SYNTHESE-Chasse à l'homme au lendemain des attentats de Bruxelles

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    * Au moins 30 morts et 200 blessés dans des attaques contre 
l'aéroport et le métro de Bruxelles 
    * L'Etat islamique revendique les attentats 
    * La police traque un suspect repéré à l'aéroport de 
Bruxelles-Zaventem 
    * Sécurité renforcée en Europe et aux Etats-Unis 
 
    par Alastair Macdonald, Foo Yun Chee et Bate Felix 
    BRUXELLES, 23 mars (Reuters) - Au lendemain des attentats 
qui ont fait au moins 30 morts et plus de 200 blessés à 
l'aéroport et dans le métro de Bruxelles, la police belge traque 
un suspect répéré par des caméras de surveillance. 
    Les djihadistes ont frappé mardi vers 08h00 (07h00 GMT) à 
l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, faisant au moins 
dix morts, et, vers 09h10, dans la station de métro de Maelbeek, 
près des institutions européennes. Le bilan y est d'au moins 20 
tués. 
    Les attaques revendiquées par l'organisation Etat islamiste 
(EI) ont provoqué une nouvelle fois une onde de choc à travers 
l'Europe et dans le monde, d'où des messages de solidarité ont 
afflué vers Bruxelles tandis que les autorités relevaient le 
niveau d'alerte et renforçaient les mesures de surveillance et 
de sécurité. 
    Une autre bombe a été neutralisée par des démineurs dans 
l'enceinte de l'aéroport et lors d'une perquisition menée dans 
un appartement de la commune de Schaerbeek, la police a 
découvert un drapeau de l'EI et des produits chimiques entrant 
dans la composition de bombe. 
    D'après des médias belges, cet appartement aurait été 
identifié grâce au témoignage d'un chauffeur de taxi qui pense 
avoir pris en charge les auteurs de l'attaque contre l'aéroport. 
    Les enquêteurs focalisent aussi leurs opérations sur un 
homme vu s'enfuyant de l'aéroport. Un avis de recherche a été 
diffusé par la police. Sur la photo prise par les caméras de 
surveillance, vêtu de blanc et portant un chapeau, il pousse un 
chariot à bagage au côté de deux autres hommes, considérés comme 
les kamikazes qui se seraient fait exploser dans le hall des 
départs de l'aéroport. 
     
    QUATRE JOURS APRÈS LA CAPTURE D'ABDESLAM 
    Ces actes visiblement coordonnés surviennent quatre jours 
après l'arrestation à Molenbeek, une commune de l'agglomération 
bruxelloise, de Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir joué un rôle 
clé dans les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, 
également revendiqués par l'organisation djihadiste. 
    "A ce stade, il n'est pas possible d'établir un lien formel 
avec les attentats de Paris", a cependant déclaré le procureur 
fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, lors d'une conférence de 
presse.     
    Des spécialistes de la sécurité estiment que ces attentats 
étaient probablement en préparation avant la capture d'Abdeslam. 
Il est cependant impossible de dire si le suspect-clef des 
attaques du 13 novembre, qui doit être de nouveau entendu ce 
mercredi par la justice belge, était au courant de ces projets 
d'attentat et si leurs auteurs ont pu anticiper leur passage à 
l'action de crainte qu'il ne parle. 
    Dans son communiqué de revendication, jugé crédible par les 
agences de renseignement américaines, l'EI indique que des 
"soldats du Califat portant des ceintures explosives, des bombes 
et des fusils mitrailleurs, et ciblant des lieux choisis avec 
précision dans la capitale belge Bruxelles, se sont élancés à 
l'intérieur de l'aéroport Zaventem de Bruxelles et d'une station 
de métro pour tuer un grand nombre de croisés". 
    Le groupe promet "aux Etats croisés qui se sont alliés 
contre l'Etat islamique des jours bien sombres". 
     
