sont arrivées dimanche dernier en 
tête dans quatre régions (Normandie, Pays de la Loire, 
Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes), elles n'ont pour l'heure 
que la certitude d'une victoire dans les Pays de la Loire. 
    En face, le Front national est en mesure de remporter au 
moins deux régions, celles où le PS s'est désisté, et la gauche 
pourrait, dans une hypothèse favorable, s'imposer dans une 
demi-douzaine de régions, voire plus. 
    En Bretagne, Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin et Corse, 
elle est en tête. Un bon report de voix au second tour pourrait 
la faire gagner en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, 
Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Ile-de-France. 
    Quant aux régions Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie et 
Pays-de-la-Loire, elles pourraient basculer à droite comme à 
gauche mais le total des voix de gauche est potentiellement 
supérieur. 
    La gauche s'est par ailleurs mise en ordre de bataille pour 
le second tour en concluant des accords d'union partout où 
c'était possible, sauf en Bretagne, où les listes emmenées par 
le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et celles d'Europe 
Ecologie-Les Verts n'ont pas réussi à trouver un compromis. 
    La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, a réagi 
sur Twitter en estimant que Jean-Yves Le Drian ne voulait pas 
d'accord et dénoncé "une attitude lamentable".   
    Le ministre de la Défense est quasiment assuré de l'emporter 
au deuxième tour en Bretagne après avoir largement devancé le 
candidat de la droite et du centre Marc Le Fur (23,46%) et le 
candidat du Front national Gilles Pennelle (18,2%). 
 
 (Service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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