SYNTHESE 2-Bruxelles frappée par des attentats djihadistes, 30 morts

le , mis à jour à 23:23
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    * L'aéroport et le métro de Bruxelles visés 
    * Le groupe Etat islamique revendique les attentats 
    * Un suspect traqué par la police 
    * Sécurité renforcée en Europe et aux Etats-Unis 
 
    par Philip Blenkinsop et Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 22 mars (Reuters) - Les djihadistes de l'Etat 
islamique ont revendiqué les attentats qui ont fait au moins 30 
morts mardi matin à l'aéroport Zaventem de Bruxelles et dans une 
station de métro de la ville. 
    Un suspect, qui fait l'objet d'un avis de recherche, a été 
vu s'enfuyant de l'aéroport. La police a diffusé un portrait de 
l'individu, vêtu de blanc et portant un chapeau, que l'on voit 
poussant un chariot à bagages à l'aéroport, et demande au public 
de lui communiquer tout renseignement susceptible de la mettre 
sur sa piste. 
    Le cliché est tiré d'une image prise par une caméra de 
surveillance sur laquelle on peut voir deux autres suspects qui, 
selon le procureur fédéral belge, ont par la suite mis à feu les 
explosifs qu'ils portaient dans l'enceinte de l'aéroport, 
causant la mort de dix personnes. 
    Dans la station de métro de Maelbeek, qui se trouve près du 
siège des institutions européennes, le bilan est de 20 tués, 
selon les autorités belges. L'Etat islamique assure qu'il s'agit 
là aussi d'un attentat suicide.  
     Ces actes visiblement coordonnés surviennent quatre jours 
après l'arrestation dans l'agglomération bruxelloise de Salah 
Abdeslam, soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans les attentats 
du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, également revendiqués par 
l'organisation djihadiste. 
    "A ce stade, il n'est pas possible d'établir un lien formel 
avec les attentats de Paris", a déclaré le procureur fédéral 
belge, Frédéric Van Leeuw, lors d'une conférence de presse.  
    "Une photographie de trois suspects de sexe masculin a été 
prise à Zaventem. Deux d'entre eux semblent avoir commis des 
attentats suicide. Le troisième, vêtu d'une veste de couleur 
claire et d'un chapeau, est activement recherché", a-t-il 
poursuivi, ajoutant que des perquisitions étaient cours.  
    Une bombe et un drapeau de l'Etat islamique ont par la suite 
été découverts dans un appartement bruxellois.  
    Selon un membre de l'administration belge, le troisième 
suspect a été vu s'enfuyant de l'aéroport, où un fusil d'assaut 
kalachnikov et une ceinture d'explosifs intacte ont été 
découverts près du corps d'un des kamikazes, d'après la presse.  
                
    "AVEUGLES ET LÂCHES" 
    Lundi, la police belge avait déjà lancé un avis de recherche 
concernant Najim Laachraoui, qui été contrôlé sous une fausse 
identité le 9 septembre, à la frontière austro-hongroise, en 
compagnie de Salah Abdeslam. La piètre qualité de l'image 
illustrant l'avis de recherche de mardi ne permet pas de savoir 
s'il s'agit ou non de Najim Laachraoui. 
    Dans son communiqué de revendication, jugé crédible par les 
agences de renseignement américaines, l'EI indique que des 
"soldats du Califat portant des ceintures explosives, des bombes 
et des fusils mitrailleurs, et ciblant des lieux choisis avec 
précision dans la capitale belge Bruxelles, se sont élancés à 
l'intérieur de l'aéroport Zaventem de Bruxelles et d'une station 
de métro pour tuer un grand nombre de croisés". 
    "Nous promettons aux Etats croisés qui se sont alliés contre 
l'Etat islamique des jours bien sombres, en réponse à leur 
agression contre notre Etat", ajoute le mouvement.  
    Parmi les blessés figurent au moins huit Français, dont 
trois sont dans un état grave, a-t-on appris de source 
officielle française. Des Américains, des Espagnols et des 
Suédois sont également du nombre.  
    "Ce que nous redoutions s'est réalisé. Notre pays et nos 
concitoyens ont été frappés par deux attentats aveugles, 
violents et lâches", a déclaré le Premier ministre belge, 
Charles Michel. 
     S'adressant par la suite aux "ennemis barbares des 
libertés, de la démocratie, des valeurs fondamentales", le chef 
du gouvernement a promis que ses concitoyens resteraient "unis 
et rassemblés, pleinement mobilisés (...) pour protéger nos 
libertés, protéger nos manières de vivre". 
    Alphonse Youla, un employé de l'aéroport âgé de 40 ans, a 
dit avoir entendu un homme crier en arabe avant la première 
explosion. "Puis le plafond en verre de l'aéroport s'est 
effondré", a-t-il dit. "J'ai aidé à transporter cinq personnes 
mortes, les jambes détruites." 
    Un témoin a déclaré que les déflagrations s'étaient 
produites à un comptoir d'enregistrement.  
     
    ALERTE MAXIMALE 
    L'état d'alerte a été relevé au niveau maximum (4) dans 
toute la Belgique et de nombreux pays, dont la France et les 
Etats-Unis, à renforcer leur dispositif de sécurité, notamment 
dans les aéroports. 
    Tous les transports publics de Bruxelles ont fermé après les 
attentats. Les compagnies ferroviaires Thalys et Eurostar ont dû 
suspendre leurs liaisons.  
    Le personnel "non essentiel" des centrales nucléaires belges 
de Tihange et de Doel a été évacué à la demande des autorités, a 
dit un porte-parole de l'opérateur français Engie.  
    En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a 
annoncé le déploiement de 1.600 renforts de police et de 
gendarmerie, en particulier aux frontières et dans les 
transports aériens, maritimes et ferroviaires. 
    La police fédérale allemande a également annoncé le 
renforcement de ses contrôles aux frontières avec la Belgique, 
la France, les Pays-Bas et le Luxembourg. 
    De même, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas, le 
Danemark, la Suède et la Finlande ont renforcé les mesures de 
sécurité dans les aéroports et certains lieux publics. 
    Des villes américaines comme New York, Chicago ou Los 
Angeles ont augmenté leur présence policière.   
    Le président américain Barack Obama s'est entretenu au 
téléphone avec Charles Michel pour l'assurer du soutien des 
Etats-Unis.   
    Dans un communiqué, les chefs d'Etat et de gouvernement de 
l'Union européenne ont promis de rester "unis et fermes dans la 
lutte contre la haine, l'extrémisme violent et le terrorisme". 
    A Paris, le Premier ministre français Manuel Valls a 
souligné l'urgence pour le Parlement européen d'adopter le 
registre des données des passagers aériens, dit "PNR". 
      
 
 (Avec Andrew Heavens, Ali Abdelaty et Eric Knecht au Caire, 
Barbara Lewis, Robert-Jan Bartunek, Clement Rossignol, Julia 
Fioretti, Meredith McGrath, Foo Yun Chee, Robin Emmott, Jan 
Strupczewski, Bate Felix et Alastair Macdonald à Bruxelles, et 
Jochen Elegeert à Amsterdam; Pierre Sérisier, Simon Carraud, 
Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français, édité par Eric Faye) 
 
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