SYNTHESE-Ankara menace les Kurdes syriens, hôpital bombardé près d'Alep

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    * Un hôpital, une école touchés à Azaz, 14 morts 
    * Un autre hôpital frappé dans la province d'Idlib, 7 morts 
    * Obama appelle Moscou à ne pas bombarder les rebelles 
"modérés" 
 
    par Ercan Gurses et Daren Butler 
    KIEV/ISTANBUL, 15 février (Reuters) - La Turquie ne 
permettra pas que la ville syrienne d'Azaz, tenue par des 
insurgés au nord-ouest d'Alep, tombe aux mains des miliciens 
kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), a averti lundi 
le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. 
    Un hôpital et une école d'Azaz, près de la frontière turque, 
ont été bombardés dans la matinée, probablement par des avions 
russes, et des témoins font état de la mort de 14 civils.  
    Au moins cinq missiles ont atteint l'hôpital, dans le 
centre-ville, et une école voisine qui héberge des réfugiés 
fuyant une grande offensive de l'armée syrienne dans la région 
d'Alep.   
    Dans la province d'Idlib, une autre attaque aérienne a 
frappé un hôpital soutenu par Médecins sans frontières (MSF) et 
fait au moins sept morts et huit disparus. 
    Selon le président de MSF France, Mego Terzian, cette frappe 
a été menée "soit par le gouvernement (syrien), soit par la 
Russie".   
    L'offensive gouvernementale dans la région d'Alep, appuyée 
par l'aviation russe et des miliciens chiites, a conduit les 
forces loyalistes à 25 kilomètres de la frontière turque. Les 
combattants kurdes en ont profité pour reprendre du terrain aux 
rebelles et étendre leur présence le long de la frontière. 
    Les Unités de protection du peuple, soutenues par les 
Etats-Unis, sont liées au Parti kurde de l'Union démocratique 
(PYD), qu'Ankara tient pour une émanation du Parti des 
travailleurs du Kurdistan (PKK) et considère à ce titre comme 
une organisation terroriste. 
     
    LA TURQUIE MET EN GARDE LES KURDES SYRIENS  
    Parlant à des journalistes dans l'avion qui le conduisait en 
visite en Ukraine, Ahmet Davutoglu a précisé que les Kurdes 
auraient pris le contrôle d'Azaz et de Tal Rifaat, plus au sud, 
si l'artillerie turque n'avait pas enrayé leur progression 
durant le week-end. 
    "Des éléments des YPG ont été contraints de se retirer des 
environs d'Azaz. S'ils reviennent, la réaction sera des plus 
sévères. Nous ne permettrons pas la chute d'Azaz", a dit le 
Premier ministre turc. 
    Les combattants kurdes, a-t-il poursuivi, doivent aussi se 
retirer de la base aérienne de Menagh, au nord d'Alep, dont ils 
ont pris le contrôle, faute de quoi cette base sera rendue 
"inutilisable". 
    Ahmet Davutoglu a aussi conseillé aux YPG de ne pas chercher 
à s'étendre à l'est de la région d'Afrine ou à l'ouest de 
l'Euphrate, une "ligne rouge" fixée par Ankara. 
    Pour la troisième journée consécutive, l'artillerie turque a 
bombardé lundi des positions des YPG en Syrie à la suite d'une 
attaque contre un poste-frontière de la province d'Hatay, a 
annoncé le ministère turc des Affaires étrangères. 
     
    AUCUN SOLDAT TURC EN SYRIE, AFFIRME ANKARA 
    Le ministre turc de la Défense, Ismet Yilmaz, a toutefois 
affirmé que la Turquie n'avait pas envoyé de troupes en Syrie et 
n'envisageait pas de le faire, contrairement à ce qu'affirme 
Damas. 
    "Ce n'est pas vrai", a-t-il déclaré devant une commission 
parlementaire. "Il n'est aucunement question que des soldats 
turcs entrent en Syrie." 
    Selon le gouvernement syrien, des forces terrestres turques 
faisaient partie d'un groupe de 100 hommes entrés en Syrie 
samedi à bord de 12 véhicules tout-terrain équipés de 
mitrailleuses lourdes pour venir en aide aux insurgés. 
 ID:nL8N15T0QJ  
    Ismet Yilmaz a également démenti les informations selon 
lesquelles des avions saoudiens étaient arrivés sur la base 
aérienne turque d'Incirlik, dans le cadre de préparatifs contre 
l'Etat islamique, tout en expliquant qu'il avait été décidé que 
Ryad puisse envoyer quatre F-16.   
    L'armée turque a par ailleurs annoncé qu'un de ses hommes 
avait été tué dimanche soir vers 19h15 (17h15 GMT) lors de 
heurts, à la frontière turco-syrienne dans le secteur de 
Yayladagi, entre les forces de sécurité turques et un groupe qui 
cherchait à entrer en Turquie. 
    Le président américain Barack Obama a appelé dimanche la 
Russie à cesser de bombarder les rebelles "modérés" en Syrie. La 
France a également lancé un appel en ce sens.   
    Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, pour sa part, a 
déclaré que la Russie n'avait pas l'intention de maintenir 
éternellement sa présence militaire en Syrie.   
 
 (Avec Humeyra Pamuk à Istanbul, Tulay Karadeniz, Orhan Coskun 
et Ece Toksabay à Ankara, Pauline Mével et Marine Pennetier à 
Paris; Guy Kerivel pour le service français) 
 
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