SYNTHESE-Combats à Debaltseve, Kiev ne veut pas retirer ses armes lourdes

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* Kiev ne veut pas retirer ses armes lourdes de la ligne de front * L'Ukraine parle de 112 tirs séparatistes ces dernières 24 heures * Les rebelles accusent aussi Kiev de violations de la trêve * L'UE publie sa nouvelle liste de personnalités sous sanctions par Anton Zverev KIEV, 16 février (Reuters) - Les séparatistes pro-russes ont continué lundi de pilonner la ville encerclée de Debaltseve et Kiev a déclaré ne pas vouloir retirer ses armes lourdes de la ligne de front tant que le cessez-le-feu, théoriquement en vigueur depuis dimanche 00h00, serait violé. L'Union européenne a de son côté officialisé lundi une nouvelle liste de personnes physiques et morales, russes ou séparatistes ukrainiennes, frappées de sanctions, ce en quoi Moscou a vu une décision "inappropriée". Les affrontements se sont calmés en de nombreux points de l'est de l'Ukraine après l'entrée en application de la trêve, conformément à ce que prévoyait l'accord de Minsk conclu jeudi dernier au terme de négociations marathon entre les dirigeant russe, allemand, ukrainien et français. Mais la trêve demeure lettre morte dans la partie du front où ont lieu les combats les plus intenses de ces dernières semaines, à savoir la poche de Debaltseve. Quelques heures après le début de la trêve, les séparatistes ont annoncé qu'ils n'avaient pas l'intention de la respecter dans ce secteur, où ils progressent depuis janvier et où les troupes régulières ukrainiennes sont quasiment encerclées. Washington affirme que l'opération séparatiste contre cette ville est appuyée par les forces armées russes, ce que nie Moscou. Debaltseve a une importance stratégique certaine pour les insurgés car ce noeud ferroviaire et routier se trouve à mi-chemin entre leurs grands bastions de Louhansk et Donetsk. ACCUSATIONS MUTUELLES DE VIOLATIONS Les séparatistes pro-russes se disent prêts à ouvrir un corridor pour permettre aux soldats ukrainiens assiégés de quitter Debaltseve, cela à condition qu'ils posent les armes (voir ID:nL5N0VQ2NJ ) Des journalistes de Reuters près du front ont rapporté lundi que Debaltseve était bombardé sans relâche par l'artillerie des séparatistes. Au moins six chars et des véhicules blindés de transport de troupe et des pièces d'artillerie ont été vus dans les bois près de Vouhlehirsk, localité à 10 km à l'ouest de Debaltseve dont les rebelles se sont emparés il y a une semaine. "Vous pouvez l'entendre, il n'y a pas de cessez-le-feu", a dit un combattant rebelle. "Debaltseve est à nous. Et nous prendrons Debaltseve", a-t-il ajouté. Les forces ukrainiennes ont essuyé des tirs séparatistes à 112 reprises au cours des dernières 24 heures, malgré la trêve, a affirmé lundi le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine. "Nous et l'armée ukrainienne, nous observons pleinement le régime de cessez-le-feu, mais malheureusement, ces dernières 24 heures, les terroristes de Donetsk et de Louhansk ont mené 112 attaques", a-t-il dit à Sofia où il est en visite. "Il s'agit de tirs d'artillerie, de mortier et de missiles Grad", a-t-il précisé. A Kiev, l'armée a déclaré déplorer la mort de cinq militaires et 25 blessés depuis le début de la trêve. LISTE DE SANCTIONS ALLONGÉE De son côté, le chef rebelle Edouard Bassourine a accusé l'armée ukrainienne d'avoir violé la trêve à 27 reprises au cours des dernières 24 heures (voir ID:nL5N0VQ1S0 ). De ce fait, le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriy Lyssenko, a dit que l'armée ukrainienne ne pourrait retirer ses propres armes lourdes - disposition prévue par l'accord de Minsk - tant que le cessez-le-feu ne serait pas respecté. "La condition préalable au retrait des armes lourdes est le respect du point n°1 des accords de Minsk, à savoir le cessez-le-feu. Les 112 attaques recensées (contre nous) ne sont pas l'illustration d'une trêve. Actuellement, nous ne sommes pas disposés à retirer les armes lourdes", a dit Lyssenko lors d'un point de presse à Kiev. A Berlin, le porte-parole de la chancellerie a jugé important que le retrait des armes lourdes commence comme prévu mardi. A Moscou, le ministère des Affaires étrangères a promis de riposter à la mise en oeuvre de la nouvelle liste de personnes et organisations frappées de sanctions par l'Union européenne. "Une chose est claire - la décision, qui sera suivie d'une riposte appropriée, est contraire au bon sens et n'aidera pas à la recherche d'une solution au conflit inter-ukrainien", a dit le ministère russe. La nouvelle liste de l'UE comporte 19 personnalités et neuf organisations frappées par une interdiction de visas et un gel de leurs avoirs. Parmi ces personnalités figurent un chanteur populaire russe, Iossif Kobzon, et deux vice-ministres russes de la Défense. (Eric Faye pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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