SYNTHESE 2-Week-end crucial pour la Grèce et ses créanciers

le , mis à jour à 17:28
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* Merkel et Hollande font une offre "généreuse" à Athènes * Tsipras dénonce le chantage de ses créanciers * La menace d'un défaut se précise * L'Eurogroupe se réunit à nouveau samedi (actualisé après le Conseil européen) par Renee Maltezou et Julien Ponthus BRUXELLES, 26 juin (Reuters) - La Grèce et ses créanciers internationaux n'ont toujours pas trouvé d'accord vendredi et la menace d'un défaut imminent se précise, renforçant le caractère d'urgence de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui se tiendra samedi. En l'absence d'un compromis ce week-end, Athènes risque de ne pas pouvoir honorer l'échéance de mardi pour un remboursement de 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI). Un défaut grec pourrait provoquer une ruée vers les banques du pays et des mesures de contrôle des capitaux. Il relancerait en outre le scénario d'un "Grexit", autrement dit une sortie de la Grèce de la zone euro, et ne manquerait pas de provoquer des turbulences sur les marchés financiers. En marge du Conseil européen qui s'est achevé vendredi à Bruxelles, François Hollande et Angela Merkel ont rencontré Alexis Tsipras pour lui proposer de remplir les caisses de son pays jusqu'en novembre en échange de réformes sur les retraites et la fiscalité qu'il est réticent à mettre en oeuvre. La chancelière allemande a qualifié leur offre de "généreuse" mais elle n'a pas empêché le Premier ministre grec, élu sur la promesse de combattre l'austérité, de repasser à l'offensive en dénonçant la pression exercée par les bailleurs de fonds de son pays (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI). "Les principes fondateurs de l'Union européenne étaient la démocratie, la solidarité, l'égalité et le respect mutuel. Ces principes n'étaient pas basés sur le chantage et les ultimatums", a-t-il dit, en anglais, à des journalistes. Alexis Tsipras est rentré ensuite à Athènes pour préparer l'Eurogroupe de samedi, qui a été avancé de trois heures et débutera à 12h00 GMT, avec ses ministres et son parti de gauche radicale, Syriza. Dans ce contexte tendu, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenté de dédramatiser la situation sans nier l'importance de l'enjeu. "Demain (samedi) est une journée cruciale non seulement pour la Grèce mais aussi pour l'ensemble de la zone euro", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Je suis assez optimiste mais pas exagérément", a-t-il ajouté avant d'évoquer "une vraie chance de parvenir à un accord". PLAN B La zone euro peut aider la Grèce à honorer ses échéances de dette au cours des prochains mois avec les fonds restant disponibles dans le cadre du plan d'aide en cours si celui-ci est prolongé de cinq mois, jusqu'en novembre, montre une note rédigée à l'attention des ministres des Finances de l'union monétaire. La note, que Reuters a pu se procurer, évalue les fonds que l'Union européenne et le FMI pourraient mettre à disposition de la Grèce à 15,5 milliards d'euros qui seraient versés en quatre tranches d'ici au mois de novembre. Un premier versement de 1,8 milliard d'euros pourrait être effectué d'ici à mardi mais il faudrait d'abord un accord qui soit ratifié par le Parlement grec. L'Eurogroupe de samedi abordera également samedi l'hypothèse d'un défaut et discutera du "plan B" qu'il faudrait alors mettre en oeuvre pour protéger les économies et les banques des partenaires de la Grèce, a-t-on appris auprès d'un haut représentant d'un gouvernement de la zone euro. Une sortie de la Grèce de l'union monétaire sera inévitable en l'absence d'un accord d'ici à mardi, a estimé vendredi Günther Oettinger, le membre allemand de la Commission européenne. "Nous allons tout faire jusqu'au 30 juin afin de permettre aux Grecs de montrer qu'ils sont prêts à des réformes", a-t-il déclaré sur la radio allemande Deutschlandfunk. "Un 'Grexit' n'est pas notre objectif mais il sera inévitable s'il n'y a pas de solution dans les cinq prochains jours." Les Bourses européennes, qui s'étaient envolées en début de semaine sur des espoirs d'un accord imminent, étaient volatiles vendredi et évoluaient en ordre dispersé à l'approche de la clôture. Celle d'Athènes .ATG , déjà fermée, a gagné 2,03%. Selon les statistiques publiées vendredi par la BCE, les dépôts bancaires grecs sont tombés en mai à leur plus bas niveau depuis près de 11 ans. A 135,7 milliards d'euros, ils ont diminué de près de 3,7 milliards en un mois. "Je suis confiant quant à la volonté de la BCE de soutenir le financement des banques grecques pendant la période de négociation", a dit le ministre grec de l'Economie, Giorgos Stathakis, à La Tribune. "Evidemment, s'il n'y a pas d'accord, ni les Européens, ni les Grecs ne savent de quoi sera fait le jour d'après." (avec Matthias Soboloweski à Berlin, Jan Strupczewski et Andreas Rinke à Bruxelles; Patrick Vignal pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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