SYNTHESE 2-L'armée syrienne progresse près d'Alep, Genève sous la menace

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    * Les représentants de Damas et de l'opposition contredisent 
l'émissaire de l'Onu 
    * La progression de l'armée syrienne autour d'Alep complique 
davantage encore la donne 
    * L'opposition prête à quitter Genève à défaut de progrès 
sur le terrain 
    * Le rôle de la Russie est pointé du doigt 
 
 (Actualisé avec annulation d'une rencontre De 
Mistura-opposition § 7-8) 
    par Suleiman Al-Khalidi et John Irish 
    AMMAN/GENEVE, 2 février (Reuters) - Les forces 
gouvernementales syriennes appuyées par l'aviation russe ont 
poursuivi leur progression mardi dans la région d'Alep, la 
grande ville du nord-ouest de la Syrie divisée entre loyalistes 
et rebelles, compliquant la tâche des Nations unies qui tentent 
d'amorcer des négociations de paix intersyriennes à Genève. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et 
des médias d'Etat syriens, les forces fidèles à Bachar al Assad 
ont avancé au nord-ouest d'Alep en direction de Nouboul et Al 
Zahraa. Ces deux villages chiites, à une vingtaine de kilomètres 
de la ville d'Alep, sont restés fidèles au régime mais sont 
encerclés par les forces rebelles. 
    Les gains territoriaux des forces pro-Assad menacent les 
lignes d'approvisionnement des insurgés entre la Turquie et 
Alep. 
    Cette offensive majeure, la première dans le secteur depuis 
l'entrée en action de l'aviation russe fin septembre, a débuté 
lundi, alors que se poursuivaient à Genève les tractations en 
vue de l'ouverture de "négociations de proximité" sous l'égide 
des Nations unies. L'envoyé spécial de l'Onu, Staffan de 
Mistura, a certes annoncé lundi en début de soirée l'ouverture 
officielle de ces discussions indirectes entre les représentants 
du gouvernement et de l'opposition. (voir  ID:nL8N15G4LS ) 
    Mais il a été démenti mardi par le chef de la délégation de 
Damas, Bachar al Djaafari. "Les conditions formelles ne sont pas 
encore réunies. Nous sommes toujours dans la phase préparatoire 
avant le lancement officiel des négociations indirectes", a-t-il 
dit à la presse après deux heures et demie d'entretien avec 
l'émissaire onusien. 
    "Pour préparer ce lancement officiel, il nous faut les deux 
délégations mais dans l'autre camp, la délégation n'a pas été 
finalisée", a poursuivi le diplomate syrien. 
     
    "LE RÉGIME ET LA RUSSIE MENACENT LE PROCESSUS POLITIQUE" 
    Le Haut Conseil pour les négociations (HCN), regroupement de 
groupes d'opposition et de mouvements rebelles formé en décembre 
à Ryad, lui non plus n'est pas sur la ligne du représentant de 
l'Onu.  
    Une nouvelle rencontre qui était programmée en fin de 
journée entre De Mistura et la délégation de l'opposition a été 
annulée. 
    "Il est évident à travers la situation actuelle que le 
régime et ses alliés, en particulier la Russie, sont déterminés 
à rejeter les efforts de l'Onu pour mettre en oeuvre le droit 
international", a déclaré Salim al Mouslat, porte-parole du HCN. 
    "Les actes du régime et de la Russie menacent gravement les 
premières étapes du processus politique", a-t-il ajouté. 
    Pour l'opposition, qui souligne que sa délégation n'est pas 
à Genève pour négocier mais pour tester les intentions du 
régime, il ne peut y avoir de discussions même indirectes tant 
que le gouvernement syrien bombarde des secteurs civils, 
maintient le blocus des villes assiégées et refuse de libérer 
des détenus. 
    Ces conditions figurent dans la résolution 2254 adoptée à 
l'unanimité le 18 décembre dernier par le Conseil de sécurité 
des Nations unies. Son article 12 demande l'accès de l'aide 
humanitaire aux zones assiégées et l'article 13 exige l'arrêt du 
bombardement des populations civiles. 
    "Nous avons dit clairement à l'émissaire de l'Onu qu'il ne 
doit pas interpréter à tort les échanges que nous avons avec lui 
comme le début d'un processus de négociation", prévenait dès 
lundi soir Monzer Makhous, membre du HCN, avant d'insister: 
"Nous ne sommes là que pour quelques jours. Soyons clairs, 
quelques jours seulement: s'il n'y a pas de progrès sur le 
terrain, nous partirons." 
    De Mistura a souligné pour sa part qu'il appartenait aux 
grandes puissances impliquées dans le processus syrien de mettre 
en place des cessez-le-feu en Syrie. 
     
    "BATAILLE DÉCISIVE" 
    Dans la région d'Alep, où les forces pro-gouvernementales 
progressent depuis deux jours avec l'appui de l'aviation russe, 
l'heure n'est pas à un cessez-le-feu. 
    Joint par Reuters, un commandant rebelle a annoncé un 
déploiement de renforts, dont des missiles antichar TOW de 
conception américaine, l'arme la plus efficace de la rébellion 
syrienne fournie dans le cadre d'un programme supervisé par la 
CIA, en vue de ce qu'il a qualifié de "bataille décisive". 
    "Nous y avons envoyé de nouveaux combattants ce matin, des 
armes plus lourdes. Il y aura semble-t-il, si Dieu le veut, une 
bataille décisive dans le nord", a dit Ahmed al Séoud, 
commandant de la Division 13 de l'Armée syrienne libre (ASL). 
    Le secteur d'Alep et les territoires situés au nord de la 
deuxième ville du pays, vers la frontière turque, sont 
stratégiques pour les deux camps. 
    D'après un correspondant de la chaîne de télévision 
pro-gouvernementale Al Mayadine intégré aux forces 
gouvernementales, plus de 150 frappes aériennes ont accompagné 
leur progression ces deux derniers jours. 
    L'intervention russe, ordonnée fin septembre par Vladimir 
Poutine, a bouleversé la donne militaire en Syrie. 
    Dans une interview accordée la nuit dernière à Reuters, en 
marge d'un déplacement en Jordanie, le secrétaire britannique au 
Foreign Office, Philip Hammond, a accusé le président russe 
d'attiser le confit. 
    "Il m'est toujours pénible de constater que tout ce que nous 
entreprenons est saboté par les Russes", a-t-il dit. "Le 
problème, avec les Russes, c'est que, pendant qu'ils parlent, 
ils bombardent, et ils prêtent main forte à Assad." (voir 
 ID:nL8N15G4TX ) 
 
    VOIR AUSSI 
    Le texte en français de la résolution 2254 
    http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2254(2015) 
 
 (avec Tom Perry à Beyrouth et Kinda Makieh à Genève; Eric Faye, 
Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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