SYNTHESE 2-L'OSCE juge la trêve en Ukraine globalement respectée

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* L'OSCE juge le cessez-le-feu globalement respecté * Porochenko tient un discours offensif à Marioupol * L'UE adopte des sanctions et donne du temps à Moscou * Moscou menace d'interdire le survol de son territoire (Actualisé avec sanctions européennes § 20-23) par Aleksandar Vasovic et Gabriela Baczynska MARIOUPOL/DONETSK, Ukraine, 8 septembre (Reuters) - Le cessez-le-feu en vigueur depuis vendredi soir dans l'est de l'Ukraine a globalement été respecté mais il est urgent de trouver une solution politique au conflit entre Kiev et les séparatistes pro-russes, a estimé lundi l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Cette trêve est la première étape d'un plan de paix censé mettre fin à cinq mois de combats qui ont fait plus de 3.000 morts, selon l'Onu. L'accord conclu entre Kiev et Moscou suscite encore beaucoup de réserves, notamment de la part de l'Union européenne, qui devait dévoiler dans la journée de nouvelles sanctions contre la Russie visant notamment, selon des sources diplomatiques, les compagnies pétrolières russes. Moscou a d'ores et déjà menacé de riposter en interdisant le survol du territoire russe aux compagnies aériennes occidentales. Le président ukrainien Petro Porochenko s'est de son côté rendu à Marioupol, où se sont déroulés les combats les plus violents avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et où l'artillerie rebelle a encore tiré sur les forces gouvernementales samedi soir. Une femme a été tuée et quatre personnes blessées pendant ce bombardement, la plus grave entorse à la trêve jusqu'à présent. "Globalement, le cessez-le-feu a tenu même s'il reste fragile", a souligné l'ambassadeur suisse Thomas Greminger, dont le pays assume la présidence tournante de l'OSCE, lors d'une réunion extraordinaire des 57 pays membres lundi à Vienne. Il a ajouté que les prochains jours seraient décisifs pour la viabilité de cette trêve. POROCHENKO À MARIOUPOL Signe des tensions toujours vives, Petro Porochenko a annoncé à son arrivée à Marioupol, sur les rives de la mer d'Azov, le renforcement des défenses de la ville avec le déploiement de chars, de lance-roquettes et de canons antiaériens. "Nous n'abandonnerons pas ce territoire à qui que ce soit", a déclaré le chef de l'Etat ukrainien en allusion à la Russie, qu'il accuse d'être intervenue militairement pour éviter aux séparatistes une défaite qui se profilait. Alors qu'une solution politique paraît toujours lointaine, les deux camps se sont mutuellement renvoyé la responsabilité des violations de la trêve. "Les forces (gouvernementales) ukrainiennes respectent le cessez-le-feu mais quand leur vie est menacée, elles ripostent", a déclaré le porte-parole de l'armée, Andriy Lissenko. "Elles sont restées sur les positions qu'elles occupaient au moment où le cessez-le-feu a été conclu." Un journaliste de Reuters a entendu de nouveaux tirs de mortier lundi après-midi près de l'aéroport de Donetsk. Ces incidents répétés et l'absence manifeste de confiance entre les deux camps augurent mal d'une solution politique, a estimé lundi le président de la Confédération suisse. "Je ne suis pas du tout optimiste. Je ne suis pas du tout optimiste depuis le début", a déclaré Didier Burkhalter à l'association suisse des correspondants de la presse étrangère à Genève. "Un cessez-le-feu tout seul n'est pas suffisant", a-t-il insisté. L'Allemagne a également rappelé que la trêve n'était pas une fin en soi. "Il n'y a pas que cette question d'un cessez-le-feu. Il y a une longue liste de points qui ont fait l'objet d'un accord et qui doivent être mis en oeuvre", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. "Il y a d'autres questions comme la mission d'observation de l'OSCE, l'échange de prisonniers et d'otages, la surveillance des frontières et l'ouverture d'un dialogue. Il y a beaucoup d'autres choses que simplement respecter le cessez-le-feu", a-t-il insisté. A Marioupol, Petro Porochenko a annoncé que les séparatistes avaient remis 1.200 prisonniers de guerre à l'Ukraine depuis l'accord de trêve. SANCTIONS EUROPÉENNES Pour maintenir la pression sur la Russie, accusée par Kiev et ses alliés occidentaux d'entretenir le conflit, l'Union européenne a annoncé lundi qu'elle avait adopté un nouveau train de sanctions contre Moscou. Mais souhaitant donner une chance à la trêve, le président de la Commission européenne, Herman van Rompuy, a précisé que la mise en oeuvre de ces dispositions interviendrait dans quelques jours en tenant compte de la situation sur le terrain. "L'entrée en vigueur (des nouvelles sanctions) par la publication au Journal officiel interviendra dans les prochains jours", a dit le président du Conseil européen dans un communiqué. "Cela laissera le temps pour une évaluation de la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu et du plan de paix", ajoute le texte. "L'Union européenne se tient prête à revoir en totalité ou en partie les sanctions qui ont été convenues en fonction de la situation sur le terrain", ajoute la présidence du Conseil européen. Selon une source diplomatique européenne, l'UE a ajouté les principaux producteurs et transporteurs de pétrole russes - Rosneft ROSN.MM , Transneft et Gazprom Neft - sur la liste d'entreprises publiques interdites d'accès aux marchés de capitaux européens. Ces nouvelles sanctions ne concernent pas le secteur gazier et notamment Gazprom GAZP.MM , premier producteur mondial de gaz et principal fournisseur de gaz de l'Europe. Dans une interview publiée lundi par le quotidien russe Vedomosti, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a prévenu que Moscou répondrait "de manière asymétrique" à toute nouvelle sanction à son encontre et a brandi la menace d'une interdiction de survol de son territoire. ID:nL5N0R911W (Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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