SYNTHESE 2-Genève-L'opposition syrienne satisfaite des discussions

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    * L'opposition satisfaite de son entretien avec De Mistura 
    * Les discussions vont se poursuivre lundi 
    * Le HCN exige des gestes humanitaires de Damas 
    * La délégation gouvernementale se dit prête à en discuter 
    * Un triple attentat fait plus de 60 morts à Damas 
 
    par Tom Miles et John Irish 
    GENEVE, 31 janvier (Reuters) - La délégation de l'opposition 
syrienne dépêchée à la conférence de Genève s'est félicitée de 
son premier entretien avec l'émissaire de l'Onu Staffan de 
Mistura, dimanche, et a annoncé la poursuite des discussions 
lundi.  
    Le Haut Comité des négociations (HCN) créé le mois dernier 
en Arabie saoudite par des partis politiques et des groupes 
armés avait auparavant exclu de négocier avec Damas en l'absence 
de mesures concrètes dans le domaine humanitaire.  
    "La rencontre d'aujourd'hui avec M. De Mistura a été très 
positive", a déclaré un porte-parole. "Les choses sont 
encourageantes et positives concernant les questions 
humanitaires. Il y aura une autre rencontre demain".  
    Bachar al Djaafari, chef de la délégation gouvernementale, 
s'est quant à lui dit prêt à discuter des mesures humanitaires, 
comme la libération de détenus, après une entrevue avec Ramzi 
Ezzedine Ramzi, l'adjoint de Staffan de Mistura.   
    Sur le terrain, un triple attentat dans un quartier chiite 
du sud de Damas, revendiqué par les djihadistes de l'Etat 
islamique (EI), a fait plus de 60 morts, dont 25 miliciens 
chiites, et des dizaines de blessés, selon l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme.   
    "Nous ne sommes venus à Genève qu'après avoir reçu des 
assurances et des engagements précis sur le fait qu'il y aurait 
de sérieux progrès quant à la situation humanitaire", a déclaré 
Bassma Kodmani, membre de la délégation du HCN  
    "Tant que nous n'aurons pas vu de tels gestes, nous ne 
pouvons pas lancer les négociations politiques", a-t-elle ajouté 
lors d'une conférence de presse dans la ville suisse. 
    Pourtant, a-t-elle poursuivi, les soldats syriens et leurs 
alliés russes semblent rester "sourds" à ces exigences et les 
opérations militaires se sont mêmes intensifiées sur le terrain. 
     
    RÉSOLUTION 2254 DE L'ONU 
    Selon Salim al Mouslat, porte-parole du HCN, l'opposition 
est prête à faire dix pas si le gouvernement de Damas accepte 
d'en faire un seul, ce dont il doute. "Le régime n'est pas venu 
à Genève pour trouver une solution mais pour gagner du temps 
afin de tuer encore plus de Syriens", a-t-il assuré. 
    Dans un communiqué diffusé sur internet, le coordinateur du 
HCN, Riad Hidjab, qui se trouve à Ryad, avertit que la 
délégation de l'opposition pourrait quitter Genève si les 
bombardements gouvernementaux et russes se poursuivent et 
empêchent l'envoi d'une aide humanitaire aux villes assiégées. 
    "Si le régime et ses alliés continuent de violer les droits 
du peuple syrien, alors la présence de la délégation du HCN à 
Genève n'aura pas de justification et le HCN pourrait retirer 
son équipe de négociateurs", souligne Hidjab dans ce communiqué, 
après avoir rencontré dans la capitale saoudienne le Premier 
ministre turc Ahmet Davutoglu. 
    Le HCN réclame l'arrêt des bombardements des populations 
civiles, la levée du blocus des villes assiégées et la 
libération de quelque 3.000 femmes et enfants qui seraient 
détenus dans les prisons syriennes, des points qui figurent dans 
la résolution 2.254 adoptée à l'unanimité le 18 décembre par le 
Conseil de sécurité de l'Onu. 
     
    APPEL DE JOHN KERRY 
    Interrogé sur ces points lors d'une conférence de presse, 
Bachar al Djaafari, qui avait vu Staffan de Mistura vendredi, a 
répondu: "Cela fait partie de l'ordre du jour que nous avons 
accepté (...) Ce sera l'un des thèmes importants dont nous 
discuterons entre citoyens syriens". 
    Prié de dire quels étaient ses objectifs à Genève, il a 
répondu: "Demandez-le moi quand les négociations commenceront". 
    Il a souligné que le gouvernement syrien voulait trouver une 
solution à un conflit qui a fait 250.000 morts en près de cinq 
ans mais qu'il doutait du "sérieux" de la délégation de 
l'opposition, dont il a dit ne pas même connaître la composition 
exacte. 
    Pour lui, l'opposition représentée par le HCN sert les 
intérêts de puissances étrangères qui utilisent le terrorisme 
comme arme politique. Les explosions de Damas dimanche prouvent 
d'ailleurs ce lien entre l'opposition et le terrorisme, a-t-il 
estimé. 
    Mohamed Allouch, représentant du puissant mouvement rebelle 
Djaïch al Islam qui siège au HCN, a annoncé dimanche son départ 
pour Genève où il entend démontrer que le gouvernement syrien ne 
veut pas d'un règlement pacifique du conflit.  
    "Il est nécessaire pour moi d'aller à Genève pour montrer au 
monde qui sont les terroristes qui détruisent leur pays et 
déplacent leur peuple", a-t-il déclaré. 
    Dans une déclaration télévisée, le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry a appelé dimanche les deux parties à saisir 
l'occasion de ces discussions de Genève pour avancer vers un 
règlement du conflit car, a-t-il dit, "il n'y a pas de solution 
militaire". Il a exhorté Damas à faciliter l'envoi d'une aide 
humanitaire aux villes assiégées et affirmé qu'un accord 
politique en Syrie porterait un coup sévère aux djihadistes de 
l'EI. 
 
 (Avec Suleiman al-Khalidi à Amman, Laila Bassam à Beyrouth et 
Michelle Nichols aux Nations unies; Guy Kerivel et Jean-Philippe 
Lefief pour le service français) 
 
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