SYNTHESE -Cinq policiers tués à Dallas, un tireur voulait "tuer des Blancs"

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    * Le tireur, un réserviste noir, a été abattu par la police 
    * Il avait servi quelques mois en Afghanistan 
    * Trois personnes placées en garde à vue 
    * Obama condamne "un acte odieux et abject" contre la police 
 
 (Actualisé avec précision sur le suspect, déclaration d'Obama 
et Clinton) 
    par Lisa Maria Garza, Marice Richter et Ernest Scheyder 
    DALLAS, Texas, 9 juillet (Reuters) - Un réserviste noir de 
l'armée américaine qui, selon ses propres termes, voulait "tuer 
des Blancs" a ouvert le feu jeudi soir sur des policiers de 
Dallas, dont cinq ont été tués, à la fin d'une manifestation 
organisée pour dénoncer la mort de deux Noirs tués cette semaine 
par la police, rapportent les autorités. 
    Sept agents et deux civils ont été blessés. Le suspect a 
quant à lui été tué par un robot télécommandé porteur d'une 
bombe après avoir été encerclé par les forces de l'ordre.  
    Lors des longues négociations qui ont précédé, il a déclaré 
avoir agi seul et ne faire partie d'aucune organisation. La 
police avait parlé dans un premier temps de plusieurs tireurs. 
    Trois personnes ont été placées en garde à vue.  
    Le tireur tué par la police, identifié par les autorités 
sous le nom de Micah Xavier Johnson, était réserviste de 
l'armée, selon une source gouvernementale américaine. L'armée a 
par la suite précisé que ce Micah Xavier Johnson avait servi en 
Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014.  
    "Nous avons eu un échange de tirs avec le suspect. Nous 
n'avons pas eu d'autre choix que d'utiliser notre robot piégé", 
a dit le chef de la police de Dallas, David Brown, à la presse. 
    "Le suspect a dit qu'il était très affecté par les récentes 
fusillades policières (...) et qu'il en voulait aux Blancs. Il a 
affirmé qu'il voulait tuer des Blancs, en particulier des 
policiers blancs", a ajouté David Brown.  
    Trois autres suspects ont été arrêtés et l'hypothèse selon 
laquelle il y aurait eu d'autres tireurs n'a pas été 
formellement écartée. Selon plusieurs organes de presse, qui 
citent des sources policières, les enquêteurs pensent toutefois 
que Johnson a agi seul. 
    Le secrétaire d'Etat à la Sécurité intérieure Jeh Johnson a 
dit à New York à la presse que "pour le moment, il semble qu'il 
y ait eu un tireur, sans liens connus avec une organisation 
terroriste internationale ni inspiré par elle." 
    La police a fouillé la maison de Micah Johnson, dans la 
banlieue de Dallas, à Mesquite, et y a trouvé "du matériel 
servant à fabriquer des bombes, des gilets pare-balles, des 
fusils, des munitions ainsi qu'un journal détaillant ses 
tactiques de combat". Il n'avait pas d'antécédents judiciaires, 
a précisé la police. 
    Les tirs ont éclaté peu avant 21h00 (01h00 GMT) dans un 
quartier du centre de Dallas où se situent de nombreux 
restaurants, hôtels et bâtiments publics, à la fin d'une 
manifestation pacifique qui avait rassemblé plusieurs centaines 
de personnes pour dénoncer les violences policières après la 
mort de deux Noirs, abattus par des policiers blancs à Baton 
Rouge, en Louisiane, et Falcon Heights, dans le Minnesota. 
  
     
    "BLACK LIVES MATTER" CONDAMNE LA FUSILLADE 
    La fusillade a semé la panique parmi les manifestants avant 
de gagner les policiers qui ont cru être les cibles de plusieurs 
tireurs embusqués sur des toits ou au niveau du sol.  
    Dans un premier temps, David Brown a déclaré que plusieurs 
tireurs embusqués avaient "opéré de manière concertée avec des 
fusils, procédant à des tirs croisés à partir de positions 
élevées en différents points de la zone du centre-ville où la 
manifestation s'est achevée". 
    Il y a deux ans, la mort de Michael Brown, un jeune Noir de 
18 ans, à Ferguson, dans la banlieue de St Louis, avait 
déclenché des émeutes et marqué le début d'un vif débat aux 
Etats-Unis sur les violences policières à l'encontre des 
minorités et, au-delà, relancé la question raciale. 
    D'autres bavures policières, notamment à New York et 
Baltimore, avaient produit les mêmes scènes de colère et de 
protestation, conduit des organisations à dénoncer un "racisme 
institutionnalisé", et donné naissance à un nouveau mouvement de 
défense des droits civiques baptisé "Black Lives Matter" (La vie 
des Noirs compte).     
    Selon la police, le tireur présumé de Dallas était 
"bouleversé par Black Lives Matter". Sur son compte Twitter, le 
mouvement a condamné la fusillade, déclarant "défendre la 
dignité, la justice et la liberté. Pas le meurtre". 
    Johnson, qui habitait Mesquite, dans la banlieue de Dallas, 
a laissé un message samedi sur la page Facebook d'une 
organisation communautaire baptisée Black Panther Party 
Mississippi. "Pourquoi tant de Blancs (pas tous) prennent du 
plaisir à tuer des êtres innocents", a-t-il écrit. Sur sa propre 
page Facebook, on peut le voir le poing levé à la manière des 
Black Panthers.  
         
    TRUMP ET CLINTON ANNULENT LEURS MEETINGS 
    Barack Obama, en visite à Varsovie pour le sommet annuel de 
l'Otan, a condamné "un acte odieux, calculé et abject contre les 
forces de l'ordre." 
    "Nous savons aussi que quand les gens sont munis d'armes 
puissantes, les actes comme celui-ci sont plus meurtriers", a 
ajouté le président américain.  
    Selon son porte-parole Josh Earnest, les enquêteurs ont 
exclu l'hypothèse selon laquelle le tireur aurait eu des liens 
avec des organisations terroristes.  
    Donald Trump et Hillary Clinton, candidats à l'élection 
présidentielle du 8 novembre, ont annulé des meetings de 
campagne.  
    "Notre pays est devenu trop divisé. Trop d'Américains ont le 
sentiment d'avoir perdu espoir", a déclaré Donald Trump, qui 
briguera la présidence au nom du Parti républicain, dans un 
tweet, plaidant pour "un leadership fort, pour l'amour et la 
compassion." 
    Hillary Clinton a dit "porter le deuil des policiers abattus 
alors qu'ils effectuaient leur devoir". "Nous devons faire plus 
face aux préjugés et pour respecter et protéger notre police", a 
ajouté la démocrate dans un entretien accordé à CNN.  
    La police de Cleveland a pris des mesures de sécurité 
supplémentaires pour la convention républicaine qui aura lieu du 
18 au 21 juillet.  
    La fusillade de jeudi, dont le bilan est sans précédent pour 
les forces de l'ordre depuis les attentats du 11 septembre 2001, 
porte à 26 le nombre de policiers tués aux Etats-Unis depuis le 
début de l'année, soit une hausse de 44% par rapport aux 18 
policiers tués pendant la même période en 2015, selon le 
National Law Enforcement Officers Memorial Fund.  
    D'après un décompte du Washington Post, Philando Castile, 
mortellement blessé de quatre balles lors d'un banal contrôle 
routier mercredi soir dans le Minnesota, est quant à lui le 123e 
Noir américain abattu par la police en 2016. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français, édité par Julie Cariat et Danielle Rouquié) 
 
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