SYNTHESE 1-Yémen-L'Onu sanctionne les Houthis, l'Iran a un plan

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* L'Onu vote un embargo sur les armes à destination des Houthis * Les Houthis sont sur la défensive dans plusieurs secteurs * L'Iran détaillera mercredi un plan de paix en quatre points par Michelle Nichols et Mohamed Mukhashaf NATIONS UNIES/ADEN, 14 avril (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé mardi un embargo sur les armes à destination des rebelles chiites houthis soutenus par l'Iran, qui tiennent la majeure partie du Yémen. L'Iran a proposé de son côté un plan de paix en quatre points pour le Yémen et demandé la fin des frappes aériennes saoudiennes contre ses alliés houthis, qui apparaissent désormais sur la défensive après trois semaines de bombardements. Sur le terrain, les miliciens restés fidèles au président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi, chassé par les Houthis et réfugié en Arabie saoudite, affirment avoir repoussé les combattants chiites dans plusieurs zones du sud du Yémen, et notamment dans des quartiers d'Aden, le grand port stratégique, point central du conflit. Après des combats de rue acharnés ces derniers jours, les Houthis ont dû se retirer du quartier stratégique de Khor Maksar, où se trouvent un aéroport et plusieurs missions étrangères. Ce retrait n'est peut-être que tactique mais il les prive néanmoins d'un accès aux quartiers du centre d'Aden où leurs combattants sont confrontés à une forte résistance. Les Houthis, des chiites venus du Nord, se sont emparés de la capitale, Sanaa, en septembre dernier et ont assigné le président Hadi à résidence dans son palais. Le chef de l'Etat s'est enfui à Aden en février, et de là à Ryad, le 26 mars, au premier jour de l'offensive aérienne saoudienne déclenchée alors que les Houthis semblaient sur le point de prendre Aden. VENTE d'ARMES INTERDITES Ce conflit, qui prend sa source dans des rivalités locales, s'est transformé en un affrontement régional entre l'Iran chiite, accusée d'armer les rebelles houthis et leurs alliés, les partisans d'Ali Abdallah Saleh, le prédécesseur du président Hadi, et l'Arabie saoudite sunnite, qui a pris la tête de la coalition qui effectue les bombardements aériens. Dans la proposition iranienne de paix présentée mardi à Madrid, le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a évoqué quatre grands points: cessez-le-feu, assistance humanitaire, ouverture d'un dialogue national entre les différentes communautés du pays et constitution d'un gouvernement représentatif élargi. "Le problème doit être résolu par les Yéménites. L'Iran et l'Arabie saoudite doivent se parler mais nous ne pouvons discuter pour déterminer l'avenir du Yémen", a insisté le chef de la diplomatie iranienne. Les frappes aériennes, a-t-il dit, "ne sont tout simplement pas la réponse", appelant à "la fin de toues les opérations" au sol et dans les airs. Selon la chaîne iranienne de télévision en langue anglaise Press TV, l'Iran présentera son plan en quatre points mercredi devant les Nations unies. La résolution votée mardi par les Nations unies, outre l'embargo ciblé sur les armes, sanctionne le chef de la milice chiite, Abdoulmalik al Houthi, et Ahmed Saleh, ex-chef de la Garde républicaine et fils de l'ancien président Saleh, par un gel de leurs avoirs à l'étranger et une interdiction de visas. L'ex-président a déjà été sanctionné en novembre par le Conseil de sécurité, tout comme Abd al Khaliq et Abdallah Yahya al Hakim, deux chefs de la milice houthie. La résolution interdit la vente d'armes à ces cinq hommes, ainsi qu'"à ceux qui agissent en leur nom ou sous leur direction au Yémen", c'est-à-dire aux Houthis et aux membres de l'armée yéménites restés fidèles à Ali Abdallah Saleh. Le texte exige la cessation des combats et demande aux Houthis de se retirer des zones conquises, y compris de la capitale Sanaa. APPELS À LA REDDITION En dehors d'Aden, les Houthis apparaissent en difficulté sur plusieurs fronts. De source proche des combattants du Sud, on déclare que ces derniers ont pris lundi soir le contrôle d'une base d'infanterie alliée aux Houthis, à la suite de violents combats à proximité de l'usine de gaz naturel liquéfié de Balhaf, dans la province méridionale de Chaboua, au bord de la mer d'Oman. Les combattants du Sud affirment en outre avoir tué une quarantaine de miliciens Houthis et de soldats alliés au cours des dernières 24 heures dans la province méridionale de Dhalea. A Houta, une ville du Sud, dans la province de Lahedj, des combattants ont dit avoir attaqué un blindé des Houthis lundi soir et tué 15 miliciens chiites. Des semaines de combats de rue ont laissé en ruines certains quartiers d'Aden, autrefois florissants. Les habitants manquent de nourriture, d'eau et sont privés d'électricité. Les populations locales disent toutefois avoir organisé le siège de secteurs où sont concentrés les Houthis et des militaires restés fidèles à Ali Abdallah Saleh et disent les avoir forcé à se rendre, après les avoir coupés de leurs sources d'approvisionnement. Les haut-parleurs des mosquées ont lancé des appels à la reddition. "Nous ne serons pas en repos tant que nous ne les aurons pas expulsés de tous nos quartiers", a déclaré à Reuters un combattant à Khor Maksar. (Avec Julien Toyer à Madrid, Yeganeh Torbati à Dubaï et Louis Charbonneau aux Nations unies; Eric Faye, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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