SYNTHESE 2 Grèce-Le ton monte mais l'espoir demeure

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* Tsipras dénonce un chantage de la zone euro * L'Eurogroupe maintient son ultimatum * Athènes pourrait faire un geste (Actualisé avec Schäuble, §§10-11) par Renee Maltezou et Karolina Tagaris BRUXELLES, 17 février (Reuters) - Le ton est monté mardi entre la Grèce et ses bailleurs de fonds internationaux mais la porte vers un compromis permettant aux deux parties de sortir de l'impasse ne paraît pas totalement verrouillée. Le gouvernement grec n'entend pas sacrifier les promesses électorales du parti Syriza sur l'autel d'un accord avec la zone euro et ne veut pas céder au chantage de ses partenaires, a déclaré dans la journée le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Dans le camp d'en face, Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, reste ferme et insiste sur la nécessité pour Athènes de réclamer une prolongation du plan d'aide. "La décision appartient vraiment aux Grecs. Nous ne pouvons pas les forcer ou les prier. Nous nous tenons prêts à travailler avec eux, y compris au cours des prochains jours", a-t-il dit. Athènes pourrait tenter de faire avancer les débats en sollicitant mercredi une prolongation de son accord de prêt avec la zone euro, a déclaré dans la soirée une source à Bruxelles, distinguant cet élément financier du programme d'aide international de 240 milliards d'euros en lui-même. La source a ajouté qu'Athènes solliciterait une prolongation de six mois dont les conditions font toutefois toujours l'objet de négociations. Le nouveau gouvernement grec refuse une prolongation du programme d'aide qui arrive à expiration le 28 février, voulant en finir avec les mesures d'austérité qui y sont attachées. Alexis Tsipras fait toutefois une distinction entre le programme en lui-même et la question de la dette de la Grèce. "Un accord de prêt est différent d'une assistance", a-t-il dit mardi à des parlementaires de son parti de gauche anti-austérité Syriza. Cette rhétorique n'a pas impressionné le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. "Il ne s'agit pas de prolonger un programme de crédit mais de savoir si le plan d'aide actuel sera bouclé, oui ou non", a-t-il dit à la chaîne de télévision allemande ZDF. ULTIMATUM Une réunion des ministres des Finances de la zone euro au sujet de la dette grecque s'est terminée lundi de façon abrupte sur un constat d'échec, l'Eurogroupe donnant à Athènes jusqu'à la fin de la semaine pour solliciter une prolongation de son plan d'aide. Beaucoup d'investisseurs croient à un compromis entre les deux parties avant que le programme d'aide actuel n'arrive à expiration à la fin du mois. Dans le cas contraire, la Grèce risquerait de se retrouver rapidement à court de liquidités. Quoi qu'il en soit, il est peu probable que la Banque centrale européenne (BCE) coupe le robinet des liquidités d'urgence aux banques grecques en dépit de la confrontation en cours, a déclaré mardi une source proche du dossier. ID:nL5N0VR3Z3 Les deux parties insistent sur le fait qu'il est hors de question que la Grèce quitte la zone euro. Si la Grèce oeuvre à la mise au point d'un accord, elle n'est pas disposée pour autant à faire de compromis, a insisté Alexis Tsipras. "Une certaine coutume voudrait que les gouvernements nouvellement élus prennent des mesures en contradiction avec leurs promesses électorales. Je le dis une nouvelle fois, nous comptons bel et bien honorer nos promesses de changement", a-t-il dit. Il a accusé "certains cercles" de la zone euro de tenter de saper son autorité et a reproché à Wolfgang Schäuble de perdre son sang-froid et de tenir des propos dégradants pour la Grèce. "FAMEUX ÉCONOMISTE" Schäuble a ironisé pour sa part sur Tsipras et son "fameux économiste", autrement dit le ministre des Finances Yanis Varoufakis, se demandant s'ils savaient ce qu'ils voulaient et s'ils faisaient les bons choix pour le peuple grec. "La question demeure de savoir si la Grèce veut vraiment d'un programme ou pas", a dit le ministre allemand à la presse à Bruxelles à l'issue de la réunion Ecofin des ministres des Finances de l'Union européenne. "Tout le monde veut que la zone euro ne se désunisse pas mais tout un chacun doit y mettre du sien et c'est une décision qui revient seulement à Athènes. Le 28 février à minuit, on ne pourra plus rien faire". Tsipras semble espérer, faute d'accord avec les financiers, s'entendre avec les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et conclure avec ces derniers un accord politique qu'ils lui ont refusé la semaine passée. Le ministre français des Finances a suggéré pour sa part un compromis permettant à la Grèce de dégager un excédent budgétaire primaire plus faible. Parvenir à un arrangement est largement une question de formulation, un compromis ayant émergé sur des points tels que le niveau de dette et l'impossibilité de procéder à une décote, a déclaré mardi Michel Sapin, s'éloignant ainsi de la "ligne dure" incarnée notamment par l'Allemagne. (Avec les bureaux de Reuters en Europe; Wilfrid Exbrayat et Patrick Vignal pour le service français,)

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  • cavalair le mercredi 18 fév 2015 à 01:22

    Grèce-Le ton monte mais l'espoir demeure....pour tous les fonctionnaires de Bruxelles qui n'en non rien a fou(t)re de la Grece, mais dont le salaire depend du nombre de pays qui payent

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