    CIBLE 
    Abritant le siège des institutions européennes et de 
l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord (Otan), la 
Belgique, dont des avions de guerre ont participé à la coalition 
contre l'EI au Moyen-Orient, était une cible pressentie. 
    D'autant que la Belgique est de longue date un centre de 
militantisme islamiste et le point de départ de très nombreux 
candidats au djihad. On estime que 300 Belges sont ainsi partis 
pour la Syrie. En proportion de ses onze millions d'habitants, 
ce nombre fait du pays la principale source de combattants 
étrangers. 
    "Ce que nous redoutions s'est réalisé. Notre pays et nos 
concitoyens ont été frappés par deux attentats aveugles, 
violents et lâches", a déclaré le Premier ministre belge, 
Charles Michel, qui avait ordonné un lock-down dans la capitale 
belge après les attentats du 13 novembre à Paris. 
    Le chef du gouvernement belge recevra ce mercredi Manuel 
Valls. "Nous sommes en guerre", a réaffirmé mardi son homologue 
français.  
    Ravivant les critiques contre l'inefficacité supposée des 
autorités belges face au djihadisme, déjà lancées après les 
attaques du 13 novembre à Paris dont l'enquête a révélé qu'elles 
avaient été en partie préparées à Bruxelles, le ministre 
français des Finances, Michel Sapin, a estimé mardi sur LCI que 
la classe politique belge avait péché par "naïveté" en laissant 
se développer un bastion islamiste à Molenbeek.  ID:nL5N16U66N   
    Le député belge Didier Ducarme a répliqué sur France 3 en 
réfutant toute sous-estimation du risque et ajoutant "à titre 
personnel" que les commentaires sur les politiques belges 
"commencent sérieusement à m'agacer". L'élu belge a rappelé que 
Mehdi Nemmouche, accusé d'avoir tué quatre personnes le 24 mai 
2014 au Musée juif de Bruxelles, était un Français. 
    L'état d'alerte a été relevé au niveau maximum (4) dans 
toute la Belgique et de nombreux pays, dont la France et les 
Etats-Unis, ont renforcé leur dispositif de sécurité, notamment 
dans les aéroports. 
    Tous les transports publics de Bruxelles ont fermé après les 
attentats. Les compagnies ferroviaires Thalys et Eurostar ont dû 
suspendre leurs liaisons. Le service devrait reprendre 
partiellement ce mercredi. L'aéroport de Zaventem restera fermé 
au moins un jour de plus. 
     
    ÉLAN DE SOLIDARITÉ 
    En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a 
annoncé le déploiement de 1.600 renforts de police et de 
gendarmerie, en particulier aux frontières et dans les 
transports aériens, maritimes et ferroviaires. 
    La police fédérale allemande a également annoncé le 
renforcement de ses contrôles aux frontières avec la Belgique, 
la France, les Pays-Bas et le Luxembourg. 
    De même, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas, le 
Danemark, la Suède et la Finlande, ont relevé les mesures de 
sécurité dans les aéroports et certains lieux publics. Aux 
Etats-Unis, la présence policière a été accrue dans les rues de 
New York, Chicago ou Los Angeles. 
    "Nous pouvons vaincre et nous vaincrons ceux qui menacent la 
sécurité des personnes dans le monde entier", a déclaré Barack 
Obama en visite à La Havane. 
    Parmi les blessés figurent au moins huit Français, dont 
trois sont dans un état grave, a-t-on appris de source 
officielle française. Des Américains, des Espagnols et des 
Suédois sont également du nombre. 
    Comme lors de précédentes attaques de ce type, un élan de 
solidarité s'est levé à travers le continent européen. A Paris, 
la Tour Eiffel a été illuminée de rouge, d'or et de noir, les 
couleurs du drapeau belge. Des initiatives similaires ont été 
prises à Berlin, sur la Porte de Brandebourg, et à Rome, à la 
fontaine de Trevi. 
    Le mot-dièse #JeSuisBruxelles a rapidement été repris sur 
Twitter et des dessins en hommage ou en solidarité avec 
Bruxelles ont circulé en masse sur les réseaux sociaux. A la une 
du quotidien Le Monde, le dessinateur Plantu a esquissé deux 
personnages, l'un vêtu en bleu-blanc-rouge prenant sous son bras 
l'autre, aux couleurs de la Belgique. Avec deux dates en 
légende: 13 novembre et 22 mars. 
     
    VOIR AUSSI 
 CHRONOLOGIE des attaques djihadistes en Belgique ID:nL5N16V045  
 LE POINT sur les attentats de Bruxelles          ID:nL5N16V04G  
 Carte localisant les lieux des attentats: 
    http://fingfx.thomsonreuters.com/gfx/rngs/1/1096/1628/BELGIUM-BLAST%20MAP%20T.jpg 
 
 (avec Francesco Guarascio, Philip Blenkinsop, Clement 
Rossignol, Julia Fioretti, Meredith McGrath, Robin Emmott et Jan 
Strupczewski à Bruxelles, Ali Abdelaty et Eric Knecht au Caire, 
John Whitesides et Barbara Lewis à Washington; Pierre Sérisier, 
Simon Carraud, Jean-Stéphane Brosse, Jean-Philippe Lefief et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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