SYNTHESE 4-Erdogan reprend la main, les purges commencent

le , mis à jour à 22:41
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    * Plus de 260 morts, des milliers d'arrestations 
    * Les putschistes paieront le prix fort, prévient Erdogan 
    * Le pouvoir ordonne l'arrestation de 2.745 magistrats - NTV 
    * Fethullah Gülen, mis en cause, dément toute responsabilité 
    * Les partisans d'Erdogan dans la rue 
 
    par Orhan Coskun et Gulsen Solaker 
    ISTANBUL/ANKARA, 16 juillet (Reuters) - Les autorités 
turques ont repris samedi le contrôle du pays, quelques heures 
après l'échec du coup d'Etat dans lequel 265 personnes, dont 104 
partisans des putschistes, ont perdu la vie. 
    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé dans la 
journée les instigateurs du coup de force d'avoir essayé de le 
tuer et dit que l'armée serait purgée des éléments séditieux. 
    "Ils paieront le prix fort", a promis le chef d'Etat, en 
ajoutant: "Ce soulèvement est un don de Dieu parce qu'il nous 
offre l'opportunité de nettoyer l'armée." 
    Samedi soir, le chef de l'Etat s'est adressé à ses partisans 
à Istanbul, assurant que la tentative de putsch avait été le 
fait d'une minorité au sein de l'armée. Répondant à ceux qui, 
dans la foule, scandaient "peine de mort!", il a dit que cette 
question pourrait fait l'objet d'un débat au parlement. 
    Selon le gouvernement, qui assure que la situation est 
maîtrisée, près de 3.000 militaires ont été arrêtés, du simple 
soldat à l'officier, notamment ceux qui formaient la "colonne 
vertébrale" du coup d'Etat. Parmi les officiers supérieurs 
arrêtés figurent le commandant en chef de la deuxième armée 
turque, Adem Huduti, l'un des plus hauts gradés du pays, mais 
aussi le commandant du troisième corps d'armée (basé à 
Istanbul), le général Erdal Öztürk, qui sera jugé pour 
"trahison". 
    La justice n'a pas été épargnée puisque le pouvoir a ordonné 
l'arrestation de 2.745 juges et procureurs pour leur rôle 
présumé dans la tentative de putsch, selon la chaîne turque NTV. 
La police a appréhendé en outre l'un des membres de la Cour 
constitutionnelle, Alparslan Altan. 
    Au Parlement, le Premier ministre Binali Yildirim a jugé que 
les putschistes n'étaient "pas des soldats mais des terroristes" 
et a appelé toutes les formations politiques qui n'étaient pas 
impliquées dans le coup de force à la coopérer pour donner le 
coup d'envoi d'un "nouveau départ". 
     
    AFFERMISSEMENT DE LA DEMOCRATIE? 
    Dans un communiqué commun lu au Parlement, les quatre 
principaux partis politiques, dont le HDP pro-kurde, ont 
condamné la tentative de coup d'Etat.  
    Kemal Kilicdaroglu, chef de file du CHP (social-démocrate et 
laïque) a dénoncé au Parlement la tentative de coup d'Etat et 
déclaré que cet événement allait favoriser le rapprochement 
entre les différentes composantes de la vie politique turque et 
l'affermissement de la démocratie. 
    En vacances dans le sud-ouest lorsque le coup d'Etat a été 
déclenché, le président Erdogan s'est envolé samedi matin pour 
Istanbul où son avion s'est posé peu avant l'aube et où il a été 
accueilli par une foule de partisans. 
    S'exprimant devant ces derniers, Recep Tayyip Erdogan a 
assuré que le gouvernement restait aux commandes du pays, même 
si quelques poches de putschistes résistaient encore à Ankara, 
la capitale du pays. 
    Samedi après-midi, la chaîne CNN Türk rapportait que les 
forces de sécurité avaient achevé une opération menée contre les 
putschistes au quartier général de l'état-major de l'armée. Des 
sources sécuritaires ont par ailleurs déclaré qu'une centaine de 
militaires avaient été arrêtés sur une base aérienne du sud-est 
du pays. 
    Un peu plus tard, le ministre de la Défense, Fikri Isik, a 
assuré que la tentative de putsch avait échoué et qu'aucun 
secteur du pays n'échappait plus au gouvernement d'Ankara. 
     
