SYNTHESE-Alep à nouveau assiégée, l'EI chassé de la frontière syro-turque

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    * USA et Russie tentent de négocier un cessez-le-feu 
    * Obama parle de "profonds désaccords" avec Moscou 
    * Les discussions vont se poursuivre lundi 
    * Une bande 90 km aux mains des rebelles proturcs à la 
frontière 
 
    par John Davison et Roberta Rampton 
    BEYROUTH/HANGZHOU, Chine, 4 septembre (Reuters) - Les forces 
syriennes et leurs alliés ont repris dimanche le siège de l'est 
d'Alep aux mains des insurgés tandis que les rebelles soutenus 
par Ankara chassaient les djihadistes de l'Etat islamique de la 
zone frontalière avec la Turquie.  
    Ces deux événements potentiellement décisifs pour 
l'évolution du conflit n'ont pas facilité la tâche des 
Etats-Unis et de la Russie, qui tentent de négocier un 
cessez-le-feu.  
    "Nous n'y sommes pas encore", a reconnu Barack Obama, en 
marge du sommet du G20 qui se déroule à Hangzhou, dans l'est de 
la Chine. "Nous avons de profonds désaccords avec les Russes en 
ce qui concerne à la fois les parties que nous soutenons et le 
processus requis pour ramener la paix en Syrie", a ajouté le 
président américain. Les discussions doivent se poursuivre 
lundi.  
    La reconquête d'Alep, première ville de Syrie avant le 
conflit, est une priorité pour les forces fidèles au président 
Bachar al Assad, dont la progression tient essentiellement à 
l'appui de l'aviation russe, engagée depuis septembre 2015 à 
leurs côtés. 
    Dimanche, raids aériens et tirs d'artillerie ont permis à 
l'armée et aux milices qui lui prêtent main forte de reprendre 
les installations militaires de Ramoussah. Les rebelles s'en 
étaient emparés en août, ce qui leur avait permis de briser le 
siège.   
    Le groupe armé Fastakim a confirmé leur encerclement. 
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) l'a également 
annoncé, tout comme Al Manar, la chaîne de télévision du 
Hezbollah libanais, allié de Damas.  
     
    "UN ÉTAT ARTIFICIEL" 
    Le soutien de Moscou a permis aux forces gouvernementales de 
reprendre l'initiative sur plusieurs fronts, en particulier à 
Alep, mais les rebelles continuent à gagner du terrain sur 
d'autres, notamment dans la province d'Hama, plus au sud.  
    Le Djaïch al Nasr a ainsi annoncé dimanche le lancement 
d'une nouvelle offensive à Maan, localité située à une dizaine 
de kilomètres au nord de Hama, chef lieu de la province tenu par 
les forces gouvernementales.  
    Plus à l'est, les rebelles soutenus par Ankara, qui pour 
beaucoup viennent d'Alep, ont donc chassé l'EI de la zone 
frontalière de la Turquie, selon l'agence de presse Anatolie, 
l'OSDH et les insurgés eux-mêmes.  
    Cette victoire a été obtenue dix jours après le lancement de 
l'opération turque "Bouclier de l'Euphrate", qui a débuté avec 
la prise de Djarablous. Les rebelles essentiellement arabes et 
turkmènes, qui agissent sous la bannière de l'Armée syrienne 
libre (ASL), ont pris la ville alors tenue par l'EI le 24 août 
avec l'appui des chars, de l'artillerie et de l'aviation turcs. 
    Samedi, l'ASL et l'armée turque ont annoncé l'ouverture d'un 
nouveau front, 55 km à l'ouest de Djarablous. Les rebelles 
semblent désormais contrôler une bande de 90 km de long 
qu'Ankara tenait à sécuriser, à la fois pour en éloigner les 
djihadistes et enrayer la progression des miliciens kurdes des 
Unités de protection du peuple (YPG). 
    "Nous sommes ici pour protéger notre frontière, pour assurer 
la sécurité de nos citoyens et de leurs biens, ainsi que 
l'intégrité de la Syrie", a souligné dimanche le Premier 
ministre Binali Yildirim à Diyarbakir, chef lieu du sud-est turc 
à majorité kurde. 
    "Nous ne tolérerons jamais la formation d'un Etat artificiel 
dans le nord de la Syrie", a-t-il poursuivi, évoquant la 
progression des YPG. 
    L'administration turque les assimile aux séparatistes du 
Parti des travailleurs du Kurdistan, auquel elle a déclaré la 
guerre. Les miliciens kurdes sont en revanche le principal allié 
local des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI, ce qui suscite 
des tensions entre Ankara et Washington. 
 
 (Avec Tom Miles à Genève, Vladimir Soldatkin à Hangzhou, Jack 
Stubbs à Moscou; Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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