SYNTHESE 3-Cinq policiers tués à Dallas, un tireur voulait "tuer des Blancs"

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 (Actualisé avec précision sur le suspect, renforcement de la 
sécurité pour la convention républicaine, réaction de l'Onu) 
    par Lisa Maria Garza et Marice Richter 
    DALLAS, Texas, 8 juillet (Reuters) - Un homme au moins, qui 
voulait "tuer des Blancs" selon ses propres termes, a abattu 
jeudi soir cinq policiers et en a blessé sept autres à la fin 
d'une manifestation organisée à Dallas pour dénoncer la mort de 
deux Noirs tués cette semaine par la police. 
    Le suspect a été tué par un robot télécommandé porteur d'une 
bombe après avoir été encerclé par les forces de l'ordre. Lors 
des longues négociations qui ont précédé, il a déclaré avoir agi 
seul et ne faire partie d'aucune organisation. La police a 
toutefois parlé dans un premier temps de plusieurs tireurs et 
annoncé le placement de trois personnes en garde à vue.  
    Le tireur tué par la police, identifié par les médias sous 
le nom de Micah Xavier Johnson, était réserviste de l'armée, 
selon une source gouvernementale américaine. L'armée a par la 
suite précisé que ce Micah Xavier Johnson avait servi en 
Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014.  
    "Nous avons eu un échange de tirs avec le suspect. Nous 
n'avons pas eu d'autre choix que d'utiliser notre robot piégé", 
a dit le chef de la police de Dallas, David Brown, à la presse. 
    "Le suspect a dit qu'il était très affecté par les récentes 
fusillades policières (...) et qu'il en voulait aux Blancs. Il a 
affirmé qu'il voulait tuer des Blancs, en particulier des 
policiers blancs", a ajouté David Brown.     
    Les tirs ont éclaté peu avant 21h00 locales (01h00 GMT) dans 
un quartier du centre de Dallas où se situent de nombreux 
restaurants, hôtels et bâtiments publics, à la fin d'une 
manifestation pacifique qui avait rassemblé plusieurs centaines 
de personnes pour dénoncer les violences policières après la 
mort de deux Noirs, abattus par des policiers blancs à Baton 
Rouge, en Louisiane, et Falcon Heights, dans le Minnesota. 
  
     
    BLACK LIVES MATTER CONDAMNE LA FUSILLADE 
    La fusillade a semé la panique parmi les manifestants avant 
de gagner les policiers qui ont cru être les cibles de plusieurs 
tireurs embusqués sur des toits ou au niveau du sol.  
    Dans un premier temps, David Brown a déclaré que plusieurs 
tireurs embusqués avaient "opéré de manière concertée avec des 
fusils, procédant à des tirs croisés à partir de positions 
élevées en différents points de la zone du centre-ville où la 
manifestation s'est achevée". 
    Il y a deux ans, la mort de Michael Brown, un jeune Noir de 
18 ans, à Ferguson, dans la banlieue de St Louis, avait 
déclenché des émeutes et marqué le début d'un vif débat aux 
Etats-Unis sur les violences policières à l'encontre des 
minorités et, au-delà, relancé la question raciale. 
    D'autres bavures policières, notamment à New York et 
Baltimore, avaient produit les mêmes scènes de colère et de 
protestation, conduit des organisations à dénoncer un "racisme 
institutionnalisé", et donné naissance à un nouveau mouvement de 
défense des droits civiques baptisé "Black Lives Matter" (La vie 
des Noirs compte).     
    Selon la police, le tireur présumé de Dallas était 
"bouleversé par Black Lives Matter". Sur son compte Twitter, le 
mouvement a condamné la fusillade, déclarant "défendre la 
dignité, la justice et la liberté. Pas le meurtre". 
    Quinyetta McMillon, qui a eu un enfant avec Alton Sterling, 
l'homme tué par la police à Baton Rouge, a elle aussi 
"totalement rejeté les actes de violence répréhensibles qui ont 
été perpétrés contre des membres du département de police de 
Dallas". "Quelle que puisse être la colère des gens, le recours 
à ce genre de violence ignoble ne devrait jamais survenir et ne 
peut être toléré", a-t-elle dit.  
     
    TRUMP ET CLINTON ANNULENT LEURS MEETINGS 
    Le président Barack Obama, en visite à Varsovie pour le 
sommet annuel de l'Otan, a transmis ses condoléances au maire de 
Dallas Mike Rawlings au nom du peuple américain.  
    "Je crois parler au nom de chaque Américain en me déclarant 
horrifié par ces événements", a-t-il dit.  
    "Nous ne connaissons pas encore l'ensemble des faits. Ce que 
nous savons, c'est qu'il s'est agi d'une attaque brutale, 
calculée et abjecte contre les forces de l'ordre." 
    Donald Trump et Hillary Clinton, candidats à l'élection 
présidentielle du 8 novembre, ont annulé des meetings de 
campagne.  
    "Notre pays est devenu trop divisé. Trop d'Américains ont le 
sentiment d'avoir perdu espoir", a déclaré Donald Trump, qui 
briguera la présidence au nom du Parti républicain, dans un 
tweet, plaidant pour "un leadership fort, pour l'amour et la 
compassion." 
    Hillary Clinton a dit "porter le deuil des policiers abattus 
alors qu'ils effectuaient leur devoir".  
    La police de Cleveland a par ailleurs pris des mesures de 
sécurité supplémentaires pour la convention républicaine qui 
aura lieu du 18 au 21 juillet.  
    La fusillade de jeudi, dont le bilan est sans précédent pour 
les forces de l'ordre depuis les attentats du 11 septembre 2001, 
porte à 26 le nombre de policiers tués aux Etats-Unis depuis le 
début de l'année, soit une hausse de 44% par rapport aux 18 
policiers tués pendant la même période en 2015, selon le 
National Law Enforcement Officers Memorial Fund.  
    D'après un décompte du Washington Post, Philando Castile, 
mortellement blessé de quatre balles lors d'un banal contrôle 
routier mercredi soir dans le Minnesota, est quant à lui le 123e 
Noir américain abattu par la police en 2016. 
     
    Lors d'une conférence de presse, la ministre de la Justice 
Loretta Lynch a prôné l'apaisement et refusé que les événements 
de la semaine deviennent une "nouvelle norme" dans le pays.  
    Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a quant à 
lui souligné vendredi la nécessité de "régler (les problèmes) de 
discrimination, notamment les disparités raciales dans le 
maintien de l'ordre". 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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