SYNTHESE 2-L'économie de la zone euro à l'arrêt au 2e trimestre

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(Actualisé avec PIB et inflation zone euro, détails et commentaires) * Le PIB de la zone euro a stagné au T2 * L'économie allemande en contraction * Le PIB français cale, Paris abaisse ses prévisions * Les sanctions contre la Russie pèsent déjà sur l'activité * L'inflation au plus bas depuis 2009 par Michelle Martin et Martin Santa BERLIN/BRUXELLES, 14 août (Reuters) - L'économie de la zone euro a calé au deuxième trimestre, un résultat inférieur aux attentes lié avant tout à la baisse de l'activité en Allemagne et à sa stagnation en France, montre la première estimation publiée jeudi par Eurostat, qui augure mal d'un second semestre au cours duquel les échanges risquent de souffrir des sanctions visant la Russie. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) des Dix-Huit sur avril-juin. Mais ils avaient été interrogés avant l'annonce jeudi d'une contraction de 0,2% de l'économie allemande et d'une croissance zéro en France, deux performances plus mauvaises qu'anticipé. Eurostat a confirmé la croissance de 0,2% du premier trimestre. Le gouvernement français a dans la foulée revu à la baisse ses prévisions et ne table plus que sur environ 0,5% de croissance cette année, deux fois moins qu'auparavant. ID:nL6N0QK0NC Le coup d'arrêt subi par la zone euro, dont le PIB annuel global avoisine 9.600 milliards d'euros, risque de se voir prolongé par l'impact des sanctions contre Moscou décidées le mois dernier par l'Union européenne en arguant du rôle joué par la Russie dans la crise ukrainienne. "Les chiffres d'aujourd'hui montrent que la reprise reste trop faible pour compenser les chocs extérieurs, ce qui signifie que la croissance du PIB va probablement rester coincée en mode 'stop and go'", estime Peter Vanden Houte, chef économiste zone euro de la banque ING. Par rapport au deuxième trimestre de l'an dernier, le PIB des Dix-Huit s'affiche en hausse de 0,7%, comme attendu, après +0,9% au premier trimestre. LA BCE SOUS PRESSION Outre l'Allemagne et la France, l'Italie, troisième économie du bloc, a aussi souffert ces derniers mois, entrant dans sa troisième récession depuis 2008. ID:nL6N0QC30N L'Italie et la France ont pris la tête ces dernières semaines d'une campagne en faveur de nouvelles mesures politiques et économique au niveau de l'Union européenne pour soutenir la croissance, quitte à freiner les efforts d'assainissement des finances publiques. Face à elles, l'Allemagne et d'autres Etats membres se montrent très réticents à s'engager sur une telle voie. Le président de la Bundesbank Jens Weidmann a déclaré dans un entretien publié mercredi par le quotidien français Le Monde que la politique monétaire de la zone euro ne devait pas avoir pour but un affaiblissement de l'euro. Il a ajouté qu'il appartenait à chacun des pays membres d'adopter des mesures de soutien à la croissance, rejetant ainsi implicitement l'appel français à de nouvelles mesures de soutien de la Banque centrale européenne (BCE). ID:nL6N0QJ1Z4 Une enquête de Reuters montre que les économistes évaluent à 15% seulement pour 2014 et à un tiers environ pour 2015 la probabilité de voir la BCE s'engager cette année sur la voie de l'"assouplissement quantitatif", c'est à dire l'achat de dettes, d'Etats notamment, sur les marchés financiers pour stimuler le crédit et l'activité. Dans une tribune publiée jeudi par le Monde, Michel Sapin, le ministre français de l'Economie, estime que la BCE doit ""aller jusqu'au bout de ses possibilités, conformément à son mandat, pour que le risque de déflation disparaisse et que l'euro retrouve un niveau plus favorable à la compétitivité de nos économies". Eurostat a confirmé jeudi que l'inflation dans la zone euro était tombée le mois dernier à 0,4% seulement sur un an, son plus bas niveau depuis octobre 2009. LE HANDICAP DES SANCTIONS CONTRE MOSCOU Les rares bonnes nouvelles proviennent de pays ayant fortement souffert de la crise ces dernières années, comme l'Espagne et le Portugal, où la croissance a atteint 0,6%, mais aussi des Pays-Bas, dont le PIB a rebondi de 0,5% après un tassement de 0,4% sur janvier-mars. La Grèce, elle, affiche sa plus faible contraction depuis la fin 2008, ce qui entretient l'espoir de la voir émerger de six ans de récession. Les Bourses de Paris et Francfort étaient dans le rouge à la mi-journée et sur le marché obligataire, les rendements à dix ans allemand et français ont inscrit de nouveaux plus bas historiques. Les investisseurs n'attendent pour l'instant aucune amélioration sur le front conjoncturel, bien au contraire: les sanctions contre Moscou, auxquelles le Kremlin a riposté par un embargo sur de nombreux produits européens, risquent de plomber l'activité au cours des prochains mois. "Les indicateurs récents ne constituent pas un message très prometteur. Les risques liés à la Russie - directement et via les effets indirects pour l'Europe centrale et orientale - ne doivent pas être sous-estimés. Il faut s'attendre à une croissance moins dynamique pour le troisième trimestre et pour 2014", dit Marzina von Terzi, analyste d'UniCredit. Tableau du PIB ID:nB5N0N700L Les indicateurs de la zone euro en temps réel ECONEZ (avec Yann Le Guernigou, Jean-Baptiste Vey et Marc Angrand à Paris, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • M156470 le jeudi 14 aout 2014 à 09:40

    Et vous, les médias, vous voudriez peut-être que l'on encense la gauche qui nous trahit ??? Aucune promesse n'est tenue et on noie le poisson en faisant circuler en boucle des nouvelles désastreuses qui se passent à l'extérieur de la France pour détourner l'attention.Vous n'avez pas parlé du chômage le mois dernier !!!....

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