SYNTHESE 2-Espoir d'un cessez-le-feu vendredi en Ukraine

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* Réunion cruciale vendredi à Minsk, en Biélorussie * Obama et Cameron dénoncent l'attitude de la Russie * Combats près de Marioupol et à Donetsk (Actualisé avec Merkel, Rasmussen, bombardement à Donetsk, sanctions US...) par Adrian Croft et Aleksandar Vasovic NEWPORT, Pays de Galles/MARIOUPOL, Ukraine, 4 septembre (Reuters) - L e gouvernement ukrainien et les rebelles séparatistes prorusses ont annoncé qu'ils proclameraient vendredi un cessez-le-feu si un accord était signé ce jour-là à Minsk sur un règlement du conflit qui dure depuis cinq mois dans l'est de l'Ukraine. Malgré cette note d'espoir, des combats ont été signalés jeudi après-midi près du port de Marioupol, sur la mer d'Azov, vers lequel progresseraient les forces séparatistes. Et à Donetsk, un des bastions des séparatistes, une femme a été tuée dans un bombardement. Plusieurs bâtiments, dont une église, ont été atteints par des tirs. A Newport au Pays de Galles, où s'est ouvert un sommet de l'Otan, les dirigeants occidentaux, Barack Obama en tête, ont dénoncé l'attitude de la Russie, accusée de participer directement aux combats aux côtés des rebelles, et apporté leur soutien au président ukrainien Petro Porochenko. La Maison blanche a fait savoir qu'elle préparait un nouveau train de sanctions économiques contre la Russie. Ben Rhodes, conseiller adjoint américain à la sécurité nationale, a indiqué que ces sanctions étaient en cours de finalisation mais n'a pas précisé quels secteurs seraient concernés. La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi agité le spectre de nouvelles sanctions, déclarant que les pays de l'Otan souhaitaient toutefois une solution politique au conflit ukrainien et étaient prêts à en discuter avec la Russie. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a quant à lui déclaré que le monde "devrait répondre avec détermination si la Russie intervenait plus avant en Ukraine, au moyen de sanctions plus en profondeur, plus prononcées et plus dures qui nuiraient de façon définitive à l'économie russe et isoleraient davantage la Russie." En marge de ce sommet, le président ukrainien a été invité à rencontrer le président américain ainsi que la chancelière allemande, le président français François Hollande et plusieurs autres dirigeants. Petro Porochenko a annoncé que les forces ukrainiennes recevraient l'ordre de cesser le feu vendredi à 11h00 GMT si la réunion prévue le même jour dans la capitale biélorusse pour la signature d'un plan de paix détaillé est confirmée. "A 14h00, heure locale (11h00 GMT vendredi), à condition que la réunion (de Minsk) ait lieu, je demanderai à l'état-major de respecter un cessez-le-feu bilatéral et nous espérons que la mise en oeuvre du plan de paix débutera demain", a-t-il dit. AVANCÉE REBELLE VERS MARIOUPOL Alexandre Zakhartchenko et Igor Plotnitski, chefs des "Républiques populaires" proclamées par les séparatistes à Donetsk et Louhansk, ont à leur tour annoncé que leurs combattants recevront l'ordre de cesser le feu vendredi à 15h00, heure locale (12h00 GMT) si un accord est conclu lors de la rencontre de Minsk, qui réunira des représentants ukrainiens et russes, ainsi que des membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Jeudi, le président russe Vladimir Poutine avait proposé un plan de paix en sept points afin de mettre fin à la crise, prévoyant notamment la création d'un corridor humanitaire pour les réfugiés et un échange de prisonniers. Jeudi, les séparatistes ont repris les grandes lignes de ce plan et proposé la mise en place d'une "zone de sécurité" surveillée par l'OSCE. "On commence a voir la lumière au bout du tunnel", a commenté Mikhaïl Fedotov, qui dirige le conseil des droits de l'homme du Kremlin, selon Interfax. Mais, sur le terrain, où les rebelles ont marqué des points ces derniers jours, des combats ont encore été signalés près de Marioupol et à Donetsk. Un soldat ukrainien du bataillon Azov, interrogé dans un quartier de l'est de Marioupol, a dit à Reuters avoir vu des séparatistes pro-russes s'avancer vers la ville, appuyés par des chars, des véhicules blindés de transport de troupes et de l'artillerie. "Pour notre part, nous allons rester ici, nous n'allons pas bouger", a-t-il ajouté. Marioupol est une ville stratégique, un verrou entre les territoires que contrôlent les rebelles autour de Donetsk, plus au nord, et la péninsule de Crimée, vers l'ouest, que la Russie a annexée en mars dernier. La semaine dernière, les insurgés ont pris Novoazovsk, à une quarantaine de kilomètres seulement de Marioupol. Dans un éditorial commun publié jeudi, Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron accusent la Russie d'avoir "réduit en morceaux" le code de bonne conduite des relations internationales avec son annexion "illégale" de la Crimée en mars et l'envoi de soldats en territoire ukrainien. CONTRAT MISTRAL "NI ROMPU, NI SUSPENDU" Selon un officier supérieur de l'Otan, Moscou a dépêché plusieurs milliers d'hommes et des centaines de chars ou de véhicules blindés en Ukraine. Les dirigeants des principaux états membres de l'Otan jugent en conséquence que la Russie mérite de nouvelles sanctions pour son implication dans le conflit, a fait savoir la Maison blanche. ID:nL5N0R54BB De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé les Etats-Unis de chercher à saboter les chances de règlement par leur "rhétorique antirusse" et leur "soutien actif" au "parti de la guerre" à Kiev. Lavrov s'est entretenu au téléphone dans la journée avec ses homologues français et allemand, Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier, du projet de cessez-le-feu en Ukraine. Lors du sommet de Newport, François Hollande a souligné que le contrat pour la vente de porte-hélicoptères Mistral à la Russie n'était ni rompu ni suspendu mais que la livraison du premier navire dépendrait de l'évolution de la situation en Ukraine dans les prochaines semaines. La présidence française avait fait savoir mercredi que les "actions" menées par la Russie en Ukraine ne permettaient pas pour l'heure de donner le feu vert à la livraison du premier Bâtiment de projection et de commandement, prévue cet automne. Le président français a par ailleurs déclaré que l'Union européenne prendrait sa décision sur la mise en oeuvre de nouvelles sanctions contre Moscou au regard de l'évolution sur le terrain "dans les prochaines heures". ID:nL5N0R5403 (Avec Gabriela Baczynska à Donetsk, Pavel Polityuk et Gareth Jones à Kiev, Katya Golubkova et Timothy Heritage à Moscow, Julien Ponthus et Kylie MacLellan à Newport; Jean-Philippe Lefief, Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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