SYNTHESE-6.500 migrants sont arrivés en Croatie ces dernières heures

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* La Croatie affirme avoir épuisé sa capacité d'accueil * Convocation d'un sommet européen le 23 septembre * La Hongrie demeure intransigeante * La Bulgarie se mobilise à son tour (Actualisé tout du long) par Maja Zuvela et Gergely Szakacs ZAGREB/SID, Serbie, 17 septembre (Reuters) - L'Union européenne a dénoncé jeudi l'attitude de la Hongrie par la voix de son commissaire chargé de la migration, Dimitris Avramopoulos, qui a fustigé la fermeté de Budapest face aux migrants qui se heurtent à la clôture érigée le long de la frontière serbe et à la police anti-émeutes qui tente de les dissuader de pénétrer sur le territoire hongrois. La fermeture de la frontière a incité des milliers de migrants à modifier le trajet qu'ils comptaient effectuer et à entrer dans l'Union européenne en passant par le nord de la Serbie pour prendre la direction de la Croatie. Selon les autorités croates, environ 6.500 migrants sont entrés en Croatie au cours des dernières 24 heures. La police fédérale allemande rapporte pour sa part que le nombre de réfugiés arrivés mercredi en Allemagne a plus que doublé pour atteindre 7.266 personnes. Le nombre de ces réfugiés s'était élevé à 3.442 la veille. Le ministre croate de l'Intérieur a déclaré que Zagreb pourrait envisager de nouvelles mesures si le nombre de migrants augmentait. Il n'a pas donné de détails, tout en indiquant que l'Union européenne pourrait devoir mettre en place des centres d'accueil et d'identification ("hot spots") avant que les migrants parviennent en territoire croate. "Peut-être la frontière croate est-elle ouverte, peut-être est elle close, mais nous allons essayer", a promis un réfugié syrien présent à Sid, une ville serbe située à quelques kilomètres de la Croatie. Plusieurs milliers de migrants se sont massés à la gare de Tovarnik, située du côté croate, assis ou allongés le long de la voie de chemin de fer. "Je veux juste partir", a expliqué Kamal Al'Hak, un réfugié syrien. "Peut-être retournerai-je en Syrie mais pas avant plusieurs années. C'est trop dangereux pour l'instant." "IL N'EXISTE AUCUN MUR QUE L'ON NE PUISSE ESCALADER" Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convoqué les dirigeants des Vingt-Huit Etats membres de l'Union européenne mercredi prochain à 18h00 pour un sommet extraordinaire consacré à cette question. Dans l'après-midi, le ministre croate de l'Intérieur Ranko Ostojic a déclaré que la Croatie ne pouvait plus accueillir quiconque. Les migrants seront autorisés à se rendre dans des centres d'accueil situés près de Zagreb, mais ceux qui ne déposeront pas de demande d'asile seront considérés comme des immigrés clandestins, a-t-il prévenu. Un grand nombre des migrants entrés en Croatie arrivent de la frontière serbo-hongroise où leur route a été bloquée par la police anti-émeutes et par la clôture érigée par Budapest. Des affrontements y ont opposé mercredi des centaines de migrants aux forces de l'ordre qui les empêchaient d'entrer sur le sol hongrois. La diminution du flux de migrants transitant par la Hongrie pour se rendre vers l'Autriche a permis à la société autrichienne des chemins de fer ÖBB de rouvrir le trafic entre les deux pays, dans les deux sens, jeudi. Le commissaire européen chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté, Dimitris Avramopoulos, a dit jeudi que l'érection de la clôture par la Hongrie n'était qu'une solution temporaire dont le seul effet est de détourner le flux de migrants vers d'autres pays et vers d'autres routes. "La majorité de ceux qui arrivent en Europe sont des Syriens qui ont besoin de notre aide", a dit Dimitris Avramopoulos lors d'une conférence de presse organisée avec les ministres hongrois de l'Intérieur et des Affaires étrangères. "Il n'existe aucun mur que l'on ne puisse escalader, aucune mer que l'on ne puisse traverser lorsqu'on fuit la violence et la terreur", a-t-il dit. "Nous avons un devoir moral de leur offrir notre protection." BUDAPEST PERSISTE Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a rejeté les critiques européennes et celles des organisations de défense des droits de l'homme estimant que se mettre du côté des émeutiers revenait à encourager la violence. "C'est étrange et choquant de voir comment des membres de la communauté politique internationale et de la presse internationale ont interprété les événements d'hier (mercredi)", a-t-il dit. "Tout ces gens seront responsables si ce genre d'événements se reproduisent demain ou après-demain." Son Premier ministre Viktor Orban, qui impute la crise des migrants au comportement de l'Allemagne, a déclaré de son côté que les musulmans dépasseront les chrétiens en nombre si la politique d'accueil persiste. "Les musulmans ont une approche de la vie tout à fait différente de la nôtre. Et face à eux, nous ne sommes pas du tout compétitifs. Si nous, chrétiens, laissons les musulmans rivaliser avec nous sur le continent, nous serons surpassés en nombre, c'est mathématique", a-t-il dit dans un entretien accordé à plusieurs journaux européens, dont Le Figaro. La fermeture de la frontière hongroise inquiète d'autres pays de l'est de l'Europe préoccupés à l'idée de servir de terre de transit pour les migrants. La Bulgarie a annoncé l'envoi de renforts militaires pour surveiller sa frontière avec la Turquie. Quelque 600 migrants ont tenté de traverser cette frontière turque au cours des 25 dernières heures, avant de renoncer selon un responsable du ministère bulgare de l'Intérieur. Comme la Croatie, la Bulgarie est membre de l'Union européenne mais non signataire des accords de Schengen sur la libre circulation. (Avec Igor Ilic, Michael Nienaber à Berlin; Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour le service français)

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