SYNTHESE 2-Obama prévient que la crise en Irak sera longue à résoudre

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(Actualisé avec déclarations d'Obama, de la France, de la GB et situation sur le terrain) par Mark Felsenthal et Patricia Zengerle WASHINGTON, 9 août (Reuters) - Les bombardements de l'armée américaine dans le nord de l'Irak ont permis de détruire des armements que l'Etat islamique (EI)aurait pu utiliser pour attaquer les Kurdes, a déclaré samedi Barack Obama, tout en prévenant qu'il n'y aurait pas de solution rapide à la crise actuelle. S'exprimant au lendemain de frappes de l'aviation américaine contre les djihadistes sunnites, le président des Etats-Unis a souligné qu'il faudrait davantage que des bombes pour rétablir la stabilité de l'Irak, critiquant ainsi le Premier ministre chiite Nouri al Maliki pour son incapacité à inclure les sunnites dans le processus de décision. Barack Obama s'est prévalu du soutien des dirigeants de la France et de la Grande-Bretagne, deux pays qui ont annoncé de prochaines livraisons d'aide humanitaire aux civils du nord de l'Irak menacés par la progression des combattants de l'Etat islamique. "Je ne crois pas que nous allons résoudre ce problème en quelques semaines. Cela va prendre un certain temps", a dit le président américain, admettant que la progression des djihadistes avait été "plus rapide" que ce à quoi s'attendaient les responsables irakiens et la communauté internationale. Déjà maître d'une partie de la Syrie, l'Etat islamique s'est emparé depuis début juin de larges pans de territoires dans l'ouest et le nord de l'Irak. Depuis début août, ses hommes progressent dans le nord irakien et se sont approchés d'Erbil, la capitale du Kurdistan autonome jusque là relativement épargné par les violences confessionnelles qui ensanglantent une grande partie de l'Irak. PRESSIONS SUR MALIKI D'après le Pentagone, deux chasseurs F/A-18 ont largué vendredi des bombes à guidage laser sur des pièces d'artillerie de l'Etat islamique. Des mortiers et un convoi ont aussi été pris pour cibles. Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis continueraient à fournir un appui militaire aux forces irakiennes et kurdes. Les bombardements de vendredi constituent la première intervention militaire directe des Etats-Unis en Irak depuis le retrait des forces combattantes américaines de ce pays en 2011. Il a toutefois insisté sur la nécessité de former à Bagdad un gouvernement représentant les diverses communautés du pays alors que la crise est en partie imputée à Nouri al Maliki, coupable aux yeux de ses détracteurs d'avoir exclu les sunnites du pouvoir et d'avoir ainsi favorisé l'insurrection en cours. "Je crois que c'est un coup de semonce pour les Irakiens de Bagdad qui doivent réaliser qu'ils doivent agir différemment s'ils veulent préserver l'unité de leur pays", a dit le président américain avant de s'envoler pour deux semaines de congés dans le Massachusetts. Face à la menace de l'EI, les autorités de Bagdad ont entrepris de coopérer militairement avec les Kurdes ( ID:nL6N0QE5FX ). Une source proche du gouvernement régional kurde a déclaré que le pouvoir autonome du Kurdistan avait reçu des armements lourds supplémentaires de la part du gouvernement fédéral de Bagdad "et d'autres gouvernements", sans plus de précisions. Barack Obama a annoncé que les Etats-Unis avaient réussi à larguer à deux reprises de l'eau et de la nourriture aux civils menacés dans le nord de l'Irak. PARIS SOUTIENT WASHINGTON La France et la Grande-Bretagne ont annoncé qu'elles allaient à leur tour procéder rapidement à de premières livraisons d'équipements de premier secours aux populations civiles de cette région. François Hollande en a fait l'annonce à Massoud Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan d'Irak, indique l'Elysée dans un communiqué. ( ID:nL6N0QF0Q8 ) Le président français s'est aussi entretenu avec son homologue américain et lui a exprimé "son soutien des positions et des actions décidées par les Etats-Unis", dit l'Elysée. "Ils ont examiné ensemble les modalités de leur coopération pour aider les forces qui combattent l'EI et venir en aide d'urgence aux populations menacées", poursuit la présidence française. Dans sa conférence de presse, Barack Obama a évoqué l'établissement d'un corridor pour permettre aux Yazidis de fuir le mont Sinjar où ils sont assiégés par des combattants de l'Etat islamique, qui considèrent ces adeptes de ce culte pré-islamique comme des "adorateurs du diable". "L'aviation américaine est positionnée pour frapper les terroristes déployés autour de cette montagne afin d'aider les forces en Irak à briser le siège et à secourir ceux qui sont pris au piège", a dit le président américain. Face aux inquiétudes apparues aux Etats-Unis sur une nouvelle implication militaire américaine en Irak, il a souligné qu'il n'avait aucunement l'intention d'envoyer des troupes au sol. Barack Obama avait fait de son opposition à la guerre en Irak lancée en 2003 par son prédécesseur George W. Bush l'un de ses principaux arguments de campagne pour son élection à la Maison blanche en 2008. "Nous devrions avoir appris la leçon de notre longue et immensément coûteuse incursion en Irak", a-t-il dit. (avec Michael Georgy à Bagdad; Henri-Pierre André, Tangi Salaün et Bertrand Boucey pour le service français)

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