SYNTHESE-Après l'Irak, l'Etat islamique gagne du terrain en Syrie

le , mis à jour à 17:44
0

* L'EI contrôle désormais la totalité de Palmyre en Syrie * Ses combattants sont entrés sur le site historique * Pas de destructions signalées pour l'instant, selon l'OSDH * Irak-L'EI tente de briser la ligne de défense à l'est de Ramadi (Actualisé avec précisions, commentaires, contexte) par Sylvia Westall BEYROUTH, 21 mai (Reuters) - Quelques jours après s'être emparés de Ramadi, capitale provinciale de l'Anbar en Irak, les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont annoncé jeudi contrôler la totalité de la ville syrienne de Palmyre, célèbre pour son site archéologique. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres, l'EI contrôle désormais plus de la moitié du territoire syrien. Le groupe fondamentaliste sunnite a également pris pied en Libye où il renforce son contrôle sur Syrte, la ville d'origine de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Dans un communiqué diffusé sur Twitter, l'EI dit avoir pris le contrôle total de Palmyre, y compris sa base aérienne et sa prison, à la faveur de l'"effondrement" des forces du président Bachar al Assad. Palmyre, appelée Tadmour en arabe et située à environ 240 km au nord-est de Damas, est la première ville d'importance prise au régime syrien par l'EI, qui avait jusqu'à présent concentré ses attaques sur les mouvements rebelles, y compris islamistes. L'EI ayant détruit des antiquités et des monuments en Irak, la crainte est grande qu'il ne s'en prenne aux temples romains ou au théâtre antique de Palmyre, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco. "Nos croyances, nos opinions peuvent être différentes mais nous devons protéger ces incroyables vestiges de l'histoire humaine", a déclaré la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, à Reuters Television. DÉFAITE DE LA CIVILISATION Le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahman, a indiqué que les combattants de l'EI avaient pénétré jeudi matin tôt sur le site historique mais qu'il n'avait pas été informé de destructions. La mosquée-université d'Al Azhar au Caire, foyer de l'enseignement islamique, a lancé un appel à la protection de Palmyre, expliquant que la destruction ou le pillage des biens représentant un héritage culturel était interdite par la religion musulmane. "La société humaine, civilisée, a perdu la bataille contre la barbarie", a pour sa part déclaré à Reuters le chef du service des Antiquités syriennes, Maamoun Abdoulkarim. D'après l'OSDH, qui recoupe ses informations grâce à un réseau d'informateurs sur le terrain, les combats autour de Palmyre ont fait au moins 100 morts dans les rangs des forces pro-gouvernementales depuis mercredi. Les Forces de la défense nationale ont évacué la population civile avant de se retirer de Palmyre, a indiqué la presse officielle syrienne. La chute de Palmyre est une avancée stratégique pour l'EI. La ville abrite des installations militaires modernes et se trouve sur une autoroute qui relie, à l'ouest, Damas et Homs, contrôlées par le gouvernement, à l'Est syrien, principalement tenus par les rebelles. La plupart des territoires contrôlés par l'EI en Syrie sont toutefois quasiment inhabités, la population se concentrant à Damas et le long de la frontière libanaise et de la côte méditerranéenne, dans une "Syrie utile" dont l'armée syrienne a fait sa priorité. AIDE RUSSE Dans la province d'Hassaka qui relie le nord-est de la Syrie aux territoires de l'EI en Irak, des affrontements font rage entre l'EI et les forces kurdes soutenues par les frappes aériennes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Nombre des combattants de l'EI ont été tués cette semaine. La télévision syrienne a également fait état d'une progression de l'armée dans le secteur aujourd'hui. En Irak, après la prise de Ramadi par l'EI dimanche, les forces irakiennes ont érigé une ligne de défense à l'est de la capitale provinciale. Elles ont annoncé jeudi avoir repoussé une troisième tentative de l'EI de briser cette ligne. La chute de Ramadi est le coup le plus dur infligé par l'EI au gouvernement irakien et à ses alliés occidentaux et iranien depuis la prise de Mossoul en juin dernier. ID:nL5N0YC1LV La prochaine cible des djihadistes sunnites est la base de Habbaniya, l'un des derniers bastions gouvernementaux dans la province d'Anbar, devenu ces derniers jours le point de ralliement des forces de sécurité irakiennes et des miliciens chiites appelés en renfort pour lancer à partir de là une contre-offensive en direction de Ramadi. La police et les combattants sunnites pro-gouvernementaux ont échangé des tirs de mortiers avec les djihadistes de l'autre côté de la nouvelle ligne de front située à Houssaiba al Charkiya, à mi-chemin entre Ramadi et Habbaniya. Les Etats-Unis ont annoncé la livraison le mois prochain à l'Irak d'un millier d'armes antichars pour combattre les attentats suicide du type de ceux qui ont aidé l'EI à faire tomber Ramadi. ID:nL5N0YC00R La Russie a elle aussi offert son aide militaire à l'Irak. Cette proposition a été faite par le président russe Vladimir Poutine au Premier ministre irakien chiite Haïdar al Abadi lors d'une visite de ce dernier à Moscou, jeudi. ID:nL5N0YC3YK (Avec Mariam Karouny à Beyrouth, Kinda Makieh à Damas et Isabel Coles à Erbil; Tangi Salaün et Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant