SYNTHESE 2-Grandes manoeuvres diplomatiques en Ukraine

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(Actualisé tout du long) par Lesley Wroughton et Richard Balmforth KIEV, 5 février (Reuters) - La France et l'Allemagne ont lancé jeudi une nouvelle initiative diplomatique pour tenter de ramener la paix dans l'est de l'Ukraine, où les combats entre séparatistes et forces gouvernementales se sont intensifiés ces derniers jours. Le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel sont arrivés à Kiev pour présenter une proposition de sortie de crise "acceptable par tous", avant de se rendre vendredi à Moscou. ID:nL6N0VF32Y Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, a assuré que le président russe était prêt à des "discussions constructives". Conclu en septembre sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le protocole de Minsk, qui prévoyait un cessez-le-feu immédiat et le départ des "groupes armés illégaux", n'a pratiquement jamais été respecté. Une nouvelle tentative pour obtenir une trêve s'est soldée par un échec samedi dernier dans la capitale biélorusse. "Il y a à partir d'aujourd'hui deux options : soit on rentre dans une logique qui consiste à armer les protagonistes puisque les uns le font, les Russes par rapport aux séparatistes", a dit le président français lors d'une conférence de presse à l'Elysée. "Et puis il y a une autre option, elle n'est pas sûre de réussir mais, si elle n'est pas tentée, nous ne le saurons jamais, c'est l'option de la diplomatie, de la négociation, elle ne peut pas être prolongée indéfiniment." Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a cependant tenu à minimiser les attentes liées à cette initiative. "Je ne veux pas parler de chances de succès. A ce stade, il y a de l'espoir plutôt que des chances", a-t-il dit. Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a rappelé pour sa part que Kiev rejetterait tout plan de paix remettant en cause l'intégrité territoriale, la souveraineté ou l'indépendance de l'Ukraine. LIVRAISONS D'ARMES ? Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé dans la matinée dans la capitale ukrainienne, alors que Washington s'interroge sur l'envoi d'armes aux forces gouvernementales afin de répondre à l'aide apportée, selon les Occidentaux, par Moscou aux séparatistes. John Kerry, qui a rencontré le président Petro Porochenko et Arseni Iatseniouk, a souligné que les Etats-Unis "préféraient une solution diplomatique pour l'Ukraine" mais "ne fermeraient pas les yeux" sur la présence de chars et soldats russes aux côtés des rebelles et ne voulaient pas d'une "paix à sens unique". Il a déclaré que Barack Obama prendrait "bientôt" une décision sur la fourniture d'armes à Kiev. Petro Porochenko, lui, a appelé les pays de l'Otan à armer son pays pour faire face à l'insurrection. ID:nL6N0VF01Z Mais plusieurs membres de l'Alliance sont hostiles à cette idée. "Ce n'est pas une solution", a dit le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni. "L'UE doit maintenir la pression par les sanctions, pas par les armes." ID:nL6N0VF4FP "La France ne rentre pas dans le débat de la fourniture des armes", a dit François Hollande lors de sa conférence de presse. Ashton Carter, que Barack Obama souhaite porter à la tête du ministère américain de la Défense, s'est quant à lui dit favorable à l'envoi d'armes en Ukraine. "Nous devons aider les Ukrainiens à se défendre eux-mêmes. Je penche pour des livraisons d'armes en leur faveur, y compris des armes létales", a-t-il déclaré mercredi lors de son audition au Sénat, qui doit se prononcer sur sa nomination. RÉUNION DE L'OTAN Toujours à Washington, le sénateur John McCain a déclaré que la chambre haute du Congrès, à majorité républicaine, se chargerait de rédiger un projet de loi pour livrer des armes à Kiev si le président américain décidait de ne pas en envoyer. Les Etats membres de l'Union européenne se sont d'ailleurs mis d'accord sur une nouvelle liste de personnes physiques et morales russes et ukrainiennes prorusses visées par des sanctions. Cette nouvelle liste concerne 19 personnes physiques, dont cinq ressortissants russes, et neuf personnes morales, dont une entreprise russe, mais aucune n'est de premier plan ou de haut rang. ID:nL6N0VF3CS Sur le terrain, les rebelles cherchent toujours à encercler la ville de Debaltseve, important noeud ferroviaire et routier tenu par les gouvernementaux entre les deux bastions séparatistes de Donetsk et de Louhansk. Mercredi, ils ont apparemment pris la petite ville de Vouhlehirsk, l'une des étapes de leur manoeuvre d'encerclement. ID:nL6N0VE57K L'armée ukrainienne a annoncé jeudi avoir perdu cinq hommes ces dernières vingt-quatre heures et a précisé que deux assauts rebelles contre Debaltseve avaient été repoussés. Les ministres de la Défense des pays de l'Otan se sont réunis à Bruxelles pour renforcer la présence de l'Alliance en Europe de l'Est en y établissant un réseau de petits centres de commandement afin de répondre le plus rapidement possible à toute menace. Les ministres doivent plus que doubler les effectifs de la force de réaction rapide existante, qui passeraient de 13.000 à 30.000 hommes, et créer une autre force d'intervention encore plus réactive, capable d'être opérationnelle en quelques jours, forte de 5.000 hommes et dotée d'un appui aérien et naval. Alors que l'Ukraine est confrontée à la guerre et à la chute de son activité économique, la banque centrale de Kiev a annoncé qu'elle cessait ses interventions sur le marché des changes pour défendre la hryvnia, optant à la place pour un relèvement massif de son taux d'intérêt directeur, porté de 14 à 19,5%. ID:nL6N0VF2XI (Avec Natalia Zinets à Kiev, Aleksandar Vasovic à Vouhlehirsk, Isla Binne à Rome, Marine Pennetier à Paris; Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief)

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