SYNTHESE-Brexit-Inquiétude en Asie, initiative franco-allemande sur l'UE

le , mis à jour à 18:41
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 (Actualisé avec nouvelle démission au cabinet fantôme du 
Labour) 
    * Pékin parle d'"ombre sur l'économie mondiale" 
    * Ayrault et Steinmeier plaident pour une "Europe forte" 
    * Le Brexit provoque une crise profonde au sein du Labour 
    * La pétition pour un 2e référendum recueille 3,2 millions 
de signatures 
    * Un sondage en Ecosse donne 59% de "oui" à l'indépendance 
 
    par Elizabeth Piper et Ben Blanchard 
    LONDRES/PEKIN, 26 juin (Reuters) - Les remous boursiers et 
monétaires provoqués vendredi par le vote des Britanniques en 
faveur du "Brexit" ont accru le sentiment d'inquiétude en Asie, 
où la Chine, le Japon et la Corée du Sud craignaient dimanche 
soir pour la stabilité financière internationale, à quelques 
heures de la réouverture des marchés. 
    En Grande-Bretagne, le conflit ouvert au sein des Tories a 
gagné la principale formation d'opposition, le Labour, dont neuf 
dirigeants ont ouvertement contesté le leadership de Jeremy 
Corbyn, lui reprochant de ne pas avoir défendu avec pugnacité 
l'idée du "Remain".   
    La fracture au sein des grands partis s'étend aussi au reste 
du pays: 3,2 millions de Britanniques avaient signé dimanche 
après-midi une pétition appelant à un nouveau référendum, et un 
sondage réalisé vendredi montre que les Ecossais se 
prononceraient désormais à 59% pour l'indépendance. 
    La Première ministre d'Ecosse, Nicola Sturgeon, a même 
évoqué la possibilité de s'opposer aux lois qu'adopteront les 
députés britanniques pour officialiser le retrait du Royaume-Uni 
de l'UE. 
    Vendredi, les marchés financiers mondiaux ont perdu en 
valeur plus de 2.000 milliards de dollars (1.800 milliards 
d'euros) et la livre sterling a cédé jusqu'à 10% face au dollar, 
atteignant son plus bas niveau depuis 1985. Le week-end a 
apporté un certain répit après ces remous, mais l'appréhension 
est vite remontée à l'approche de la réouverture des Bourses 
lundi matin. 
    Pour le ministre chinois des Finances, Lou Jiwei, il ne fait 
pas de doute que l'issue du référendum "va porter une ombre sur 
l'économie mondiale". 
    "Il est difficile de faire des prévisions à ce stade", 
a-t-il dit lors de la première réunion annuelle de la Banque 
asiatique d'investissement pour les infrastructures, à Pékin. 
     
    INITIATIVE FRANCO-ALLEMANDE 
    "La réaction des marchés est probablement un peu excessive 
et il faut qu'ils se calment et voient la situation 
objectivement", a ajouté le ministre. 
    Les banquiers centraux ont promis au cours du week-end de 
faire tout ce qui serait en leur pouvoir pour contenir la 
volatilité des marchés financiers. Mais le Japon n'a pas caché 
qu'il redoutait des retombées sur les marchés des changes. 
    "Les mouvements spéculatifs violents ont des effets 
extrêmement négatifs", a dit Tomomi Inada, un des hauts 
responsables du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, cité 
le journal Nikkei. "Si nécessaire, le gouvernement ne doit pas 
hésiter à riposter, y compris en intervenant sur les marchés des 
changes." 
    Le ministre sud-coréen des Finances a déclaré pour sa part 
craindre que la volatilité ne continue de régner sur les marchés 
jusqu'à la fin des négociations sur la sortie du Royaume-Uni. 
    Quant aux Etats-Unis, qui avant le référendum avaient 
clairement dit leur préférence pour le "Remain" (maintien), ils 
montrent eux aussi des signes de fébrilité. Le secrétaire d'Etat 
américain, John Kerry, doit rencontrer lundi à Bruxelles 
Federica Mogherini, haute Représentante de l'Union européenne 
pour la politique étrangère et de sécurité commune, et voir à 
Londres le secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond. 
    Avant le sommet européen qui se tiendra mardi et mercredi à 
Bruxelles, la France et l'Allemagne ont plaidé ce week-end pour 
une "Europe forte" et proposé une série de mesures pour aider 
l'UE, "sévèrement mise à l'épreuve" par le vote britannique, à 
répondre mieux aux attentes de ses citoyens. 
    Dans une déclaration commune consultée par Reuters, les 
ministres des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et 
Frank-Walter Steinmeier prennent acte "avec regret" de ce vote. 
  
     
    LE FPÖ AUTRICHIEN ÉVOQUE L'IDÉE D'UN "AUXIT" 
    Paris et Berlin avaient paru diverger samedi sur le rythme à 
suivre dans la procédure de divorce entre Londres et l'UE, Paris 
prônant la rapidité tandis que Berlin se montrait plus prudent. 
    David Cameron a annoncé son intention de démissionner d'ici 
octobre mais refuse d'invoquer formellement l'article 50 du 
Traité de Lisbonne, qui prévoit un délai de deux années de 
négociations en cas de sortie d'un pays. Il laisse le soin 
d'invoquer cet article à son successeur, qui devra être désigné 
par le Parti conservateur à un moment ou l'autre avant son 
congrès annuel du mois d'octobre. 
    C'est seulement lorsque le nouveau Premier ministre aura 
invoqué l'article 50 que la procédure de divorce Royaume-Uni-UE 
pourra être engagée. 
    Le vice-chancelier et ministre allemand de l'Economie Sigmar 
Gabriel a été clair dimanche dans les colonnes du journal 
financier Handelsblatt: "Les Britanniques ont décidé de partir. 
Nous ne discuterons pas de ce que l'UE pourrait encore proposer 
aux Britanniques pour qu'ils restent". 
    Un proche de la chancelière Angela Merkel, le 
chrétien-démocrate Peter Altmayer, a suggéré aux Britanniques de 
bien réfléchir aux conséquences du Brexit. A Londres, Philip 
Hammond a lui-même estimé que la perte de l'accès au marché 
unique européen serait "catastrophique" pour le Royaume-Uni. 
  
    Dans le reste de l'Europe, l'issue du référendum continue de 
suggérer des idées à des formations de droite nationaliste: en 
Autriche, une figure du FPÖ, Norbert Hofer, qui a failli 
remporté la présidentielle le mois dernier, a estimé que l'UE 
devait se garder de toute décision menant à un surcroît de 
"centralisation" politique, faute de quoi l'Autriche pourrait 
organiser d'ici un an un référendum sur la question de son 
maintien dans le bloc européen.    
 
 (avec Christine Kim, Donny Kwok, Estelle Shirbon, William 
Schomberg, Minami Funakoshi, Francois Murphy et Warren Strobel; 
Eric Faye pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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  • a.gim il y a 5 mois

    C'est bidon j'ai signé cette pétition sous le nom de batman 3,2 millions de Britanniques avaient signé dimanche après-midi une pétition appelant à un nouveau référendum,