SYNTHESE 2-Avancée rapide sur Mossoul, dit Bagdad, des villages repris

le , mis à jour à 20:10
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 (Commentaire de l'EI § 3, bilans § 8 et 11, chiffres de l'OIM § 
20) 
    * Mossoul, dernière grande ville d'Irak aux mains de l'EI 
    * Les forces irakiennes veulent "nettoyer" les villages 
alentour 
    * Pour le Premier ministre irakien, l'offensive se déroule 
plus vite que prévu 
 
    par Stephen Kalin et Babak Dehghanpisheh 
    A L'EST DE MOSSOUL, Irak, 20 octobre (Reuters) - L'opération 
de reconquête de Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak aux 
mains du groupe Etat islamique (EI), progresse plus vite que 
prévu, a déclaré jeudi le Premier ministre irakien, au moment où 
une nouvelle offensive était lancée sur les villages alentour. 
    S'exprimant par visioconférence de Bagdad dans le cadre     
d'une conférence internationale à Paris consacrée à la 
stabilisation de la deuxième ville du pays, Haïdar al Abadi a 
dit que les forces irakiennes, appuyées par la coalition 
internationale sous commandement américain, avançaient vers 
Mossoul "plus rapidement que ce que nous avions escompté". 
    Dans l'un de ses magazines en ligne, Al Nabaa, l'EI a 
démenti toute avancée des forces gouvernementales. "La croisade 
de Ninive commence mal", dit l'organisation en affirmant avoir 
repoussé des attaques sur tous les fronts, tuant des dizaines 
d'ennemis dans des embuscades et des attaques suicides, et 
détruisant des dizaines de véhicules parmi lesquels des chars.   
    Une unité d'élite de l'armée irakienne et des combattants 
peshmergas kurdes ont lancé jeudi matin une offensive en 
direction de villages des alentours de Mossoul, ont pu constater 
des journalistes de Reuters présents en deux endroits de la 
ligne de front, au nord et à l'est de Mossoul. 
    Des salves de lance-roquettes multiples et de mortiers ont 
visé des positions situées à une vingtaine de kilomètres de la 
dernière grande ville encore aux mains de l'EI en Irak. 
    "L'objectif est de nettoyer un certain nombre de villages et 
de prendre des zones stratégiques pour réduire encore la marge 
de manoeuvre" de Daech, explique le commandement des forces 
kurdes. 
     
    BARTELLA, PRINCIPAL ENJEU DU FRONT EST 
    Des dizaines de véhicules Humvee noirs du Service 
antiterroriste de l'armée irakienne (CTS) ont ainsi fait route 
vers Bartella, principal enjeu du front est.  
    Les djihadistes ont, en vain, tenté de les repousser à coups 
de voitures piégées, de bombes artisanales et de tirs de mortier 
et ont perdu 15 combattants, d'après le commandant de ces forces 
spéciales, le général Tali Chaghati, qui n'a fait état que de 
deux blessés dans ses rangs. 
    Bartella, village chrétien vidé de sa population à l'arrivée 
de l'EI en 2014, est considéré comme la porte orientale de 
Mossoul. "Après Bartella, c'est Mossoul, si Dieu le veut", a 
déclaré le général Chaghati. 
    Cette mission, a ajouté un porte-parole, est la première du 
Service antiterroriste dans le cadre de la reconquête de la 
métropole du Nord, qui compterait 1,5 million d'habitants. 
    Environ 80 insurgés ont été tués et 11 voitures piégées ont 
été détruites à Bartella, a communiqué par la suite la 
télévision irakienne.  
    L'unité a supervisé la plupart des offensives menées cette 
année en Irak contre l'EI. Elles ont notamment permis de 
reprendre Falloudja et Ramadi, dans la province d'Anbar (ouest). 
  
     
    "AUCUNE RÉSISTANCE DE DAECH" 
    Sur le front nord, les peshmergas dans leur progression ne 
rencontrent que des villages abandonnés, dont certaines maisons 
sont truffées d'explosifs.  
    Les djihadistes semblent être tous partis. "On n'a rencontré 
aucune résistance de Daech. Les djihadistes battent en retraite 
vers Mossoul ou la Syrie," explique Ahmed Midhat Abdallah après 
la prise du village de Naouarane.   
    L'assaut proprement dit sur Mossoul, où l'EI disposerait de 
5.000 à 6.000 combattants, selon le général Chaghati, pourrait 
donner lieu à une bataille sans précédent depuis l'intervention 
américaine de 2003. 
     
    "UNE GUERRE IRAKIENNE" 
    Face aux inquiétudes exprimées sur le "jour d'après" à 
Mossoul, dans un pays où les rivalités confessionnelles entre 
communautés se sont souvent soldées par des cycles de violence, 
le chef du gouvernement irakien s'est voulu rassurant. 
    "Les forces des peshmergas se battent aux côtés des forces 
irakiennes fédérales, dans une totale harmonie (...)", a dit Al 
Abadi, selon la traduction de ses propos par une interprète. 
    La guerre menée aujourd'hui à Mossoul, a-t-il poursuivi, 
"est une guerre irakienne, sous conduite irakienne, pour les 
Irakiens, pour la libération du territoire irakien". 
    Préparée de longue date, l'offensive contre l'EI à Mossoul a 
suscité les craintes d'organisations de défense des droits de 
l'homme, notamment Amnesty International qui a appelé à tout 
mettre en oeuvre pour protéger les civils de l'opération 
militaire et de possibles actes de vengeance. 
    Selon l'Organisation internationale pour les migrations 
(OIM), 5.640 habitants de la ville ont fui au cours des trois 
derniers jours, la plupart au cours des dernières 24 heures.  
    Au-delà de la reconquête de Mossoul, la question d'une fuite 
des djihadistes de l'EI vers Rakka, capitale autoproclamée de 
l'organisation en Syrie, suscite l'inquiétude. 
    "Nous devons être exemplaires sur le plan de la poursuite 
des terroristes qui déjà quittent Mossoul pour rejoindre Rakka" 
, a ainsi estimé François Hollande. "Nous ne pouvons pas 
admettre qu'il puisse y avoir simplement comme réussite une 
évaporation de ceux qui étaient à Mossoul vers d'autres lieux où 
ils pourraient là encore mener des actions", a-t-il souligné en 
ouvrant la réunion à Paris.     
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la bataille de Mossoul:  L8N1CM05L        
 
 (Avec Marine Pennetier et John Irish à Paris, Gilles Trequesser 
pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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