    GÜLEN MIS EN CAUSE 
    Les putschistes auraient, selon Recep Tayyip Erdogan, essayé 
d'attaquer la station balnéaire de Marmaris où il se reposait. 
"Ils ont bombardé des cibles juste après mon départ (...). Sans 
doute, pensaient-ils que nos étions encore là." 
    Le Parti de la justice et du développement (AKP, 
islamo-conservateur) dont Recep Tayyip Erdogan est issu 
entretient des relations compliquées avec l'armée dont un 
certain nombre de cadres défendent une vision laïque de l'Etat 
turc. 
    Si Recep Tayyip Erdogan est adulé par ses partisans, il est 
également honni par de nombreux Turcs qui le taxent 
d'autoritarisme et lui reprochent, entre autres, d'avoir 
brutalement réprimé les manifestations de 2013. 
    Adversaire déclaré des nouvelles technologies et des réseaux 
sociaux dont il tente de limiter l'influence, Recep Tayyip 
Erdogan leur doit peut-être l'échec du coup d'Etat qui le 
visait. Il a ainsi eu recours à une application de 
visioconférence pour s'adresser à la nation et appeler ses 
partisans à descendre dans les rues pour défendre le 
gouvernement. 
    Recep Tayyip Erdogan a mis en cause l'opposant Fethullah 
Gülen, qu'il accuse de longue date de noyauter les instances 
judiciaires et militaires pour le renverser. Le prédicateur 
réfugié aux Etats-Unis a toutefois condamné samedi la tentative 
de coup d'Etat et s'est dit étranger à cette dernière. 
  
    Les condamnations sont également venues de l'étranger où de 
nombreuses chancelleries ont exprimé leur soutien au 
gouvernement turc.   
    Le président américain Barack Obama et le secrétaire d'Etat 
John Kerry ont ainsi considéré "que toutes les parties en 
Turquie doivent soutenir le gouvernement démocratiquement élu, 
faire preuve de retenue, éviter la violence et les effusions de 
sang", a dit la Maison blanche dans un communiqué. 
    Les événements de Turquie ont des retombées sur la lutte 
contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak car 
l'espace aérien turc est fermé aux appareils militaires pour le 
moment. Washington a dit oeuvrer de concert avec les autorités 
turques à la reprise "dès que possible" des opérations aériennes 
à partir de la base d'Incirlik, dans le sud de la Turquie. 
     
    COUVRE-FEU ET LOI MARTIALE 
    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc 
Ayrault, a également condamné le coup de force en Turquie et 
salué la "grande maturité" et le "courage" de la population 
turque qui s'est engagée "pour le respect de ses institutions". 
    Jean-Marc Ayrault a eu un entretien téléphonique avec son 
homologue turc, Mevlut Cavusoglu, samedi, et a évoqué avec lui 
la tentative de coup d'Etat. 
    Quant au président François Hollande, il a jugé son 
homologue turc en mesure de rétablir "entièrement" la situation 
dans son pays mais s'attend à une période de répression. 
    Vendredi soir, les putschistes semblaient pourtant en 
position de force. Des militaires avaient fait irruption au 
siège de la TRT, la télévision publique, dont un présentateur a 
lu un communiqué accusant le gouvernement de porter atteinte à 
la démocratie et à la laïcité et annonçant l'instauration d'un 
couvre-feu national et de la loi martiale. 
    La TRT a ensuite cessé d'émettre mais les émissions ont 
repris aux premières heures de samedi après ce que le personnel 
a qualifié de prise d'otages. 
    Des avions de combat et des hélicoptères ont survolé Ankara 
tandis que des soldats bloquaient à Istanbul le pont enjambant 
le Bosphore qui sépare les rives asiatiques et européennes. 
    La dynamique du coup d'Etat s'est cassée dans la nuit 
lorsque des milliers de manifestants sont descendus dans la rue, 
défiant le couvre-feu et se réunissant sur les principales 
places d'Ankara et Istanbul, brandissant des drapeaux turcs et 
scandant des slogans hostiles aux putschistes. 
 
 (Avec Ayla Jean Yackley, David Dolan, Akin Aytekin et Orhan 
Coskun; Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane Brosse, Simon 
Carraud et Nicolas Delame pour le service français) 
 
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  • phiphou le samedi 16 juil 2016 à 22:10

    Le sultan plaque or montre son vrai profil de dictateur djihadiste. Comment les institutions européennes pourront elles conserver la moindre légitimité / credibilite si elles continuent à négocier l'entrée de ce pays gen.ocidai.re dans l'UE ?