SYNTHESE 4-La zone euro entrevoit un accord sur la Grèce

le , mis à jour à 17:59
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(Actualisée avec nouvelles déclarations) * Le plan grec, base possible d'un accord-Dijsselbloem * Un compromis pourrait être trouvé cette semaine * Sommet de la zone euro dans la soirée * La BCE relève encore les fonds d'urgence-source * La Bourse d'Athènes s'envole par Renee Maltezou et Jan Strupczewski BRUXELLES, 22 juin (Reuters) - Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro ont salué lundi les nouvelles propositions de réformes avancées par le gouvernement d'Alexis Tsipras en jugeant qu'elles pourraient servir de base à un accord dès cette semaine pour permettre au pays d'obtenir une aide financière et éviter ainsi un défaut sur sa dette. Ils n'ont toutefois pas eu le temps de les examiner en détail avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement prévu à 19h00 (17h00 GMT) et ils ont demandé à la Grèce et aux institutions représentant ses créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) de se mettre immédiatement au travail pour tenter de parvenir à un compromis. L'accueil globalement positif réservé par les responsables européens aux propositions grecques a créé un climat d'optimisme dont ont profité les principales Bourses européennes, en premier lieu Athènes, dont le principal indice .ATG a bondi de 9%, avec une envolée de plus de 20% pour le secteur bancaire grec. La pression s'est aussi relâchée sur les coûts d'emprunt de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal, les pays considérés comme les plus exposés aux conséquences imprévisibles d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro. Dans la matinée, la BCE a pour sa part relevé pour la troisième fois en six jours le montant des liquidités d'urgence (ELA) auxquelles peuvent avoir accès les banques grecques, confrontées à d'importants retraits des épargnants craignant l'instauration d'un contrôle des capitaux. On ignore le montant du nouveau plafond, déjà porté la semaine dernière à quasiment 86 milliards d'euros selon des sources bancaires. ID:nL8N0Z816E LES PROPOSITIONS PAS EXAMINÉES AU SOMMET DE LA ZONE EURO Au sortir d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, le président de l'Eurogroupe a qualifié les propositions transmises lundi par la Grèce de "base pour vraiment relancer les discussions et parvenir à un résultat dans les prochains jours". Evoquant le délai "très court" pour examiner ces propositions, Jeroen Dijsselbloem a ajouté que l'Eurogroupe avait demandé au gouvernement grec et aux représentants des créanciers d'entamer "immédiatement" l'étude détaillée des pistes avancées par Athènes "avec l'objectif de parvenir si possible à un accord cette semaine". ID:nL8N0Z82YA Les dirigeants de la zone euro ont prévenu qu'ils n'entreraient pas eux-mêmes dans le détail de ces propositions lors du sommet prévu dans la soirée. Ils pourraient en revanche envoyer un signal politique en appuyant le processus de négociation. Un compromis semble nécessaire avant le 30 juin, date à laquelle la Grèce aura à rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI. A Bruxelles, Alexis Tspiras a multiplié les rencontres avant de participer à ce sommet. Le Premier ministre grec s'est entretenu ou devait s'entretenir avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, celui de la BCE, Mario Draghi, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Il s'est aussi entretenu au téléphone avec le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a annoncé son cabinet. Après cinq mois de vaines négociations agrémentées d'échanges acrimonieux, les nouvelles propositions grecques vont dans le sens des exigences des créanciers puisqu'Athènes propose de porter progressivement l'âge de la retraite à 67 ans et de réduire les opportunités de départ anticipé. Le gouvernement grec accepte aussi un taux normal de TVA de 23% et de limiter la portée des taux réduits. "ACCOUCHEMENT AUX FORCEPS" "C'est maintenant, et pour la première fois, un document raisonnable sur lequel on peut mener une discussion informée et productive", a déclaré un responsable de la zone euro. "C'est ce qui était attendu, tant sur la forme que sur le fond." ID:nL8N0Z81L8 Martin Selmayr, chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, a qualifié ces propositions de "bonne base pour des progrès" tout en évoquant en allemand, sa langue natale, "eine Zangengeburt", ce qui signifie "accouchement aux forceps". Des écueils demeurent avant de parvenir à un accord. Membre du conseil des gouverneurs de la BCE, l'Autrichien Ewald Nowotny a souligné que la mise à disposition des fonds d'urgence par l'institut de Francfort n'avait été prolongée que pour la seule journée de lundi dans l'attente des conclusions du sommet de la zone euro. Elu en janvier sur la promesse de mettre fin aux politiques d'austérité, Alexis Tsipras doit pour sa part composer avec son électorat, dont une partie a manifesté dimanche soir pour l'exhorter à résister aux pressions des créanciers. (Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

 
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