SYNTHESE 2-Attentats-La démission de deux ministres belges refusée

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    * Réunion ministérielle de l'UE à Bruxelles 
    * Trois kamikazes identifiés 
    * Ankara a expulsé l'un des kamikazes deux fois l'été 
dernier 
    * Sans nouvelles de deux suspects 
    * Les centrales nucléaires menacées ? 
 
 (Actualisé avec nouvelles révélations sur les frères Bakraoui) 
    par Alastair Macdonald, Foo Yun Chee et Ingrid Melander 
    BRUXELLES, 24 mars (Reuters) - Les ministres belges de 
l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, ont 
offert leur démission jeudi, après les manquements révélés à la 
suite des attentats djihadistes de Bruxelles, mais le Premier 
ministre Charles Michel, évoquant "une situation de guerre", 
leur a demandé de rester à leur poste. 
    Les autorités belges sont embarrassées depuis que la Turquie 
a annoncé avoir expulsé à deux reprises l'an dernier, en juillet 
puis en août, Ibrahim el Bakraoui, l'un des deux kamikazes de 
l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.   
    Les deux autres kamikazes ont été identifiés. Il s'agit de 
Najim Laachraoui, qui était également mardi matin à l'aéroport, 
et de Khalid el Bakraoui, frère d'Ibrahim, qui a fait exploser 
sa charge dans le métro. 
    Les explosions ont fait 31 morts et environ 270 blessés. 
    Un autre homme est recherché. Filmé par les caméras de 
surveillance avec les deux kamikazes à l'aéroport, il aurait 
laissé sur place la charge la plus puissante, qui a explosé avec 
retard et n'a pas fait de victimes. 
    On ignore aussi ce qu'est devenu un autre suspect, filmé 
dans le métro avec Khalid el Bakraoui.  
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi 
qu'Ibrahim Bakraoui avait été arrêté en juin près de la 
frontière syrienne et expulsé à sa demande le mois suivant aux 
Pays-Bas. Bruxelles et Amsterdam ont alors été informées qu'il 
s'agissait d'un djihadiste présumé, a-t-il souligné.  
    Les autorités belges, qui ne le considéraient pas comme tel, 
n'ont pas demandé son extradition. Il n'avait pourtant pas 
respecté les règles de la libération conditionnelle dont il 
avait bénéficié après une condamnation à neuf ans de prison pour 
des faits de grand banditisme, ce qui aurait justifié son retour 
en prison. Deux autres responsables turcs ont indiqué qu'il 
avait été expulsé une deuxième fois. 
     
    L'EI SALUE UNE "VICTOIRE" 
    "Si l'on aligne tous les faits, on peut se poser de grandes 
questions sur un certain nombre de choses, tant en ce qui 
concerne la justice que les développements ensuite au niveau 
policier", a reconnu jeudi Jan Jambon. 
    "Nous avons travaillé toute la soirée et la nuit pour 
établir les faits", a-t-il précisé, ajoutant qu'il avait jugé  
qu'il devait "prendre ses responsabilités politiques". 
    "En d'autres circonstances, je n'aurais pas accédé à la 
demande du Premier ministre de rester", a-t-il ajouté. 
    Selon son homologue néerlandais Ard van der Steur, Ibrahim 
Bakraoui "n'était enregistré nulle part et les autorités turques 
n'ont pas dit pour quelle raison il avait été expulsé". Il a en 
outre reproché à Ankara de ne pas avoir suivi "la procédure 
normale". 
    De sources américaines proches du dossier, on affirme en 
revanche que les frères Bakraoui figuraient bien sur la liste 
noire des Etats-Unis avant les attentats.    
    Les enquêteurs sont convaincus que les auteurs des attentats 
de Bruxelles appartiennent au même réseau que celui qui a 
organisé ceux de Paris en novembre dernier (130 morts). 
    Le parquet belge a ainsi confirmé qu'il avait lancé en 
décembre dernier un mandat d'arrêt international contre Khalid 
el Bakraoui,  dans le cadre de l'enquête sur les attentats de 
Paris.   
    D'après le quotidien belge De Morgen, il avait lui aussi 
enfreint en mai les règles de sa remise en liberté 
conditionnelle après une condamnation pour des faits de droits 
commun, mais un procureur a considéré que cela ne justifiait pas 
son retour en prison.   
    Le niveau d'alerte, qui était de quatre -- le maximum --  
depuis mardi en Belgique, a été ramené à trois.  
    Les ministres européens de l'Intérieur et de la Justice, 
réunis à deux pas de la station de métro Maelbeek, ont à nouveau 
plaidé pour la conclusion rapide d'un accord sur l'échange de 
renseignements stratégiques et de données concernant les 
passagers des compagnies aériennes (Passenger Name Record, PNR). 
  
    L'Etat islamique a quant à lui diffusé sur les réseaux 
sociaux une vidéo saluant la "victoire" remportée à Bruxelles et 
montrant l'entraînement de djihadistes belges soupçonnés 
d'implications dans les attaques de Paris. 
    Selon le journal belge La Dernière Heure (DH), qui cite une 
source policière, les kamikazes de Bruxelles projetaient à 
l'origine de viser une centrale nucléaire en Belgique mais ont 
dû changer leurs plans après les arrestations de la semaine 
dernière, dont celle de Salah Abdeslam.   
     
    SALAH ABDESLAM VEUT ALLER EN FRANCE   
    La chaîne publique néerlandophone VRT a rapporté de son côté 
que Salah Abdeslam avait planifié des fusillades dans la 
capitale belge similaires à celles du 13 novembre à Paris. 
  
    Le roi Philippe, Charles Michel et le président de la 
Commission européenne Jean-Claude Juncker ont participé à une 
cérémonie devant le parlement et des centaines de personnes ont 
observé une minute de silence place de la Bourse, où des fleurs 
et des bougies ont été déposées en hommage aux victimes. 
    Le djihadiste présumé Salah Abdeslam, arrêté à Bruxelles 
vendredi dernier, veut désormais rentrer en France "le plus vite 
possible", a déclaré son avocat à la presse. 
    Samedi dernier, ce Français d'origine marocaine de 26 ans, 
soupçonné d'avoir été une cheville ouvrière des attentats du 13 
novembre dernier à Paris et Saint-Denis, avait fait savoir par 
son avocat qu'il refusait d'être remis aux autorités françaises. 
    "Je peux vous annoncer qu'on refusera l'extradition vers la 
France", avait alors dit Me Sven Mary. 
     
     VOIR AUSSI 
    ENCADRE Principaux suspects liés aux attaques de Paris et 
Bruxelles   
    LE POINT sur les attentats de Bruxelles:  ID:nL5N16V04G  
 
 (Avec Philip Blenkinsop, Julia Fioretti, Barbara Lewis, Bate 
Felix, Jan Strupczewski, Robin Emmott et Jean-Baptiste Vey; 
Nicolas Delame, Guy Kerivel et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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