SYNTHESE 2-Repli de l'armée ukrainienne, l'UE étudie des sanctions

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(Actualisée avec proposition des séparatistes et réunion à Minsk §§3-6) * Poursuite de la progression des insurgés sur le terrain * Porochenko parle d'une "agression directe et ouverte" de la Russie * Les séparatistes prêts à se contenter d'un "statut spécial" * Merkel juge que les sanctions ne sont plus une "option" par Richard Balmforth et Pavel Polityuk KIEV, 1er septembre (Reuters) - L'armée ukrainienne a été contrainte lundi de se replier et d'abandonner l'aéroport de Louhansk, bastion des séparatistes pro-russes dans l'est du pays où Moscou se livre, selon le président Petro Porochenko, à "une agression directe et ouverte". Au lendemain des déclarations de Vladimir Poutine sur une "structure étatique" dans le sud-est de l'Ukraine, les Européens expriment une nouvelle fois leur mécontentement et considèrent par la voix de leur futur porte-parole pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, que le président russe n'est pas "un partenaire diplomatique fiable". Une réunion du "groupe de contact" s'est tenue à Minsk, capitale de la Biélorussie. Elle s'est achevée sans annonce mais avec un engagement de reprendre les discussions vendredi, selon un chef des séparatistes pro-russes ayant participé à cette rencontre avec des représentants de la Russie et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l'ancien président ukrainien Leonid Koutchma qui représente officieusement Kiev. ( ID:nL5N0R24JE ) Avant le début de cette réunion, les séparatistes se sont dits prêts à renoncer à leur objectif d'indépendance si le gouvernement ukrainien accepte d'accorder un "statut spécial" à leur région. Cette proposition est a priori inacceptable pour Kiev, d'autant qu'elle est assortie de conditions, dont l'arrêt de l'offensive des forces gouvernementales. L'abandon de l'aéroport de Louhansk confirme le renversement de la tendance sur le terrain où les troupes gouvernementales, après avoir engrangé les succès en juillet, essuient désormais une série d'échecs face aux insurgés. Dans un communiqué, l'armée ukrainienne a d'abord précisé que des unités parachutistes affrontaient un bataillon de blindés russes près de cette localité stratégique avant que soit donné l'ordre d'un retrait et de l'abandon de l'aéroport. Pour le président Petro Porochenko, qui s'exprimait devant une académie militaire à Kiev, cette inversion du rapport de force est la conséquence d'une implication directe des Russes aux côtés des séparatistes. "Une agression directe et ouverte a été lancée contre l'Ukraine par un Etat voisin. Cela a changé de manière radicale la situation dans la zone de conflit", a-t-il expliqué. CONSÉQUENCES Le porte-parole des forces ukrainiennes, Andriy Lissenko, a indiqué que sept chars russes avaient été détruits près de l'aéroport et qu'une concentration de troupes était en cours au nord et au sud de Louhansk, à l'arrière des lignes des forces gouvernementales. "Selon nos données opérationnelles, il n'y a pas moins de quatre bataillons tactiques (russes) en Ukraine", chacun comptant 400 hommes, a ajouté Andriy Lissenko. Les rebelles se sont rendus maîtres la semaine passée de la localité de Novoazovsk, sur la côte de la mer d'Azov, et menacent désormais le port stratégique de Marioupol, porte ouvrant sur l'ouest du pays. Ce deuxième front a offert aux séparatistes un avantage qu'ils ont immédiatement exploité en coulant une vedette des gardes-côtes, dimanche, premier incident maritime depuis le début du conflit. Deux membres d'équipage sont portés disparus. Face à cette extension des combats, Angela Merkel qui a plusieurs fois tenté de négocier avec Vladimir Poutine a affirmé lundi qu'"accepter le comportement de la Russie n'était pas possible". "J'ai déjà dit que (les sanctions) pouvaient avoir un impact, y compris pour les entreprises allemandes", a dit la chancelière allemande lors d'une conférence de presse à Berlin. "Mais autoriser un pays à changer les frontières de l'Europe et à attaquer d'autres pays avec ses troupes a aussi des conséquences", a-t-elle ajouté. Elle a jugé qu'il était "nécessaire de préparer de nouvelles sanctions" comme s'y sont engagés les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles ce week-end. POUTINE, PAS UN PARTENAIRE DIPLOMATIQUE FIABLE La Commission européenne doit dresser dans le délai d'une semaine une liste de mesures parmi lesquelles une éventuelle interdiction d'acheter de nouvelles obligations d'Etat russes, ont indiqué trois sources au sein de l'UE. ( ID:nL5N0R22XO ) Les technologies à double usage civil et militaire pourraient également être ciblées, de même que les équipements de prospection dans le domaine de l'énergie, a précisé l'une de ces sources. Les Européens font le constat que, malgré de nombreuses initiatives pour favoriser un dialogue, la Russie met en oeuvre sur le terrain une politique susceptible de remettre en cause l'intégrité territoriale de l'Ukraine. "Poutine n'a jamais respecté les engagements qu'il a pris en plusieurs occasions, à Genève, en Normandie, à Berlin", a commenté la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, qui a été désignée pour remplacer Catherine Ashton comme représentante de la diplomatie européenne. ( ID:nL5N0R21ZI ) Jugeant, dans un entretien au Corriere della Sera, que Poutine n'est pas un partenaire diplomatique fiable, Mogherini a expliqué que le Kremlin était seul responsable des sanctions économiques qui affectaient la Russie. "La question est de savoir si l'effet que ces sanctions ont sur l'économie russe va inspirer un comportement rationnel à ses dirigeants", note-t-elle. (Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • Berg690 le lundi 1 sept 2014 à 23:32

    "Mais autoriser un pays à changer les frontières de l'Europe et à attaquer d'autres pays avec ses troupes a aussi des conséquences", a-t-elle ajouté. Il faudrait que Mme Merkel revisite son histoire de la Yougoslavie.

  • Berg690 le lundi 1 sept 2014 à 23:26

    Débandade serait plus juste et encore est-ce faible.

  • delapor4 le lundi 1 sept 2014 à 23:15

    A vomir!