SYNTHESE 2-Grèce-Nouvelle téléconférence de l'Eurogroupe mercredi matin

le , mis à jour à 22:42
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(Actualisé tout du long) * Tsipras adresse de nouvelles propositions à l'Eurogroupe * Athènes demande un délai au FMI * Merkel ne veut rien négocier avant le référendum * Manifestation d'inquiétude à Athènes par Renee Maltezou et Lefteris Papadimas BRUXELLES/ATHENES, 30 juin (Reuters) - Les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont convenu d'organiser mercredi matin à 09h30 GMT une seconde téléconférence pour discuter de nouvelles propositions faites par la Grèce alors que son programme de renflouement arrivait à expiration mardi à minuit et que des signes d'inquiétude étaient perceptibles dans la population grecque à l'idée d'une sortie de la zone euro. La téléconférence qui s'est tenue mardi entre les ministres de l'Eurogroupe n'a pas permis de dégager un accord avant l'échéance du plan d'aide, ni celle du remboursement de 1,6 milliard d'euros dus au Fonds monétaire international (FMI) prévue à minuit heure de Washington (mercredi 04h00 GMT). S'exprimant à l'issue de la réunion d'urgence organisée mardi, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a annoncé qu'une requête de dernière minute contenue dans une lettre du Premier ministre grec Alexis Tsipras avait été adressée aux ministres afin d'obtenir une prolongation du plan d'assistance financière à son pays. "Nous avons passé le délai, cela arrive trop tard", a déclaré Dijsselbloem à Reuters. "Il y a toute une procédure à suivre. Entre temps, la situation en Grèce s'est détériorée encore plus malheureusement, aussi c'est une voie difficile qu'il faut envisager". Le président de l'Eurogroupe a envisagé la possibilité d'un nouveau plan d'aide mais a précisé que celui-ci pourrait être accordé à des conditions plus strictes qu'auparavant. Il a ajouté que ce nouveau programme ne pourrait faire l'objet d'un accord qu'après le référendum convoqué par le gouvernement grec pour dimanche et qu'il exigerait un changement d'attitude de la part des dirigeants à Athènes. "Ce qui peut changer est la position politique du gouvernement grec qui a conduit à cette situation malheureuse", a-t-il affirmé. Tentant de trouver une issue après la rupture des négociations le week-end dernier, le gouvernement Tsipras a fait savoir qu'il pourrait modifier sa consigne de vote pour la consultation référendaire de dimanche et appeler à voter "oui", voire à annuler le scrutin, si un nouveau prêt était consenti, indiquent des sources au sein de la zone euro. Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a fait cette proposition à ses homologues lors de la téléconférence de mardi, une proposition confirmée par le Premier ministre maltais qui s'exprimait devant son parlement. Cette offre était accompagnée par de nouvelles propositions contenues dans la lettre de Tsipras à l'Eurogroupe dont les termes se rapprocheraient des exigences formulées par les institutions, a précisé une source européenne. MERKEL INTRANSIGEANTE En parallèle, le gouvernement grec a lancé un appel en direction du FMI en demandant à l'instance internationale de lui accorder un délai pour le remboursement de 1,6 milliard d'euros qui arrive à échéance à mercredi à 04h00 GMT, a indiqué le vice-Premier ministre grec Yannis Dragasakis à la télévision nationale. Il a ajouté qu'une demande avait été aussi adressée à la Banque centrale européenne (BCE) pour un accroissement du plafond des liquidités d'urgence (ELA) accordées aux banque grecques. La BCE a rejeté lundi une demande d'un ajout de six milliards d'euros au plafond de 89 milliards prévus. Sans fermer la porte, les Européens ne se sont pas montrés enclins à faire de nouvelles concessions alors que le plan de renflouement de la Grèce arrivait à échéance. La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé que son pays ne négocierait rien avant la tenue du référendum et qu'aucune nouvelle proposition qui pourrait être formulée d'ici là ne serait examinée. "Nous ne négocierons sur rien de nouveau avant que le référendum, qui est prévu, ait eu lieu", a déclaré la chef du gouvernement allemand. La chancelière a rappelé que son gouvernement avait émis depuis des semaines des mises en garde sur l'approche de l'échéance et qu'une approbation du Bundestag était nécessaire pour toute mise en oeuvre d'un accord, ce qui n'est matériellement plus possible. Cette position était également celle de Jeroen Dijsselbloem qui a rejeté l'idée d'une prolongation de l'aide et celle d'une réduction de la dette grecque. La France s'est voulue optimiste malgré le dépassement des délais et le Premier ministre Manuel Valls s'est dit convaincu que "la place de la Grèce était dans la zone euro (...)" et a espéré que "les discussions en cours soient fructueuses". Le secrétaire au Trésor Jack Lew a appelé les responsables européens à continuer de travailler à l'émergence d'une solution et à prendre "les mesures nécessaires pour maintenir la stabilité financière". MANIFESTATION A ATHENES Dans la journée, la Commission européenne a présenté, elle aussi, une offre de la dernière chance afin de tenter de parvenir à un accord "argent frais contre réforme". Selon les termes de l'offre présentée à Athènes, le gouvernement d'Alexis Tsipras devrait s'engager par écrit à accepter la dernière version de la proposition des "institutions", celle rendue publique dimanche par la Commission, et à mener campagne pour les faire accepter lors du référendum prévu dimanche prochain. Selon le quotidien grec Ekathimerini, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a examiné l'offre de dernière minute avancée par la Commission européenne. ID:nL8N0ZG1Q8 Les services du Premier ministre grec ont annoncé dans l'après-midi de mardi avoir proposé un accord sur deux ans avec le Mécanisme européen de stabilité (MES) pour couvrir ses besoins financiers avec, en parallèle, une restructuration de la dette. ID:nL8N0ZG3DH L'objectif, ajoutent les services du chef du gouvernement, est de faire en sorte que la Grèce demeure dans la zone euro. Face à l'urgence de la situation, des milliers de Grecs se sont rassemblés mardi dans le centre d'Athènes pour exprimer leur soutien au plan européen et aux conditions strictes voulues par les créanciers. "Nous ne voulons pas devenir le dernier Etat soviétique", affirmait une banderole dans la foule. "Cela sera de toute façon difficile mais avec l'Europe notre avenir sera meilleur", a estimé une étudiante de 24 ans présente dans le rassemblement. La mobilisation des partisans du "oui" était sensiblement similaire à celle des partisans du "non" à l'accord qui s'étaient réunis pour exprimer leur soutien à Alexis Tsipras, lundi soir. (Avec Alastair Macdonald à Bruxelles, Noah Barkin et Michelle Martin à Berlin Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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