SYNTHESE-Alep sous les bombes, USA et Russie s'affrontent à l'Onu

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    * Le Conseil de sécurité s'est réuni pour débattre de 
l'escalade 
    * Les Etats-Unis accusent la Russie de "barbarie" 
    * La paix est pratiquement impossible aujourd'hui, dit 
Moscou 
    * Les bombardements sur Alep sont plus intenses que jamais 
 
    par Suleiman Al-Khalidi et Michelle Nichols 
    AMMAN, 26 septembre (Reuters) - Les Etats-Unis ont accusé 
dimanche la Russie de commettre des actes de "barbarie" en 
Syrie, où les forces gouvernementales et russes continuent de 
bombarder Alep et où Moscou juge qu'il est est quasi 
"impossible" actuellement de mettre fin à la guerre.  
    A l'initiative des Etats-Unis, de la France et de la 
Grande-Bretagne, le Conseil de sécurité des Nations unies a 
organisé dans l'après-midi une réunion publique pendant laquelle 
la représentante américaine a qualifié de "barbarie" 
l'engagement russe au côté du régime de Damas.  
    "Ce que la Russie défend et ce qu'elle fait n'est pas du 
contre-terrorisme, c'est de la barbarie", a déclaré Samantha 
Powers. "Au lieu de rechercher la paix, la Russie et Assad font 
la guerre. Au lieu d'aider à apporter de l'aide aux civils, la 
Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les 
hôpitaux et les sauveteurs", a-t-elle ajouté. 
    Les ministres des Affaires étrangères français et 
britannique ont également accusé la Russie, estimant qu'elle 
pourrait, avec l'Iran qui soutient aussi Damas, se retrouver 
coupable de complicité de crime de guerre.   
    Mais Moscou a défendu sa position. "En Syrie, des centaines 
de groupes sont en train d'être armés, le territoire de ce pays 
est bombardé de manière aveugle et ramener la paix est une tâche 
pratiquement impossible aujourd'hui pour cette raison", a 
déclaré Vitali Tchourkine, l'ambassadeur de Russie aux Nations 
unies.  
     
    BOMBES AU PHOSPHORE 
    L'aviation syrienne et l'aviation russe ont bombardé 
dimanche un camp stratégique au nord d'Alep, repris par les 
insurgés syriens qui en avaient perdu le contrôle la veille, ont 
rapporté les rebelles et l'armée de Bachar al Assad. 
    Les rebelles précisent que le régime syrien utilise des 
bombes d'une puissance accrue pour récupérer le camp d'Handarat, 
qui abrite des réfugiés palestiniens à quelques kilomètres au 
nord d'Alep et qui est situé sur des hauteurs surplombant un 
important axe routier. 
    "Nous avons repris le camp mais le régime l'incendie avec 
des bombes au phosphore. Nous avons pu nous protéger mais le 
bombardement a brûlé nos véhicules", a dit Abou al Hassanien, 
commandant de la cellule des opérations rebelles. 
    L'armée syrienne, appuyée par des milices iraniennes et des 
combattants de Hezbollah libanais, a reconnu avoir perdu le 
contrôle du camp. 
    Les avions syriens et russes ont également continué de 
pilonner des quartiers d'habitation d'Alep, détruisant des 
immeubles de la partie orientale aux mains des insurgés, ont 
déclaré des habitants et des rebelles. Plus de 250.000 civils 
sont pris au piège dans la partie orientale. 
    Selon des habitants, les frappes aériennes qui visent l'est 
d'Alep depuis l'annonce de l'offensive jeudi sont plus intenses 
que jamais. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort au 
cours des derniers jours. Selon l'Observatoire syrien des droits 
de l'homme (OSDH), au moins 45 personnes, dont dix enfants, ont 
péri samedi dans l'est d'Alep. L'armée syrienne, elle, assure ne 
viser que les insurgés. 
     
    NAPALM ET ARMES CHIMIQUES 
    Les frappes aériennes de samedi ont visé au moins quatre 
quartiers de la partie orientale, ont déclaré des responsables 
rebelles qui pensent que la majeure partie d'entre elles ont été 
menées par l'armée de l'air russe. Une vidéo d'un site bombardé 
montre d'énormes cratères de plusieurs mètres de profondeur et 
de largeur. 
    Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, qui avait réussi 
à obtenir une trêve après des mois d'intense diplomatie, a 
plaidé en vain cette semaine en faveur d'un arrêt des frappes 
aériennes russes. 
    Devant le Conseil de sécurité, la Chine, qui a déjà bloqué 
avec Moscou plusieurs projets de résolution contre le 
gouvernement syrien, a souligné que la lutte contre le 
terrorisme était une "composante très importante" d'une nouvelle 
résolution. "Sans éradication du terrorisme, il n'y aura pas de 
paix pour le peuple syrien, pas de sécurité pour les pays de la 
région", a déclaré l'ambassadeur Liu Jieyi.  
    Pour les groupes rebelles soutenus par les Occidentaux, les 
bombardements des zones assiégées d'Alep rendent tout processus 
de négociations vain tant que les combats ne cesseront pas et 
qu'il n'y aura pas des livraisons d'aide humanitaire sous 
l'égide de l'Onu. 
    Dans une déclaration signée par plus de 30 groupes rebelles, 
dont la plus importante faction soutenue par la Turquie, les 
pays du Golfe et l'Occident, les insurgés estiment que les 
bombardements qui ont fait des dizaines de morts ces jours 
derniers sont "sans précédent" et rendent vain tout processus 
politique que pourrait chercher à relancer Moscou et Washington. 
    Les rebelles disent en outre dans leur déclaration ne pas 
pouvoir accepter que la Russie soit le parrain d'un processus de 
négociations, car elle soutient le régime de Damas "dans ses 
crimes contre notre peuple". Selon eux, les forces syriennes 
utilisent du napalm et des armes chimiques. 
 
 (avec Laila Bassam; Pierre Sérisier, Nicolas Delame et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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