SYNTHESE 3-Week-end crucial pour la Grèce et ses créanciers

le , mis à jour à 22:48
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* Tsipras convoque un conseil des ministre d'urgence * Merkel et Hollande pressent Tsipras d'accepter une offre "généreuse" * Risque de défaut mardi en l'absence d'accord ce week-end (Actualisé tout au long) par Renee Maltezou et Jan Strupczewski BRUXELLES/ATHENES, 26 juin (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a convoqué un conseil des ministres d'urgence vendredi, les bailleurs de fonds de la Grèce l'ayant prévenue qu'elle avait le week-end pour accepter un accord aide contre réforme au risque, dans la négative, de se retrouver en situation de défaut. En dépit de déclarations tranchées et d'accusations de "chantage", les négociations se poursuivent à Bruxelles pour tenter d'arracher un compromis qui maintienne la Grèce dans la zone euro et évite ainsi une tourmente économique, politique et financière. Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a déploré l'attitude qu'il juge intransigeante des créanciers (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne), qu'il accuse de durcir leurs positions à chaque fois qu'Athène fait une concession mais il estime qu'une entente est possible. "Je ne vois aucune raison pour que nous n'ayons pas un accord", a-t-il dit, dans un entretien à la chaîne de télévision grecque Antenna, écartant les rumeurs d'élections anticipées en cas d'échec à Bruxelles. "Il n'y a aucune raison d'organiser un référendum ou des élections ou encore que les négociations échouent. Le bon sens réclame un accord." Maniant la carotte et le bâton, les partenaires de la Grèce veulent bien débloquer des milliards d'euros d'aide si la Grèce accepte de réformer sa fiscalité et son régime des retraites, un tabou pour le gouvernement de gauche radicale élu en janvier sur la promesse de mettre fin à l'austérité. Ils ont également pris en compte la demande de Tsipras d'alléger la dette en proposant de confirmer un engagement remontant à 2012 par lequel serait éventuellement envisagé une prorogation des maturités des emprunts, une baisse de leurs taux et un moratoire sur les intérêts des prêts à la Grèce, a dit un haut fonctionnaire européen. Toutefois, un haut fonctionnaire gouvernement grec a jugé "totalement hors de propos" la proposition des créanciers de prolonger de cinq mois le programme d'aide en cours. En marge du Conseil européen qui s'est achevé vendredi à Bruxelles, le président François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont rencontré Tsipras pour lui proposer de remplir les caisses de son pays jusqu'en novembre en échange de réformes douloureuses, une offre que Merkel a qualifié de "généreuse". Tous deux disent que la réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) de samedi sera décisive puisqu'il ne reste plus guère de temps pour faire avaliser dans les temps un accord par le Parlement grec et ainsi débloquer les fonds qui éviteront à la Grèce de se retrouver en situation de défaut. En l'absence d'un compromis ce week-end, Athènes risque de ne pas pouvoir honorer l'échéance de mardi pour un remboursement de 1,6 milliard d'euros au FMI et la Grèce s'expose à une ruée aux guichets de ses banques et à la mise en place d'un contrôle des capitaux. PLAN B La zone euro peut aider la Grèce à honorer ses échéances au cours des prochains mois avec les fonds restant disponibles dans le cadre du plan d'aide en cours si celui-ci est prolongé de cinq mois, jusqu'en novembre, montre une note rédigée à l'attention des ministres des Finances de l'union monétaire. La note, que Reuters a pu se procurer, évalue les fonds que l'Union européenne et le FMI pourraient mettre à disposition de la Grèce à 15,5 milliards d'euros qui seraient versés en quatre tranches d'ici au mois de novembre. Un premier versement de 1,8 milliard d'euros pourrait être effectué d'ici à mardi mais il faudrait d'abord un accord qui soit ratifié par le Parlement grec. C'est à peine plus que ce dont la Grèce a besoin pour servir sa dette dans les six prochains mois et la proposition ne comporte pas d'argent frais. Pour ce faire, il faudrait un troisième renflouement, ce qui est pour l'heure une impossibilité politique à la fois à Athènes et à Berlin. L'Eurogroupe de samedi abordera également l'hypothèse d'un défaut et discutera du "plan B" qu'il faudrait alors mettre en oeuvre pour protéger les économies et les banques des partenaires de la Grèce, a-t-on appris auprès d'un haut représentant d'un gouvernement de la zone euro. Une sortie de la Grèce de l'union monétaire sera inévitable en l'absence d'un accord d'ici à mardi, a estimé vendredi Günther Oettinger, le membre allemand de la Commission européenne. "Nous allons tout faire jusqu'au 30 juin afin de permettre aux Grecs de montrer qu'ils sont prêts à des réformes", a-t-il déclaré sur la radio allemande Deutschlandfunk. "Un 'Grexit' n'est pas notre objectif mais il sera inévitable s'il n'y a pas de solution dans les cinq prochains jours." Des documents confidentiels rédigés par les créanciers de la Grèce et consultés par Reuters montrent que la dette de la Grèce resterait gérable, même dans la pire des hypothèses envisagées par le FMI, si les échéances des prêts zone euro étaient prolongées et les taux d'intérêt réduits. La dette grecque nécessiterait un important "reprofilage" et de nouvelles conditions mais sans "décote" (haircut) ou coûts budgétaires pour les créanciers. (avec Matthias Soboloweski à Berlin, Julien Ponthus, Alastair McDonald, Tom Koerkemeier, Barbara Lewis, Francesco Guarascio, Adrian Croft et Andreas Rinke à Bruxelles, George Georgiopoulos, Lefteris Karagiannopoulos à Athènes, avec Paul Taylor,; Patrick Vignal et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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